FIP-FCPI

Expertise

Amundi Private Equity Funds : focalisé sur le capital développement et transmission

Family Finance - 17 mai 2016 - Emmanuel Schafroth

Amundi Private Equity Funds (Amundi PEF), un des leaders français du capital investissement, est une filiale du groupe Amundi (numéro 1 européen de la gestion d’actifs) et propose à ses clients particuliers un fonds d’investissement de proximité (FIP), instrument bien adapté aux investissements dans des entreprises établies du riche tissu de PME françaises.

Amundi PEF est né de la fusion de plusieurs entités au moment de la création d’Amundi, société de gestion d’actifs officiellement née fin 2009 après le rapprochement de Crédit Agricole Asset Management (CAAM) et de Société Générale Asset Management (SGAM).
Amundi, filiale aujourd’hui cotée du groupe Crédit Agricole, est la plus importante société de gestion française et européenne et figure même parmi les leaders mondiaux de son secteur avec 985 milliards d’euros d’encours à fin décembre 2015, plus de 4 000 collaborateurs, une offre très diversifiée, une clientèle à la fois institutionnelle et de particuliers, et de nombreuses implantations en Europe et en Asie.

Au sein de ce mastodonte, Amundi PEF gère environ 1 milliard d’euros d’actifs non cotés en direct, pour une clientèle à la fois institutionnelle et de détail. Amundi PEF gère également des fonds de fonds de private equity, représentant 4,4 milliards d’euros d’encours (à fin décembre 2015). Amundi PEF compte aujourd’hui une trentaine de collaborateurs dont 10 directeurs d’investissement qui sont en charge des investissements en direct au capital des sociétés, et qui sont tous issus du métier du capital développement pour le compte d’institutionnels. «Cette équipe professionnelle conséquente permet d’étudier chaque année environ 450 dossiers de PME ou d’entreprises de taille intermédiaire, précise Bruno Ducastel. Il en résulte une vingtaine d’opérations par an, soit dans de nouvelles sociétés, soit dans de nouveaux tours de financement complémentaires, soit encore pour racheter les parts d’un autre investisseur sortant.»
Les équipes d’Amundi PEF prennent grand soin à analyser le plus finement possible les dossiers, puis à mener des audits financiers, fiscaux ou juridiques approfondis avec l’aide de conseils externes, et multiplient les rencontres avec le management des sociétés. «Notre processus exclut les sociétés en phase d’amorçage, celles qui sont en retournement ou celles présentant un risque technologique trop important, comme les sociétés de biotechnologie», ajoute Bruno Ducastel.
La stratégie se focalise ainsi sur deux segments : le capital développement, c’est-à-dire l’accompagnement de sociétés souvent déjà rentables dans des projets de croissance, et le capital transmission, qui permet d’accompagner le passage de témoin d’une génération de dirigeants à la suivante. Il peut ainsi s’agir d’accompagner des entreprises dans leur développement international : la possibilité de solliciter la trentaine de bureaux d’Amundi, maison mère d’Amundi PEF, à l’étranger est ici un facteur important.

Chaque prise de participation dans une PME s’accompagne toujours de la mise en place d’un pacte d’actionnaires visant à décrire de manière détaillée la gouvernance de l’entreprise et à défendre les droits des actionnaires financiers. «Tout est systématiquement validé par le comité d’investissement d’Amundi PEF, qui compte une quinzaine de personnes, notamment les directeurs d’investissement dont l’expérience moyenne dans le métier est de 14 ans», explique Bruno Ducastel. Il s’agit de préparer le plus en amont possible des conditions favorables à la future sortie du capital.
Au total Amundi PEF, au travers de ses fonds, a investi dans plus de 250 PME et ETI en croissance, réalisant a minima 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les montants investis peuvent aller de 2 à 15 millions d’euros par opération et peuvent concerner des secteurs très divers, même si la gestion cible plus particulièrement quelques «mégatendances» identifiées comme porteuses de valeur, comme le vieillissement de la population ou la numérisation de l’économie qui constituent des axes majeurs des investissements réalisés. «Une entreprise qui se trouve au cœur d’une, voire de plusieurs tendances fortes, aura potentiellement une rentabilité supérieure, y compris dans des périodes de crise», explique Bruno Ducastel.
Si Amundi PEF vise systématiquement à rester un actionnaire minoritaire au capital des sociétés dans lesquelles elle investit, elle est souvent présente au sein de leurs organes de gouvernance. Cela permet un suivi et un accompagnement de la société, qui peut ainsi bénéficier du réseau d’affaires de l’équipe d’Amundi PEF : un accompagnement qui peut aller assez loin. «Cela concerne parfois une mise en relation pour faciliter le recrutement de certains profils par la société, et avoir ainsi un impact réel sur le développement du business», explique Bruno Ducastel. L’implication des directeurs d’investissement passe aussi par leur investissement personnel dans les fonds aux côtés des souscripteurs, créant ainsi un réel alignement d’intérêt avec ces derniers.

