Marchés

Taux : ne réagissent ni à la chute du Nasdaq, ni à celle du pétrole

Publié le 9 juin 2026 à 18h36

Le brusque décrochage du Nasdaq-100 (pratiquement -3% vers 18h15) n'entraîne toujours pas d'arbitrages "risk-off" en faveur des marchés obligataires, lesquels stagnent littéralement aux Etats-Unis avec des T-Bonds à 10 ans qui n'effacent que -2 pts vers 4,53% et le "30 ans" cède péniblement 1 pt vers 5,013%. L'occasion de voir les taux se détendre était pourtant belle avec le recul de -5,7% du baril de "WTI" vers 86 USD, au plus bas depuis le 29 mai ou le 21 avril en intraday.

Ce recul, qui s'est confirmé au fil des heures, est porté par les espoirs d'accalmie au Moyen-Orient : Donald Trump avait en effet assuré ce matin que ses équipes menaient d'"ultimes efforts" pour conclure un accord de paix avec la République islamique.

Même le communiqué du ministère de la Défense iranien, indiquant vouloir poursuivre "avec plus de vigueur et de rapidité la production et le développement des équipements, armements et systèmes requis par les forces armées", n'avait pas entamé l'optimisme des marchés.

Les dégagements sur le pétrole avaient débuté dès lundi matin alors que les membres de l'OPEP ont annoncé dimanche une 4? hausse consécutive de leurs quotas, de 188 000 b/j, pour juillet.

Néanmoins, Frédéric Lorec, analyste pétrole chez AlphaValue, rappelle que la production effective du cartel est passée de 42,77 Mb/j en février à 33,19 Mb/j en avril, soit un déficit de 9,6 Mb/j directement imputable à la fermeture du détroit.

"Ils n'ont pas produit plus ; ils ont produit massivement moins. Annoncer des barils supplémentaires dans ce contexte relève de la pure communication. Le détroit étant fermé, ces barils n'atteindront pas le marché", souligne le spécialiste.

En Europe, les émissions libellées en euros semblent également figées à 48 h de la très probable annonce d'une première hausse de taux par la BCE face à l'accélération de l'inflation européenne à 3,2% en mai.

Les Bunds, les OAT et les BTP italiens effacent -1,5 pt vers 3,05%, 3,70% et 3,818% respectivement.

Certains évoquent une "erreur" comme celle commise par Jean-Claude Trichet il y a 15 ans, au début de l'été 2011, juste avant que n'éclate la "crise grecque" : certains estiment que la réouverture du détroit d'Ormuz rendra l'épisode inflationniste actuel "transitoire", contrairement à 2021.

La Bank of Japan pourrait également relever ses taux le 15 juin et porter le loyer de l'argent à 1,00% : le "10 ans" nippon a cependant reperdu 3,2 pts de rendement ce mardi matin vers 2,685%, favorisant un solide rebond de Tokyo (la baisse du pétrole apporte également un net soulagement).

Les "Gilts" ressortent comme les grands gagnants du jour avec -4 pts vers 4,9060%.

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