(AOF) - En matière de véhicule électrique, « la technologie n’est pas aboutie », « rien n’est optimisé », affirme le patron de Stellantis, Carlos Tavares, dans un entretien accordé au « Figaro », estimant que « l’industrie doit passer d’une technologie qui a été optimisée, affûtée, pendant plus d’un siècle à une technologie encore balbutiante ». Or les constructeurs chinois « ont pris de l’avance » et la bataille avec eux « sera très rude, et d’abord en Europe », car l’Europe « a calé sa réglementation sur ce qui est précisément le point de force des constructeurs chinois ».
" On demande à des champions de basket de se mettre au saut à la perche " et " ça ne se fait pas du jour au lendemain ", précise le patron de Stellantis. " Il faut changer nos technologies et nos organisations, adapter nos dispositifs industriels dans un temps très court et dans des sociétés occidentales qui n'aiment pas beaucoup le changement " donc " ce sera darwinien ". En écho aux propos qu'il a en janvier 2023 dans le magazine allemand " Automobilwoche " en marge du CES 2023 de Las Vegas, Carlos Tavares se demande " combien pourront survivre ".
" C'est sur le prix de vente que la réussite de cette transition se fera " " or, la relocalisation augmente les coûts " et " nous éloigne donc de l'objectif" ajoute-t-il. Il faut selon lui " profiter de structures de coûts low cost ", ce qui " ne veut pas forcément dire construire en Chine " car " il peut y avoir de meilleurs endroits dans le monde, pour certains plus près de l'Europe, et même en Europe ". Il faut également " produire dans nos pays des voitures avec une forte valeur ajoutée et un plus grand contenu technologique ".
" Le groupe Stellantis proposera des voitures électriques à moins de 25.000 euros, voire à 20.000 euros avec la Citroën C3 électrique fabriquée en Slovaquie ", annonce Carlos Tavares. " Il faut additionner les atouts des pays européens plutôt que d'ajouter de la division et du protectionnisme à l'intérieur de l'Union ", conclut-il.