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Enquête

Les Français épargnent mais n’investissent pas

fundsmagazine.fr - 03 juillet 2017

Legg Mason a publié la cinquième édition de son «Global Investment Survey», une enquête annuelle menée auprès d’échantillons nationaux dans 17 pays différents. Trois groupes d’âge différents ont été interrogés – les millennials, la génération X et les baby-boumeurs –, afin de pouvoir établir des comparaisons en matière de comportements d’investissement et de mettre en lumière les évolutions générationnelles majeures. L’enquête a révélé que 30 % des Français interrogés sur leur planification financière choisissent d’épargner et d’investir pour l’avenir plutôt que de vivre au jour le jour. Il s’agit, de loin, de la plus forte proportion d’épargnants de long terme en Europe ; bien au-dessus des moyennes européennes (18 %) et mondiale (17 %).

Une analyse approfondie montre cependant que si les Français sont bien les premiers du classement en matière d’épargne, ils sont aussi derniers en concernant l’investissement : 56 % détiennent de l’épargne sans la placer, soit le taux le plus élevé au monde, bien au-delà des moyennes globales (39 %) et européenne (43 %). Un sondé sur quatre se dit prêt à sauter le pas de l’investissement, ce qui est bien en deçà de la moyenne globale de 45 % et place la France au dernier rang mondial. Cette approche conservatrice se reflète dans les allocations d’actifs. Quand ils investissent, les Français privilégient les liquidités et l’immobilier. L’allocation d’actifs des Français présente une autre caractéristique saillante : la préférence nationale très marquée au sein des portefeuilles. Tous les pays européens tendent à adopter un biais domestique supérieur à la moyenne mondiale, mais la France arrive largement en tête avec 88,31 % d’investissements domestiques. Seule la Chine dépasse le score français.

Selon Vincent Passa, directeur de Legg Mason France, «les résultats de l’étude mettent en avant un paradoxe majeur dans le comportement des investisseurs particuliers en France. Très motivés pour préparer leur avenir, ils attendent de leurs placements qu’ils génèrent de la performance sans pour autant en accepter la part de risque. Et ils semblent peu enclins à faire évoluer leurs allocations pour trouver plus de valeur dans un environnement financier toujours plus exigeant». La nouvelle génération pourrait échapper à cette tendance et amorcer le changement. C’est le cas dans la plupart des pays, mais aussi de plus en plus en France où le fossé générationnel est plus creusé que la moyenne. Si 29 % de l’ensemble des sondés français sont plus enclins à augmenter leur exposition au risque en 2017, cet élan est en grande partie attribuable à la génération des millennials (18-35 ans) qui se disent à 48 % prêts à prendre plus de risques. De plus, leurs choix d’investissement sont légèrement plus performants. Les millennials européens obtiennent statistiquement de meilleures performances que leurs homologues baby-boumeurs (53-71 ans).

«L’aversion des Français pour le changement tient sans doute à un ensemble de raisons : leurs connaissances financières, une perception négative de l’économie globale, ou encore une confiance ébranlée envers les institutions financières. Toutefois, je suis persuadé qu’il existe un fort potentiel pour que ces épargnants prudents se transforment en investisseurs avisés. Si les millennials sont à même de percevoir les bénéfices de portefeuilles diversifiés et internationaux, ils pourraient amorcer cette évolution», conclut Vincent Passa.