La Réserve fédérale s’apprête à réduire la taille de son bilan

Publié le 14 avril 2017 à 16h51    Mis à jour le 21 avril 2017 à 11h01

Jean-Michel Six

L’annonce, plutôt technique en apparence, est passée relativement inaperçue. C’est pourtant un moment clé dans la phase post-crise financière dans laquelle nous entrons. Suite à la réunion de son conseil en mars, la banque centrale américaine a annoncé qu’elle estimait être maintenant en mesure d’envisager une réduction progressive de la taille de son bilan, sans doute à partir de la fin de cette année. Ce dernier est passé de 6 % du PIB américain début 2007 à 23,6 % au dernier trimestre 2016. L’enjeu est donc d’importance : aucune grande banque centrale n’a encore entamé cet «atterrissage», avec tous les risques qu’il comporte pour les marchés en cas de baisse trop rapide ou mal anticipée.

L’expérience sera sûrement suivie de près à Francfort : le bilan de la BCE atteint désormais 32 % du PIB de la zone euro et continue d’augmenter. La Fed n’a pas donné plus de détail sur la façon dont elle s’y prendrait. En choisissant de ne pas réinvestir l’ensemble des bons du Trésor venant à maturité en 2018, elle réduirait déjà son bilan de 420 milliards de dollars, soit de 9 % (2,2 % du PIB), ce qui serait considérable. A ce rythme, son bilan reviendrait à son niveau d’avant crise (en pourcentage du PIB) début 2026. Elle pourrait également ne pas réinvestir tout ou partie de ses titres adossés à des prêts immobiliers (MBS), soit 175 milliards de dollars en 2018. Dans tous les cas, en entamant cette nouvelle phase de normalisation après avoir déclenché les premières hausses des taux d’intérêt directeurs en 10 ans, Janet Yellen pourra, lorsque son premier mandat viendra à échéance en février prochain, revendiquer un travail courageux.

Jean-Michel Six

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