Macroéconomie

BCE

La perspective de remontée des taux s’éloigne

Option Finance - 8 mars 2019 - Arnaud Lefebvre

BCE, Taux d'intérêt

En actant la semaine dernière le ralentissement économique brutal de la zone euro, la Banque centrale européenne a été contrainte d’assouplir sa politique monétaire, qu’elle venait à peine de commencer à resserrer. Selon les spécialistes interrogés par Option Finance, cette inflexion devrait avoir pour conséquence de différer le début du cycle de hausse des taux de marché, initialement attendu après l’été.

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé de frapper fort ! Alors que les derniers indicateurs d’activité économique s’étaient dégradés au cours des semaines précédentes dans la zone euro, laissant entrevoir un ralentissement marqué de la croissance au sein de l’Union monétaire, la plupart des économistes et investisseurs s’attendaient à ce que le Conseil des gouverneurs de jeudi dernier soit suivi d’une déclaration rassurante de Mario Draghi. «Finalement, le ton adopté par le président de la BCE a été encore plus “dovish” (accommodant) qu’anticipé et, surtout, des annonces fortes ont été effectuées, ce qui n’était pas attendu aussi tôt dans l’année», évoque Cyril Regnat, stratégiste chez Natixis. D’abord, la Banque centrale a éloigné la date de sa première hausse de taux directeurs. Indiquant jusqu’alors que celle-ci pourrait avoir lieu «après l’été 2019» – les marchés tablaient sur un relèvement du taux de la facilité de dépôt dès septembre –, elle a indiqué que «les taux d’intérêt directeurs resteront à leurs niveaux actuels au moins jusqu’à la fin de 2019»

Surtout, le lancement d’un nouveau programme d’injection de liquidités à destination des banques commerciales a été présenté. Baptisé TLTRO 3, ce dispositif permettra à ces dernières, chaque trimestre entre septembre 2019 et mars 2021, d’emprunter sur deux ans des fonds à des conditions de taux attractives – les modalités seront précisées ultérieurement par la BCE. «Les TLTRO 3 pourraient permettre aux banques d’emprunter jusqu’à 1 740 milliards d’euros, même si la limite sera contraignante dans certains pays», évalue Bastien Drut, stratégiste chez CPR AM.

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