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Macroéconomie

Les chiffres à retenir de 2020

Option Finance - 4 janvier 2021 - La rédaction d'Option Finance

Des taux souverains en forte baisse

Sous le double effet de la récession et des nouveaux assouplissements monétaires opérés par les grandes banques centrales, les Etats ont vu leurs coûts d’emprunt plonger en 2020. Ainsi, la France s’est financée au taux plancher de - 0,14 % pour ses emprunts de deux ans et plus, contre + 0,11 % en 2019. Illustrant cette tendance, le taux hexagonal à dix ans est passé l’an dernier de + 0,11 % à près de - 0,40 %, non loin du point bas historique de l’été 2019 (- 0,409 %). Le taux allemand à dix ans a pour sa part reculé d’une quarantaine de points de base, pour finir l’année autour de - 0,60 %. Aux Etats-Unis, le taux à dix ans a été divisé par deux, autour de 0,95 %.

Des ratios de dette publique au sommet

Afin de financer leurs plans de soutien à l’économie, les gouvernements ont massivement emprunté l’an dernier, à l’image de la France qui a émis sur le marché obligataire un montant record de 260 milliards d’euros en net des rachats d’obligations existantes. Compte tenu, en parallèle, du fort recul des PIB, les ratios d’endettement public se sont envolés d’environ 20 points en France et aux Etats-Unis. Dans l’Hexagone, la dette publique devrait atteindre 119,8 % du PIB à la fin du quatrième trimestre, contre 98,1 % fin 2019.

Un quadruplement du déficit public français

Tombé à 3 % du PIB fin 2019, le déficit public français s’est fortement creusé lors du premier semestre 2020, culminant à - 12,3 % entre avril et juin, d’après l’Insee. Bercy l’anticipait en novembre à - 11,3 % en moyenne sur l’ensemble de l’année. Selon les «prévisions économiques de l’automne 2020» établies par la Commission européenne, le déficit public de la zone euro devrait s’établir à 7,8 % fin 2020. Aux Etats-Unis, le déficit budgétaire a triplé pour l’exercice clos au 30 septembre 2020, représentant environ 16,1 % du PIB américain.

20 000 $

Concurrençant l’or comme valeur refuge, le bitcoin a franchi pour la première fois ce seuil en décembre. En janvier, la cryptomonnaie valait moins de 7 200 dollars.

L’euro au plus haut depuis avril 2018 face au dollar

Après deux années de forte appréciation face aux principales devises internationales, le dollar s’est nettement affaibli l’an dernier, comme l’illustre le recul du Dollar Index de près de 8 %. Une situation liée notamment à l’abaissement du principal taux directeur américain, qui est passé de 1,55 % en janvier à 0,05 % en avril. Dans ce contexte, l’euro a gagné plus de 8 % face au billet vert sur l’année. Avoisinant 1,22 dollar mi-décembre, il s’établissait ainsi à son plus haut niveau depuis avril 2018.

Année noire pour le Brent

Le krach pétrolier déclenché en mars par l’Arabie saoudite s’est soldé par un effondrement des cours, passés momentanément en dessous des 20 dollars en avril. Le Brent était remonté mi-décembre à 52 dollars, soit un  recul de 20 % sur l’année. 

32 707

C'est le nombre de défaillances enregistrées en France entre novembre 2019 et novembre 2020, un plus bas historique.

L’inflation de la zone euro en territoire négatif

En raison notamment de la baisse des prix du pétrole et de certaines mesures fiscales, en particulier la diminution temporaire du taux de TVA en Allemagne, l’inflation a sensiblement reculé au sein de la zone euro l’an dernier, passant de + 1,3 % sur un an fin 2019 à - 0,3 % en octobre. Un niveau très éloigné de l’objectif de la BCE, qui cible un taux «proche de, mais inférieur à» 2 %.

Une violente contraction de l’économie mondiale

Selon les dernières projections du Fonds monétaire international, le PIB mondial devrait s’inscrire en retrait de - 4,4 % en 2020. Grâce à une reprise économique plus soutenue qu’anticipé au troisième trimestre, la récession devrait toutefois être moins prononcée que redouté initialement. En juin, le FMI tablait sur une croissance de - 5,2 %. Forts d’une progression de leur PIB de 33,1 % en rythme annuel entre juillet et septembre, les Etats-Unis devraient limiter le plongeon de leur économie à - 4,3 % sur l’ensemble de 2020. En zone euro et en France, la chute de l’activité devrait être plus marquée, à respectivement - 8,3 %
et - 9,8 %. Seule la Chine se distingue parmi les grandes économies, avec un PIB attendu par le FMI en augmentation de 1,9 %.

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