(AOF) - Nexans (-2,71%, à 129,10euros) affiche une des plus fortes baisses du SBF 120 ce mardi après avoir annoncé un retard dans la réalisation du projet de liaison électrique maritime Great Sea Interconnector (GSI) entre la Grèce et Chypre. Dans un communiqué publié ce matin, le fabricant de câbles indique travailler en étroite collaboration avec son client (IPTO, le gestionnaire de réseau de transport d'électricité en Grèce) pour examiner les différentes options et élaborer un calendrier d’exécution ajusté.
Nexans explique qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".
Si ces ajustements affectent la date de livraison du projet, ils n'auront aucun impact sur la guidance 2028 de l'entreprise à la faveur d'un solide carnet de commandes et à des actions visant à compenser tout impact potentiel sur cette année 2026.
Suite à cette déclaration de Nexans, Jefferies souligne que cette annonce n'est pas totalement surprenante "compte tenu du flux récent de nouvelles concernant le projet, marqué par un risque géopolitique persistant et la réalisation d'une nouvelle étude de faisabilité par la Grèce et Chypre".
En outre, le bureau d'études a fait savoir que ses estimations intégraient déjà l'absence de revenus sur ce projet pour 2026-2027 (réduction de 4 à 5% de l'EBITDA au niveau du groupe).
"Pour compenser, Nexans devrait privilégier des projets de réparation à court terme (ndlr : dans le secteur des câbles sous-marins, ces projets désignent des interventions de maintenance corrective sur des infrastructures déjà existantes) afin d'occuper ses usines", ajoute Jefferies.
Le broker anticipe des prévisions prudentes pour 2026 à l'occasion de la publication des résultats annuels de Nexans le 19 février prochain. Le fabricant de câbles se dit "confiant dans les perspectives de croissance à long terme de son activité PWR-Transmission (division spécialisée dans la haute tension sous-marine et terrestre), portée par des tendances structurelles fortes et un carnet de commandes solide et diversifié".
Nexans éteint encore les rumeurs de décembre
Avec cette annonce de ce mardi, Nexans a encore balayé les rumeurs qui s'étaient propagées en décembre dernier sur ce projet GSI.
Le mois dernier, la multinationale française de l'industrie de la ligne de transmission par câble avait publié un communiqué pour couper court à ces spéculations.
"En réponse à des articles récemment parus dans des médias locaux chypriotes au sujet du projet Great Sea Interconnector, Nexans réaffirme qu'il poursuit l'exécution du projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies avec son client. Dans des projets de cette nature et de cette envergure, ces étapes peuvent être ajustées au fil du temps. Depuis le lancement du projet Great Sea Interconnector, Nexans continue d'accompagner son client et a reçu des paiements substantiels ayant permis la fabrication du câble Great Sea Interconnector", avait alors souligné Nexans.
Ce communiqué avait été publié par Nexans à la suite d'informations publiées par le quotidien chypriote Phileleftheros sur son site internet. Le média affirmait que Nexans avait annulé les appels d'offres pour les travaux liés à ce projet GSI après la décision conjointe de Chypre et de la Grèce de geler ce projet d'interconnexion électrique.
Contrat record avec le Great Sea Interconnector
En juillet 2023, Nexans annonçait avoir décroché un contrat record avec le Great Sea Interconnector d'un montant de 1,43 milliard d'euros. "Élément essentiel de ce projet de grande ampleur qui vise à relier les réseaux de Grèce, d'Israël et de Chypre, ce câble haute tension à courant continu (HVDC) de 525 kV (kilovolt) sera l'interconnexion la plus longue et la plus profonde jamais installée", expliquait dans un communiqué la société mondiale spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes de câbles et de services.
Le Great Sea Interconnector doit permettre d'échanger jusqu'à 1 000 MW entre les trois pays, avec la possibilité de passer à 2 000 MW, soit l'équivalent de la consommation électrique moyenne de 3 millions de foyers. L'objectif est de mettre fin à l'isolement énergétique de Chypre, en créant un corridor énergétique entre l'Europe et l'Asie.