Stratégie

Jean-Pascal Porcherot, CEO Gestion Alternative, Lombard Odier Investment Managers

«Des stratégies alternatives permettant à la fois de résister au changement, de l’accompagner et d’en bénéficier»

Funds Magazine - 16 mai 2019 - Propos recueillis par Marianne di Meo

Lombard Odier Investment Managers

L’industrie de la gestion alternative doit s’adapter à un environnement en pleine mutation. Une situation que Lombard Odier Investment Managers cherche à tourner à son avantage, en proposant des stratégies alternatives différenciantes, visant à générer de l’alpha sur le long terme. Le point avec le CEO gestion alternative, Jean-Pascal Porcherot.

Vous avez identifié trois défis majeurs que l’industrie de la gestion alternative doit relever. Quels sont-ils ?
Elle doit tout d’abord faire face à la montée en puissance de la gestion passive. Ce terme recouvre tout un ensemble de réalités : les ETF, bien entendu, mais aussi les investissements des banques centrales sur les marchés d’actions. Les gérants discrétionnaires, devenus minoritaires sur les marchés d’actions, doivent tenir compte de tous ces flux, qui peuvent contrarier leurs stratégies.

En quoi l’essor du big data influence-t-il l’industrie ?
L’exploitation du big data et, plus généralement, des données alternatives, constitue un véritable avantage concurrentiel dans le cadre de l’analyse des entreprises. Il existe aujourd’hui une multitude de données qui, lorsqu’elles sont agrégées, permettent de se faire une meilleure idée des performances d’une société. Prenons un exemple : grâce aux données satellitaires, un gérant peut observer les parkings de supermarchés et, en fonction de leur taux de remplissage, en déduire les niveaux de ventes de l’enseigne, qui peuvent dépasser les estimations des analystes. C’est ce que l’on appelle le phénomène du «quantamental» («quant» et «fondamental»), qui permet d’aller plus loin dans la recherche en combinant les données fournies par les machines et l’analyse fondamentale menée par les gérants. 

La concentration des investissements est également un sujet de préoccupation…
Les hegde funds dont la taille est inférieure à 500 millions de dollars ne représentent que 6 % des actifs. L’industrie est aujourd’hui concentrée dans des mégafonds qui se benchmarkent entre eux et ont donc tendance à tous réaliser les mêmes investissements. Ceci s’avère problématique dans un contexte de marché où la liquidité des titres tend à diminuer. 

Comment votre offre répond-elle à ces différentes problématiques ?
Notre gamme alternative est structurée autour de trois piliers principaux, afin de rendre notre offre moins sensible à ces bouleversements. Nous cherchons tout d’abord à bénéficier du changement. Dans un environnement où les flux contrariants provenant de la gestion passive peuvent pousser un gérant à sortir de ses positions, nous recherchons des stratégies qui créent de la convexité et de l’asymétrie dans les portefeuilles et qui peuvent structurellement limiter le risque de perte. Il s’agit de tirer parti des anomalies entre les différents marchés à travers un travail de structuration, qui permet de recréer un profil optionnel sans en payer la prime (par exemple en achetant la dette d’une entreprise et, en parallèle, en vendant ses actions). Nous proposons deux stratégies de ce type, «credit convexity»1 et «event convexity»2.

Nous cherchons également à accompagner le changement, via des stratégies axées sur l’information, qui agrègent et intègrent des données dans le processus d’investissement afin d’exploiter un avantage en la matière. C’est le cas de notre stratégie «Q»1. Le gérant traque les divergences entre les prévisions de résultats établies par les analystes et ses propres estimations, qui résultent de la combinaison entre l’étude des données achetées auprès d’une trentaine de fournisseurs et la recherche fondamentale.

Enfin, nous cherchons des opportunités résilientes au changement, c’est-à-dire des stratégies de niche dans des marchés où la concurrence est plus faible (nous proposons par exemple «Volantis»1, une stratégie long-short equity sur les small caps britanniques).

De manière générale, nous suivons une approche différenciée, comme avec «TerreNeuve»3. La soutenabilité est placée au cœur du processus d’investissement de cette stratégie long-short equity market-neutral ESG (disponible dans un format UCITS), ce qui, à notre connaissance, constitue un fait rare dans l’offre alternative actuelle. Grâce à cette approche lisible et différenciée, nous avons, à notre sens, une véritable capacité à générer de l’alpha sur le long terme. 

am.lombardodier.com 

Le contenu de l’article s’adresse aux investisseurs professionnels.

1. Les stratégies Credit Convexity, Volantis et Q sont indiquées à titre illustratif uniquement et non enregistrées et/ou notifiées auprès de l’AMF.
2. LO Funds-Event Convexity a été enregistré auprès de l’AMF en janvier 2019.
3. LO Funds-TerreNeuve a été enregistré auprès de l’AMF en septembre 2018.
Pour 2 et 3 : Pour plus d’informations sur le risque de perte en capital et les risques associés aux investissements dans ces fonds, nous vous invitons à consulter les KIID disponibles sur 
am.lombardodier.com/home/email-disclaimer.html . La stratégie inclut l’utilisation d’instruments dérivés. Les dérivés impliquent souvent un haut degré de risque financier car un petit changement du prix du sous-jacent ou de l’indice de référence peut induire un grand changement du prix des dérivés et ces instruments ne conviennent pas à tous les investisseurs. Aucune hypothèse sur l’adéquation de ces instruments à un investisseur spécifique n’est formulée. La performance passée ne garantit pas la performance future.