Innovation

Les Rencontres innovation for finance

Les chantiers informatiques : une priorité des directions financières en 2021

Option Finance - 16 juillet 2021 - Séverine Leboucher

La digitalisation a profondément transformé la manière d’appréhender la fonction finance ainsi que le rôle du directeur financier au sein de l’entreprise. Ce dernier est bien plus ancré dans le business et la stratégie.

Avec : Maximilien Nayaradou (modérateur), directeur général, Finance-Innovation ; Pauline Sauvage, financial advisor, Back Market ; Laurence Yvon, VP regional director France, Wolters Kluwer Cch Tagetik ; Nicolas Zanelli, directeur administratif et financier, Messika


La digitalisation de la finance, une priorité

Au sein de la fonction finance, beaucoup de métiers effectuent des tâches à très faible valeur ajoutée et réalisent du reporting à partir de données sur Excel. « Dans un contexte où il est temps de réagir vite, ce n’est plus possible, souligne Laurence Yvon, VP régional director France chez Wolters Kluwer CCH Tagetik. La digitalisation de la finance est aujourd’hui un besoin impérieux. » Il est temps que la finance devienne un véritable business partner. « La digitalisation va nous permettre de bien faire notre métier, précise à ce sujet Pauline Sauvage, financial advisor chez Back Market. Pour une entreprise en forte croissance comme la nôtre, il est indispensable que la finance passe un minimum de temps sur la collecte de données pour pouvoir se concentrer sur l’analyse et faire son travail de business partner. » La digitalisation de la finance est également devenue une priorité dans le contexte de la crise sanitaire. « En mars 2020, nous nous sommes retrouvés du jour au lendemain en distanciel, avec des outils classiques pour échanger avec les opérationnels, à ne pas savoir comment faire pour valider une facture sans équipe en présentiel, à se demander comment faire nos analyses… ajoute pour sa part Nicolas Zanelli, directeur administratif et financier de Messika. Nous avons été contraints d’utiliser le digital, la dématérialisation, le BI, etc. La pouruite de notre digitalisation est devenue une priorité. »

Résilience des directions financières digitalisées

Les directions financières qui avaient initié leur transformation digitale avant la crise se sont montrées plus résilientes. « Nous le voyons bien avec nos clients qui s’étaient déjà engagés dans cette démarche, poursuit Laurence Yvon. La dimension temps est la première qui a changé. Nos clients se sont retrouvés à faire plusieurs réestimés dans l’année, et des PNL de manière hebdomadaire, voire quotidienne. Il était alors indispensable d’avoir des solutions avec des workflows, offrant la capacité de travailler dans le cloud, à distance, d’automatiser la remontée du réel et les scénarios et surtout, faire de l’analyse d’impact en fonction de drivers opérationnels, sur le PNL, sur la vision capex, sur la position de cash… Il était fondamental de pouvoir piloter de façon agile. » La crise a généré un changement de paradigme au sein des organisations financières.

« Parallèlement, la finance s’est retrouvée au centre des intentions, explique Pauline Sauvage. Ce qui avant était une marotte partagée seulement par les financiers est devenu un sujet de comex. A cet effet, il nous fallait de bons outils, mettre en place des process résilients et des équipes en place qui sachent manier ces outils pour en tirer de l’intelligence et pour guider les opérationnels du business. » Dès lors que ces outils étaient déjà en place, le business a pu gagner un temps précieux. « La mise en place d’un outil peut prendre entre trois et six mois », rappelle à ce sujet Nicolas Zanelli.

L’interopérabilité entre les solutions

Il est également important que les financiers connaissent bien leurs flux et comprennent bien les opérations. Pour avoir une organisation agile, il faut aussi savoir quels process et outils mettre en place. « Par exemple, à la finance, nous avons beaucoup de fonctions liées aux opérations de paiement, poursuit Pauline Sauvage. Pour certaines d’entre elles, nous devons intégrer les outils des prestataires de paiement. A cet effet, nous nous appuyons sur des API ». « La gestion entre les interfaces, notamment via les API, est obligatoire et peut être source de compétitivité », insiste Nicolas Zanelli. L’interopérabilité entre applications est donc clé. « Les solutions sont construites sur des standards, pour être ouvertes et permettre cette agilité, souligne Laurence Yvon. Nous sommes bâtis ainsi aussi bien dans le sourcing des données que dans leur restitution. »

La digitalisation renforce la RSE des entreprises

De plus en plus de CFO s’emparent également du sujet de la RSE. Cette problématique nécessite de récupérer une multiplicité de données dans des endroits différents de l’entreprise mais aussi sur l’ensemble des chaînes de valeur (comme par exemple les fournisseurs dans les achats). « Se doter d’un outil pour récupérer ces informations pour ensuite se mettre des objectifs et mesurer des progrès devrait devenir un des axes de la direction financière », ajoute Pauline Sauvage.

D’autre part, le reporting RSE va devenir une contrainte réglementaire. « Les CFO vont devoir croiser des données financières et extra-financières, poursuit Laurence Yvon. Le vrai sujet sous-jacent porte ensuite sur la politique RSE que l’entreprise doit mettre en place, son coût, ses arbitrages, etc. » Une fois que la dynamique de digitalisation des directions financières sera lancée, la RSE sera la prochaine étape. « L’automatisation va nous aider à construire la RSE en termes de reporting », précise Nicolas Zanelli.

Enfin, pour piloter en étant plus performant, les entreprises doivent se faire accompagner en amont et en aval dans leurs projets digitaux.

À voir en replay :