Lettres professionnelles

Octobre 2017

Défaillances d’entreprises : le risque d’impayé se renforce à l’international

16 octobre 2017

Après trois années de contraction prononcée à l’échelle mondiale, les défaillances d’entreprises devraient seulement reculer de – 1 % en 2017. Mais le plus inquiétant, c’est que le nombre de faillites pourrait recommencer à croître dès 2018. Quelles disparités se cachent derrière ces prévisions ?

Pour la quatrième année consécutive, les défaillances d’entreprises continueront de se replier en 2017. Néanmoins, le rythme s’affaiblira considérablement et 20 pays garderont des niveaux de faillites supérieurs à la moyenne d’avant-crise, dont le Brésil, la Chine, la Russie et le Royaume-Uni. Le panorama mondial est d’ailleurs marqué par d’importantes disparités régionales. On assiste en effet à une augmentation persistante et généralisée des défaillances en Amérique latine (+ 8 % en 2017 et + 11 % en 2018), en Afrique (+ 10 % et 6 %) et en Asie-Pacifique (+ 3 % les deux années). En effet, les pays latino-américains ont du mal à sortir de la récession et l’Asie-Pacifique dans son ensemble doit encore s’adapter à la normalisation de la croissance chinoise. En Amérique du Nord, après sept ans de diminution constante jusqu’à un niveau historiquement bas, les défaillances devraient se stabiliser en 2017, avant de connaître un rebond en 2018 (+ 5 %), dans un contexte de hausse des taux d’intérêts et de nouvelles tensions sur le BFR. Enfin, en Europe occidentale, on notera une moindre diminution des défaillances (– 5 % en 2017, – 2 % en 2018), qui converge avec la reprise économique.

Défaillances de grandes entreprises : gare à l’effet domino

Les chiffres mondiaux cachent également une forte progression des grandes défaillances au T1 2017. Environ 74 entreprises affichant un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros ont fait faillite au cours des trois premiers mois de l’année, soit 30 de –plus qu’au T1 2016. Le chiffre d’affaires cumulé de ces entreprises s’élève à 19,1 milliards d’euros, en hausse de + 34 %. Les 20 plus grandes défaillances représentent d’ailleurs 70 % du total mondial des défaillances en chiffre d’affaires cumulés (13,4 milliards d’euros). Alors que huit de ces défaillances ont eu lieu aux Etats-Unis, la plus forte hausse du nombre de grandes faillites concerne l’Europe. En effet, plus d’une grande défaillance sur trois (25 sur 74) concernait l’Europe au T1 2017.

Sous la pression de la digitalisation et poursuivant la tendance observée ces quatre derniers trimestres, les secteurs de la distribution et des services ont enregistré le nombre le plus important de grandes défaillances au T1 2017 : 17 (contre 10 au T1 2016) et 14 (contre 5) respectivement. Le chiffre d’affaires cumulé des entreprises en faillite dans ces secteurs au premier trimestre s’élève à 6,2 milliards d’euros (+ 579 %) et à 5,2 milliards d’euros (+ 477 %) respectivement. Les secteurs de la pharmacie et de l’informatique/télécoms sont restés bien orientés, n’enregistrant aucune grande défaillance au T1 2017.

Cette hausse de la sévérité des défaillances signifie une hausse du risque d’effets domino. L’augmentation des défaillances de grandes entreprises accroît le risque de sérieuses répercussions sur les fournisseurs tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Les plus petits fournisseurs seraient affectés par les difficultés des grands acheteurs, et les incidents de paiements pourraient repartir à la hausse. A titre d’exemple, les défaillances dans la distribution aux Etats-Unis et au Royaume-Uni pourraient affecter les secteurs électronique, manufacturier et textile dans le monde entier.

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