Directeur de la sûreté, responsable de la lutte contre la fraude, comité d’éthique, contrôle interne : les entreprises prennent la mesure des risques et renforcent leurs capacités internes d’enquête. Elles sont de plus en plus à la recherche de fins limiers affûtés en finance, droit et réglementation.
Ce 1er juin, Veolia s’est doté d’une direction compliance, sûreté et cybersécurité confiée à Fabrice Gardon, ancien directeur de la Police judiciaire de Paris. EDF, France Télévision ou LVMH : d’autres grands groupes comptent dans leurs rangs des figures influentes de la police ou de la gendarmerie. Mais les enquêtes en entreprise ne sont toutefois ni réservées aux anciens membres des forces de l’ordre, ni uniquement axées sur le cyberterrorisme et la géopolitique. Elles constituent aussi une piste de reconversion pour des fonctions finance, susceptibles de traiter, détecter et prévenir un grand nombre de risques.
« Fraude au président, usurpation d’identité, détournement de fonds ou de données, enrichissement personnel ou encore vols, notamment dans la grande distribution, illustrent la diversité des risques, qui peuvent concerner de nombreux domaines », constate Frédéric de Serpos, directeur des risques, des assurances et du contrôle interne du groupe Casino. Les entreprises s’adaptent. Depuis dix ans, celles de plus de 500 salariés et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires se conforment aussi à la loi Sapin 2 et à ses dispositifs anticorruption : cartographie des risques, procédures d’alerte, contrôles comptables, évaluation des tiers, formation des collaborateurs et sanctions disciplinaires. « Sapin 2 régit l’éthique des affaires et nos référentiels. Ce texte nous fournit les orientations pour les process internes », confirme Camel Sekkai, directeur des assurances du groupe Petit Forestier.