Innovation

Parole d'expert

Digitalisation et évolutions de la fonction finance

12 avril 2019 - Contenu sponsorisé June Partners

June Partners

La fonction finance, longtemps concentrée sur les chiffres, doit saisir la digitalisation comme une opportunité d’évolution pour élargir son rôle et produire davantage de valeur ajoutée au profit de l’entreprise.

Pour être pleinement efficaces, les chantiers digitaux ne doivent pas être seulement cantonnés à un travail d’efficience de la fonction finance. Ils doivent constituer de vrais projets d’entreprise. Un chantier de digitalisation est une véritable démarche de groupe, avec un support technologique puissant permettant d’apporter de la valeur au client et à toute l’entreprise. Mais qu’entendons-nous par digitalisation ?

D’une part, il s’agit de l’automatisation des tâches à faible valeur ajoutée (tâches répétitives) à travers les outils de RPA (robotic process automation) ou de BPA (business process automation), qui permet au directeur financier de gagner du temps pour se consacrer à des missions plus créatrices de valeur.

D’autre part, il s’agit de la capacité à traiter des données de masse et à connecter des données de l’entreprise ou externes qui étaient auparavant cloisonnées, ce qui permet de réaliser des analyses prescriptives ou prédictives.

L’automatisation de la fonction finance est largement entamée avec de nombreux projets en particulier sur les tâches transactionnelles (purchase to pay, order to cash notamment) via RPA ou BPA. Cette automatisation est même parfois subie, dans la mesure où il devient de plus en plus difficile de recruter des profils peu onéreux pour effectuer les tâches basiques.

La capacité à traiter des données de masse pour en tirer des analyses (data strategy) n’est pas encore très mature. Bien entendu, les entreprises se sont équipées en dataviz, mais nous sommes encore loin de la création de valeur que peut apporter l’intelligence artificielle (IA).

A l’instar des comptables qui ont vu leur champ d’action évoluer avec l’automatisation, le poste de contrôleur de gestion va radicalement changer dans les années à venir avec les outils de data strategy (IA par exemple), avec une mission davantage tournée vers l’analyse et le plan d’actions que vers la simple mesure. Pour ce faire, des modèles prédictifs et prescriptifs peuvent être déployés consistant à collecter de la donnée, établir des corrélations via des algorithmes et déterminer ainsi les futures prévisions et/ou des plans d’actions avec une fiabilité et une granularité jamais atteintes dans la plupart des cas.

En raison des changements qu’elle engendre, la digitalisation de la fonction finance se heurte à des facteurs de blocage et d’immobilité. L’opérateur situé en bas de la pyramide s’inquiète de l’évolution de ses fonctions avec un niveau de responsabilité qui peut devenir plus important, ou la suppression potentielle de son poste. Le management intermédiaire peut également nourrir les mêmes craintes. Enfin, cette digitalisation n’est pas sans conséquence sur le profil et le métier du directeur financier en lui-même, appelé à devenir plus chef de projet polymorphe que pur technicien des chiffres. Il faudra bien évidemment garder les compétences financières mais en y ajoutant plusieurs briques (technologiques, gestion du changement…).

Le rôle de gardien du temple du directeur financier est d’autant plus important face à la complexité du monde actuel, où l’usage de la donnée doit respecter certaines normes (RGPD) et où de nouveaux risques apparaissent (cyber-attaques, fraudes…).

Il est donc indispensable d’accompagner les équipes dans l’acceptation de la digitalisation, et de les former à un nouveau rôle, voire à un nouveau métier. La digitalisation entraîne aussi des modes de travail différents où il est plus facile de travailler à distance avec efficacité. Le management va s’en trouver changé, avec des équipes à distance qu’il faudra animer. Le niveau de compétence des équipes va augmenter et les ressources voudront être davantage associées aux projets de l’entreprise (donner du sens à leur travail).
Les entreprises les plus engagées et avancées en termes de digital auront moins de mal à attirer ces profils. Et bénéficieront ainsi d’un temps d’avance sur la concurrence.