Macroéconomie

Olivier Schwab, associé fondateur, président, NG Finance

Un marché des offres publiques actif malgré la conjoncture économique et la crise sanitaire

Option Finance - 5 mars 2021 - Proposé par NG Finance

Après une année 2019 laissant entrevoir des signes encourageants de reprise pour les offres publiques, cet élan a été stoppé au premier semestre 2020 du fait de l’impact de la crise liée au coronavirus, avec une baisse considérable de l’activité macroéconomique. Et pourtant, le second semestre a fait montre d’une activité spectaculaire, permettant, d’une part, de combler le retard pris au premier semestre et, d’autre part, d’afficher, au global, une croissance de l’activité du marché des offres publiques par rapport à 2019.  Par NG Finance.

Un marché 2019-2020 des offres publiques en dents de scie

Avec un environnement macroéconomique favorable, l’année 2019 a marqué la reprise du marché des offres publiques, après une année 2018 caractérisée notamment par les polémiques autour du Brexit. En outre, des évolutions légales et réglementaires ont vu le jour en 2019, permettant une meilleure flexibilité du marché et une protection accrue des investisseurs minoritaires.

Sur le plan réglementaire, la loi Pacte, promulguée en mai 2019, prévoit l’abaissement de 95 % à 90 % du seuil de détention du ou des actionnaires majoritaires dans la mise en œuvre des opérations de retrait. Ce mécanisme a pour effet de renforcer l’attractivité des opérations d’acquisition de sociétés cotées, et de faciliter les opérations d’introduction en Bourse ou de retrait de cote. 

En parallèle, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a formulé 18 propositions visant à protéger les actionnaires minoritaires et à soutenir l’encadrement des pratiques d’évaluation, notamment dans le cadre des procédures de retrait facilitées par la loi Pacte.

Sur le premier semestre (S1) 2020, la crise sanitaire a eu des répercussions importantes sur le marché, notamment du fait du confinement mis en place en mars 2020, qui a été un frein brutal à la vie économique. Seulement 6 opérations ont été visées par l’AMF sur cette même période, contre 11 au S1 2019. Cependant, le second semestre a permis de combler ce retard, pour atteindre 32 opérations visées par l’AMF en 2020, avec un capital visé total de 9,7 milliards d’euros, soit 58 % de plus qu’en 2019. Il convient de noter que les cinq opérations les plus importantes de l’année représentent à elles seules 93 % de ce montant.

De même que les variations du marché, les primes médianes offertes pour ces opérations sont également fluctuantes. En 2019, une hausse des primes médianes sur le cours 3 mois de l’ordre de 1,3 point par rapport à 2018 avait été constatée. En revanche, pour 2020, un léger recul des primes médianes offertes est observé, de 0,8 point sur le dernier cours, et de 1,6 point sur le cours 3 mois.

Le secteur des technologies, médias et télécommunications (TMT) reste dominant et sujet aux offres publiques sur la période 2019-2020, avec des opérations comme l’offre publique d’achat simplifiée (OPAS) de Pixel Holding sur Tessi en février 2019, et plus récemment l’offre publique d’achat et d’échange (OPA/OPE) initiée par Worldline sur la société Ingenico en juillet dernier.

Bien qu’en légère diminution par rapport à 2019, 2020 affiche une prépondérance des acteurs industriels en tant qu’initiateurs. De nombreuses opérations l’illustrent, comme l’offre publique de retrait (OPR) de Diversita & Vorwek sur Guy Degrenne en avril 2019, et plus récemment l’OPAS de Dedalus Italia sur Dedalus France en juin dernier, ou encore l’OPAS initiée par Sopra Steria Group sur Sodifrance en octobre.

A ce stade, la tendance baissière du premier semestre 2020 a été plus que compensée par le haut niveau d’activité en fin d’année. La principale interrogation réside dans le caractère durable ou non de cette reprise. Et notamment en regard du caractère résilient de la situation sanitaire, qui reste très incertaine en ce début 2021. Ce contexte atypique pourrait constituer un vecteur d’opportunités nouvelles, conduisant hypothétiquement à un intérêt renforcé pour les sociétés cotées. Les nombreuses rumeurs d’opérations à venir en 2021 ainsi que les premiers projets déposés à l’AMF en février (SuperSonic Imagine, Sofibus Patrimoine et Natixis) semblent aller dans ce sens.

NG Finance est un cabinet de conseil financier indépendant, spécialisé dans les questions d’évaluation financière. Nous intervenons régulièrement sur les sujets d’attestation d’équité auprès des organes de gouvernance des sociétés cotées, et plus généralement en tant qu’expert indépendant auprès des directions financières et générales. L’étude complète « Analyse du marché des offres publiques » est disponible sur notre site internet (https://www.ngfinance.eu/).