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Erasmus Small Cap Euro

Funds Magazine - 29 janvier 2021 - Marianne di Meo

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Si l’environnement semble de nouveau globalement favorable pour les petites et moyennes valeurs, la sélectivité s’impose pour investir dans cette classe d’actifs. Dans ces conditions, l’organisation de la société de gestion Erasmus Gestion, qui a fait le choix de structurer sa propre équipe de recherche dédiée à ce type de valeurs, est un atout de premier plan. Pour faire sa sélection de titres, Aymeric Lang, qui pilote le fonds Erasmus Small Cap Euro et est lui-même gérant-analyste, peut s’appuyer sur le travail de recherche de quatre analystes. « Le suivi des valeurs en portefeuille repose sur une grille d’analyse définie en interne et n’est donc pas dépendant des analyses de bureaux de recherche externes, ce qui est un gage de réactivité, souligne Aymeric Lang. Le fait de disposer d’une équipe de recherche interne nous permet également de repérer des pépites qui ne sont pas couvertes par les brokers, ce qui a une incidence bénéfique sur la performance du fonds. »

Pour écarter le risque de change, le fonds se concentre sur les entreprises de la zone euro dont la capitalisation boursière est inférieure à 3 milliards d’euros. A signaler : le fonds, éligible au PEA-PME, est en cours de labellisation ISR.

Le processus de gestion

Le processus de gestion combine les approches top-down et bottom-up. La première étape consiste en une analyse collégiale des cycles macroéconomique et boursier, qui permet de définir de grands thèmes d’investissement. La société de gestion a ainsi une conviction forte sur deux thématiques structurelles : la transition éthique et la digitalisation de l’économie. A l’heure actuelle, elle joue également la carte des opérations spéciales, en raison de l’abondance de trésorerie dans les bilans des entreprises. Enfin, elle cible les entreprises ayant une forte capacité à fixer leurs prix – parce qu’elles sont leaders sur leur marché ou parce qu’elles détiennent un avantage concurrentiel fort – ainsi que celles en situation de recovery – soit en raison du rebond de leur secteur d’appartenance, soit en raison d’un changement de management, etc. « Nous sommes agnostiques en matière de styles de gestion, l’orientation du portefeuille est le résultat de notre analyse macroéconomique et boursière », précise Aymeric Lang.

L’analyse bottom-up intervient dans un second temps. L’analyse fondamentale, menée par les analystes internes d’Erasmus Gestion, repose sur sept points clés. L’activité de l’entreprise est-elle facilement comprise et anticipée – le fonds n’est par exemple pas investi dans les biotechs ? La société sera-t-elle plus grande et plus rentable dans dix ans ? Dispose-t-elle d’un avantage concurrentiel fort et a-t-elle la capacité de le conserver ? Le bilan est-il solide et les flux de trésorerie sont-ils suffisamment importants pour financer la croissance ? Les intérêts des dirigeants sont-ils alignés sur ceux des actionnaires ? La société est-elle exposée à un risque intrinsèque important ? Enfin, quels sont les catalyseurs permettant d’anticiper une hausse du cours de Bourse ? Les analystes prennent également en considération les critères environnementaux (exposition du chiffre d’affaires à des activités vertes, existence d’un rapport environnemental, empreinte carbone, etc.), sociaux (notamment le nombre d’heures de formation et d’emplois créés, la part du capital détenue par les salariés) et de gouvernance (parmi lesquels le nombre de membres indépendants au conseil d’administration, le taux de féminisation de cet organe ou encore le mode de calcul des salaires variables des dirigeants).

Ce travail d’analyse permet de construire un portefeuille relativement concentré, comprenant entre 40 et 50 lignes (47 à l’heure actuelle), dont le poids individuel ne peut excéder 5 %.

La société de gestion

Erasmus Gestion est une société de gestion de portefeuilles agréée par l’Autorité des marchés financiers en juin 2013.

Elle est le fruit de la rencontre, en 1987, entre Jean-Pierre Gaillard, Jean-François Gilles et Patrick Leguil. En 2010, les trois partenaires décident d’arrêter leur émission de télévision pour créer FCP Mon PEA, en partenariat avec le groupe La Française AM, filiale du Crédit Mutuel Nord Europe. Puis, en juin 2013, Erasmus Gestion voit le jour en tant que société indépendante, avec pour ambition de combiner éthique, bon sens et performance au service des investisseurs.

