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Parole d’expert

Argon Consulting : «La robotisation, un nouveau levier d’optimisation des activités administratives»

Option Finance - 24 septembre 2018 - Communiqué

Argon Consulting

Frédéric Chapuis, directeur de projets transformation de la fonction finance chez Argon Consulting, nous présente les réels impacts sur les fonctions financières des logiciels d’automatisation de processus ou RPA (robotic process automation).

Frédéric Chapuis, directeur de projets transformation de la fonction finance, Argon Consulting
Argon Consulting

Comment devrait évoluer la fonction finance dans les prochaines années ?

Certains ont une vision alarmiste et estiment que les effectifs de cette fonction devraient être divisés par deux ou plus dans les prochaines années. Je n’y crois pas. Les fournisseurs de solutions type SAP ou Oracle proposent des outils ERP (logiciels de gestion intégrée) depuis près de trente ans. Certaines opérations récurrentes ont déjà été supprimées grâce à ces outils. Il est indéniable que nous assistons à une évolution importante avec l’incursion du digital dans la finance, la nouvelle vague ERP, la robotisation ou l’intelligence artificielle. Les nouveaux produits offrent davantage de fonctionnalités et d’automatisation, ils permettent aux entreprises d’aller plus loin dans l’optimisation de leur efficacité.

Certains grands groupes bancaires recourent aux logiciels RPA depuis déjà deux ans. De façon plus générale, nous sommes réellement sollicités sur ces solutions depuis environ un an. Les sociétés qui traitent de gros volumes de transactions administratives sont particulièrement intéressées par cette évolution. C’est le cas des entreprises du secteur tertiaire évoluant dans la banque, l’assurance, l’immobilier, le travail temporaire ou le tourisme par exemple. Ces solutions sont très accessibles avec des montants d’investissement faibles et des retours sur investissements bien supérieurs aux projets ERP classiques. La technologie de RPA est aussi aisément utilisée par les entreprises de middle market (1 à 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires). Néanmoins, le degré de maturité du RPA est encore faible en France. Avec l’intelligence artificielle, il est considéré comme un outil parmi d’autres pour accroître la productivité des fonctions administratives.

Quels sont alors les vrais changements induits par la robotisation ?

Comme cela a été le cas depuis des décennies dans l’agriculture, l’industrie, etc., les activités répétitives, faciles à reproduire, sont régulièrement remplacées par les machines, robots, logiciels, etc. Les robots ont été historiquement créés dans et pour les gros centres administratifs et financiers de multinationales. Bien que les réductions d’effectifs soient appelées à continuer dans cet environnement axé sur la productivité, la mise en place de robots ne sous-entend pas nécessairement des licenciements massifs. De nouveaux profils apparaissent, qui développent une expertise pour s’approprier la technologie, contrôler les robots, définir de nouveaux champs d’application, etc. Par ailleurs, la robotisation à tendance à ne toucher qu’une quote-part des activités d’une personne (souvent la plus redondante), n’entraînant pas nécessairement de suppression de poste, mais une redistribution voire une réorganisation des services. Pour les sociétés qui n’ont pas encore effectué un transfert de leurs activités administratives vers les pays à plus bas coûts (Europe de l’Est, etc.), la robotisation présente une alternative. Elle permettra même, aussi surprenant que ce soit, de sauvegarder des emplois sur le territoire national.

Quelles sont les difficultés dans la mise en œuvre ?


Tout l’enjeu consiste à déterminer les bons cas d’usage (extraction, traitement, saisie de données, etc.) et à établir le potentiel d’automatisation des tâches administratives pour optimiser l’organisation et améliorer la productivité administrative. Au moyen d’analyses terrain des tâches et des processus, il faut s’assurer du bon retour sur investissement de la robotisation, généralement admis sur une petite année.

Cela nécessite néanmoins de renforcer parallèlement l’organisation avec d’autres profils d’expertise technique robotique et de contrôle. Comme pour chaque changement technologique, il est indispensable de former les salariés pour renforcer leurs compétences dans ces domaines, afin d’assurer leur appropriation et leur amélioration continue.