Au sein des portefeuilles, aucun secteur ne se détache donc spécialement : on trouve des investissements dans le transport, la distribution, le commerce au sens large, aussi bien que dans les services à la personne, le recyclage ou la communication. Amundi PEF a ainsi investi dans la société Augure, spécialisée dans la communication réputationnelle et aujourd’hui rapprochée d’un acteur américain, dans Châteauform, spécialiste de l’organisation de séminaires, mais aussi dans des acteurs de l’industrie de précision comme Maike Automotive ou Pierre Pezet, deux spécialistes de mécaniques de précision, dans la chaîne de pubs et fabricant de bières artisanales Frogpubs, dans SAF, leader français du secours en hélicoptère ou encore dans les supermarchés bio Marcel & Fils.
Des sociétés de taille variable où les différents véhicules d’Amundi PEF (FIP, FCPR non fiscaux ou FPCI à destination des institutionnels, se retrouvent souvent en co-investissement.

Questions à… Bruno Ducastel, direction des relations réseaux d’Amundi Immobilier et Amundi Private Equity Funds

Bruno Ducastel, direction des relations réseaux d’Amundi Immobilier et Amundi Private Equity Funds
Amundi Immobilier et Amundi Private Equity Funds

Bruno Ducastel a commencé sa carrière dans la banque, où il a occupé de multiples fonctions. Il a notamment été à l’origine de la création de l’activité de banque privée au Crédit Agricole Nord de France (lors de la fusion du Nord et du Pas-de-Calais).
Il arrive en 2007 chez Crédit Agricole Asset Management comme responsable commercial des offres retail pour la France ; il est en charge du développement des produits PME non cotés (FIP, mandats, SOFICA) et des produits immobiliers (SCPI, OPCI, Groupements Fonciers) auprès des réseaux de distribution.



Pourquoi ne proposez-vous pas de FCPI ?

Nous avons effectivement préféré nous concentrer sur les FIP. Tout d’abord, ce type de véhicule permet d’investir dans des sociétés plus matures, en capital développement ou en capital transmission. Ce type d’investissements est cohérent avec les besoins de nos clients, qui souhaitent ne pas voir leur argent immobilisé trop longtemps comme c’est le cas avec les investissements dans l’innovation où les cycles sont souvent de 8 à 10 ans minimum. Nos FIP proposent ainsi une gestion diversifiée, avec un quota d’investissements dans les PME limité à 80 % afin de conserver un matelas de «sécurité», ce qui ne supprime pas pour autant le risque de perte en capital.

Comment se structure votre offre ISF 2016 ?

Par le passé, nous avions eu une stratégie consistant à proposer plusieurs FIP ciblant différentes régions. Désormais, nous nous concentrons sur un seul produit, ciblant les régions Ile-de-France, Bourgogne, Rhône-Alpes et PACA (dans leur ancienne configuration avant la réforme sur les régions). D’abord, cela nous permet d’être positionnés sur un axe sur lequel se concentrent plus de 75 % des transactions en capital investissement. Ensuite, le sens des évolutions réglementaires est de favoriser des fonds moins nombreux mais plus importants en taille. Cette évolution nous semble aller dans le sens d’une plus grande professionnalisation : pour les fonds trop petits, la question de la viabilité et du risque supporté par les investisseurs se pose, sans compter l’impact plus important des frais. Pour notre part, nous pensons collecter entre 25 et 30 millions d’euros sur notre FIP 2016 : nous proposons une stratégie unique à travers un seul véhicule avec deux catégories de parts, une pour l’ISF et l’autre pour l’IR. Cette taille nous permet d’être dans la fourchette basse en matière de frais de gestion (3,2 %). Nous proposons aussi un mandat ISF PME investi à 100 % et qui vise une collecte supérieure à 40 millions d’euros.