Stratégie

Muriel Tailhades, directrice des investissements de la Banque Privée Edmond de Rothschild France

"Notre approche n’a pas changé : nous continuons à proposer à nos clients une vraie diversification, avec des actifs décorrelés pour mieux protéger les portefeuilles."

Funds Magazine - 7 mai 2020 - Propos recueillis par Catherine Rekik

Inédite par sa nature et par l’ampleur du choc provoqué sur les marchés financiers, la crise du Covid-19 est également surprenante dans les réactions qu’elle suscite chez les investisseurs privés, comme nous l’explique Muriel Tailhades, directrice des investissements de la Banque Privée Edmond de Rothschild France.

Comparé à la crise de 2008, en quoi le comportement des investisseurs privés dans le contexte actuel est-il différent ?

Le comportent des clients privés est très différent en raison de la nature de la crise actuelle. En 2008, la crise était financière et s’était étalée sur plusieurs mois, durant lesquels les clients avaient eu plusieurs raisons d’avoir peur. La crise de 2008-2009 n’a pas tout de suite affecté la sphère réelle, mais elle a provoqué des réactions de panique chez les investisseurs. A l’inverse, la crise liée au Covid-19 a été rapide et a provoqué des baisses très importantes sur les marchés en mars, de l’ordre de 35 % pour certains indices en quelques séances, mais son origine a été très bien comprise par les clients. Même si le timing de sortie de crise est encore incertain, les clients se projettent déjà dans l’après-crise.

Et pourtant, on parle de récession sans précédent, de révisions importantes des profits des entreprises, etc. Cela ne les effraie pas ?

Avant la crise, les clients savaient déjà que les perspectives de croissance dans la zone euro seraient très faibles. Désormais, on parle de récession mais les clients ont compris qu’il y aurait des perdants mais aussi des gagnants dans cette crise.

Les clients expriment-ils des demandes particulières ?

Pour répondre à leurs attentes, nous leur proposons de renforcer certaines poches dans les portefeuilles, en nous intéressant à des sociétés de qualité, dont les cours de Bourse ont baissé, peu endettées et offrant une bonne visibilité sur la croissance à moyen/long terme. Les clients nous ont beaucoup interrogés sur les secteurs de la santé et des nouvelles technologies.

Etes-vous confrontés à des demandes importantes de rachats ?

Non, c’est l’inverse qui se produit : les clients investis acceptent les secousses actuelles et ceux qui ne l’étaient pas complètement ont...

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