L’incertitude économique, le contexte géopolitique et les évolutions réglementaires complexifient les missions des directeurs achats tout en renforçant leur rôle au sein des organisations. Un nouveau contexte qui contribue à la raréfaction des profils disponibles.
Jamais le directeur achats n’aura occupé une position aussi centrale dans les entreprises. Longtemps et souvent considéré comme un négociateur de prix d’achat, son métier s’est en effet considérablement transformé ces dernières années, notamment au regard de l’évolution des réglementations. « Par exemple avec la directive CSRD et Scope 3, les directeurs achats ont désormais, en fonction de la taille de leur organisation, des obligations en termes de reporting et de traçabilité de leur empreinte carbone sur l’ensemble de leur chaîne de valeur, faute de quoi ils engagent la responsabilité juridique et financière de leur entreprise », explique Romain Dionnet, directeur executive board chez Hays. Leur responsabilité sur ce sujet est d’autant plus importante que les sanctions en cas de non-respect de ces directives peuvent s’élever à 5 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. Cette réglementation n’est également pas sans impacter, voire complexifier les politiques achats des entreprises. « Il revient alors aux directeurs achats de trouver le juste équilibre entre le prix des produits achetés, leur provenance et la politique RSE de l’entreprise, précise à ce sujet Julien Goupillot, executive associate chez Michael Page. Une démarche parfois complexe à réaliser, car les produits présentant un meilleur bilan carbone sont souvent les plus chers. »
Des tensions sur les chaînes d’approvisionnement
Parallèlement, les directeurs achats doivent composer avec l’environnement de « permacrise » qui s’est installé depuis la Covid et qui crée...