(Zonebourse.com) - Le 10e Airshow de Singapour ouvrira ses portes au public le 3 février. Si ce salon ne représente historiquement que 5% des commandes mondiales, il fait figure de baromètre pour la région asiatique, qui devrait absorber 45% des livraisons mondiales d'avions au cours des 20 prochaines années. Preuve d'un engouement certain pour l'aérien, un millier d'exposants se sont donné rendez-vous dans la cité-Etat.
La page de la Covid est bel et bien tournée. Avec une croissance du trafic aérien prévue de 7% cette année (soit 18% au-delà des niveaux de 2019), le ciel asiatique fait clairement partie de ces nouveaux terrains de chasse privilégiés par les compagnies aériennes.
L'Asie, nouveau terrain de jeux des compagnies
La semaine dernière, Boeing dévoilait ses prévisions pour la région asiatique : selon l'avionneur, les compagnies aériennes auront un besoin de 3 290 nouveaux appareils, dont près de 90% seront des monocouloirs destinés aux liaisons nationales et régionales.
Selon les calculs du constructeur, le trafic régional progressera à un rythme annuel moyen de 5% jusqu'en 2044, surpassant largement la moyenne mondiale de 3,1%. La raison de ce dynamisme ? Une classe moyenne en fort développement, amenée à doubler au cours des deux prochaines décennies... "Cette expansion nécessitera 195 milliards de dollars d'investissements en services aéronautiques et le recrutement de 141 000 professionnels, dont 45 000 pilotes", évalue Boeing.
Deux géants se partagent le ciel
Le duopole formé par Airbus et Boeing rencontre une demande mondiale record qui sature désormais les capacités de production jusqu'au début de la prochaine décennie. Les analystes de chez Jefferies, on fait les comptes : le carnet de commandes mondial s'élève à 15 474 appareils, une masse critique qui voit Airbus s'arroger 57% de parts de marché, contre 43% pour Boeing.
Ces commandes mondiales représentent aujourd'hui 49% de la flotte installée à l'échelle globale, tandis que les créneaux de livraison sont déjà largement vendus jusque dans les années 2030.
Dans la zone Asie-Pacifique, Jefferies rapporte que le carnet de commandes pèse pour 56% de la flotte actuellement en service, avec une domination marquée des monocouloirs qui constituent 84% des futures livraisons, contre 16% pour les gros-porteurs.
Si la Chine concentre encore la plus grande flotte en service avec 46% des appareils de la région, Jefferies observe que l'Inde est en embuscade, pesant à elle seule 34% du total des commandes de la zone. Des compagnies comme Air India ou IndiGo ont d'ailleurs un carnet de commandes représentant respectivement 267% et 227% de leur flotte actuelle. Le pays de Gandhi profite notamment de l'essor du tourisme qui pourrait représenter quelque 12% de l'activité économique régionale au cours de la prochaine décennie, consolidant ainsi les besoins en nouveaux appareils.
Analyse et recommandations des analystes de Jefferies
Dans ce contexte, Jefferies confirme son conseil "conserver" sur Airbus, assorti d'un objectif de cours de 215 EUR. Si le titre est soutenu par une domination commerciale incontestable, il fait face à des risques opérationnels liés aux contraintes de montée en puissance de la production et aux éventuelles faillites de compagnies aériennes, expliquent en substance les analystes.
À l'inverse, Jefferies privilégie l'achat sur Boeing, avec un objectif de cours ambitieux de 290 USD. Cette recommandation s'appuie sur le potentiel de génération de flux de trésorerie disponible (FCF) à l'horizon 2028. Les analystes notent toutefois que cet optimisme reste conditionné à la maîtrise des coûts sur les programmes de développement, l'absence de nouvelles annulations de commandes civiles et la stabilité des systèmes militaires.
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