Stratégie

Parole d'expert

«Nous offrons des outils qui visent à neutraliser le risque de déviation»

Funds Magazine - Mai 2017 - Communiqué

ETF

Pour Antoine Lesné, responsable stratégie et recherche SPDR ETF Europe, les ETF permettent aux investisseurs d’adapter leurs allocations à leurs anticipations en cohérence avec l’évolution des benchmarks.

Avez-vous identifié certains ETF comme étant des actifs cœur tandis que d’autres seraient au service de stratégies actives ?

Cela dépend des types d’investisseurs mais, de manière habituelle, les indices standards, toutes maturités, servent souvent de cœur de portefeuille. Dans un environnement de taux bas où les directeurs financiers d’entreprise essaient de profiter de l’environnement favorable au refinancement d’une partie de leur dette, il se peut qu’il y ait une extension des maturités et à la fois une extension du risque de taux, qui pourraient générer une allocation inadaptée. Donc l’investisseur est à la merci d’un changement de tendance des émissions. D’un autre côté, un gérant de portefeuille privé peut décider d’utiliser les obligations corporate plutôt en cœur de portefeuille, alors que, pour la partie défensive du portefeuille, il aura un objectif de duration, une sensibilité aux taux beaucoup plus basse qui ne serait pas celle de l’indice. Nous avons donc décidé d’offrir des outils qui vise à neutraliser ce risque de déviation, d’allongement de la duration naturelle en intervenant par exemple sur les trois à sept ans dans l’univers des emprunts corporate euro. Ils permettent de conserver le bon niveau de risque de duration, en cohérence avec l’objectif de risque de taux, tout en bénéficiant du portage que l’on obtient sur le crédit.

L’enrichissement de l’offre d’ETF obligataires limite-t-il le recours aux produits de première génération ?

En fait, les ETF de première génération dans l’univers du crédit sont assez concentrés en règle générale et focalisés sur les obligations les plus liquides. Aujourd’hui, ils ont beaucoup évolué car, initialement, ils étaient composés de 40 obligations, contre près de 1 000 aujourd’hui. Ils se sont donc beaucoup diversifiés. Les indices standards de type iBoxx, Barclays, Bloomberg Euro Corporate comportent de 1 400 à 1 500 obligations. On peut acheter une exposition à ce panier très diversifié sur l’univers investment grade corporate en euro en utilisant un ETF en une seule transaction, en un seul clic si l’on utilise une plateforme. Aujourd’hui, les investisseurs se reportent sur les ETF standards pour réduire le risque de tracking error par rapport à leur indice stratégique.

Que vous indiquent les flux sur les ETF obligataires corporate depuis le début de l’année ?

Deux tendances émergent. Tout d’abord, les investisseurs européens privilégient les supports domiciliés en Europe avec un fort intérêt pour les obligations investment grade corporate américaines, libellées en dollar. Au cours du premier trimestre 2017, ils ont investi 2,5 milliards de dollars dans cette classe d’actifs et près de 800 millions en obligations à haut rendement en dollar. Cela signifie qu’il y a toujours un appétit pour un rendement plus élevé sur les souches émises en dollar, même si elles sont plus risquées. Aux Etats-Unis, on constate une tendance inverse car les investisseurs préfèrent la partie mieux notée, investment grade, et ont relativement délaissé la partie haut rendement. Ensuite, on a vu quelques sorties sur le segment euro corporate depuis le début de l’année. Cela ne traduit pas une inquiétude par rapport aux anticipations de réduction des achats d’actifs par la BCE, mais plutôt un rebalancement des portefeuilles en faveur du risque actions et une prise de profit sur l’allocation investment grade corporate. Par ailleurs, nous observons dans notre gamme de fonds une réduction de la duration. Certains investisseurs sortent des expositions toutes maturités et se reportent plutôt vers des expositions investment grade corporate libellées en euro sur la partie zéro à trois ans, ce qui leur permet d’avoir un rendement légèrement positif, tout en limitant le risque de taux du portefeuille.

Comment évolue l’utilisation de vos ETF corporate face aux anticipations de hausse des taux d’intérêt ?

Nous voyons effectivement une réduction du risque de taux avec un positionnant plutôt vers la partie courte de la courbe des taux euro, où le risque de hausse des taux de la part de la BCE est encore modéré même si effectivement les niveaux actuels ne sont pas appelés à durer. Les investisseurs réduisent le plus possible le risque de taux dans leurs portefeuilles, mais ils constatent aussi que l’inflation commence à redescendre et que ce risque n’est pas aussi élevé qu’initialement attendu. Nous sommes donc dans un environnement où la croissance n’est pas très élevée, avec un risque de taux sur la partie européenne non négligeable mais sans constituer une inquiétude majeure.

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