En investissant très tôt dans une recherche interne, la société s’est rapidement imposée comme l’un des leaders indépendants sur la classe d’actifs small et mid caps, au travers des fonds Erasmus Small Cap Euro et Erasmus Mid Cap Euro. Quatre analystes et deux gérants sont dédiés à cette activité.

Erasmus Gestion a développé en parallèle une expertise en gestion privée avec trois gérants dédiés à l’allocation d’actifs.

Avec plus de 400 millions d’euros d’encours sous gestion, la société gère six OPCVM, dont trois actions, ainsi que des mandats diversifiés confiés par ses clients. 

Les convictions de l’équipe de gestion

Le fonds est géré par Aymeric Lang. Ce dernier a commencé sa carrière à Londres avec des expériences successives en analyse financière chez Redburn Partners, à la Royal Bank of Scotland et chez Berenberg, où il couvrait des small et mid caps européennes.Aymeric Lang est diplômé du MSc en finance de la London School of Economics et du master en management d’Audencia Business School. Il est CFA charterholder.

Vous êtes relativement confiants dans les perspectives des petites valeurs…

La classe d’actifs bénéficie effectivement de la conjonction de plusieurs éléments favorables. En premier lieu, elle est très dépendante des flux d’investissement, qui ne cessent de se redresser depuis le point bas touché au quatrième trimestre 2018. La collecte nette des fonds PEA français small et mid caps est même redevenue positive dans le courant de l’année 2020. En outre, on a historiquement pu observer que la classe d’actifs tendait à bien se comporter en phase de reprise économique. Grâce à leur plus grande flexibilité, les entreprises de taille plus restreinte sont bien positionnées pour profiter d’un rebond, comme celui attendu cette année. Enfin, du point de vue de la valorisation boursière, on constate que la prime dont les small caps bénéficiaient historiquement par rapport aux grandes capitalisations, du fait de leur capacité de croissance supérieure, a aujourd’hui quasiment disparu, après deux années de sous-performance. Alors que la prime moyenne sur la période 2010-2020 en matière de PER a atteint 28 %, elle est aujourd’hui réduite à 6 %. Pourtant, la croissance attendue des BPA est très élevée : en ce qui concerne l’indice MSCI EMU Small Cap, ils devraient en effet rebondir de 150 % cette année, à comparer à une progression de 40 % pour l’indice MSCI EMU Large Cap – le différentiel de croissance perdurant en 2022, avec des hausses respectives attendues de 30 % et 19 %.

Compte tenu de ces niveaux de valorisation attrayants, ne faut-il pas s’attendre à des opérations de rachat ?

Effectivement, les OPA se sont multipliées depuis l’été dernier, de la part de familles actionnaires, d’acteurs industriels ou de fonds de private equity. Plusieurs entreprises que nous détenions en portefeuille ont ainsi fait l’objet d’offres de rachat – ENVEA, en France, rachetée par Carlyle ; Sioen Industries, en Belgique, rachetée par la famille, etc. –, avec des primes comprises entre 20 et 40 %.

Comment le portefeuille est-il actuellement réparti entre les grands thèmes d’investissement que vous avez définis ?

Compte tenu de la rotation sectorielle observée en novembre dernier sur les marchés, nous avons réduit le poids de la transition éthique (notamment les énergies renouvelables) et de la digitalisation, au profit d’entreprises à l’activité plus cyclique, de sociétés en situation de redressement et de titres value. Alors que la répartition du portefeuille entre valeurs de croissance et valeurs décotées était de 85 %/15 % au plus fort de la crise, en mars 2020, elle a progressivement évolué pour se stabiliser actuellement autour de 60 %/40 %.

Compte tenu de notre conviction forte et structurelle sur la digitalisation de l’économie, les valeurs technologiques restent tout de même prépondérantes (35 %), suivies des valeurs industrielles pour jouer le rebond de l’économie. Pour la même raison, nous surpondérons le secteur de la consommation discrétionnaire.

Les titres sur lesquels nous avons des convictions fortes reflètent cette allocation, avec les poids importants accordés à Sesa, Pharmagest, Biesse ou encore Saf-Holland.

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