Marchés

La flambée du prix spot du gaz commence à inquiéter l'Europe

Publié le 3 mars 2026 à 16h11

  AOF

(Zonebourse.com) - L'escalade militaire entre l'Iran, les Etats-Unis et Israël a provoqué une onde de choc sur les marchés de l'énergie. Si le pétrole progresse ( 4%), c'est le gaz naturel européen (TTF) qui affiche des mouvements inédits : plus de 30% de hausse lundi, puis à nouveau mardi, pour passer de 31 à 60,2 EUR/MWh. Cette rupture brutale fait planer sur l'Europe le risque d'une pénurie physique et d'une envolée des factures industrielles.

Le choc parti du Moyen-Orient ce week-end secoue tous les marchés de l'énergie, mais le gaz encaisse le plus gros impact. Mardi 3 mars 2026, le TTF a touché un pic au-dessus de 60 EUR/MWh, alors qu'il évoluait sous 32 EUR/MWh en fin de semaine dernière. Sa réaction a été bien plus violente que celle du pétrole (de 73 à 83 USD le baril de Brent dans le même intervalle). La raison est simple : Qatar Energy a arrêté totalement, par précaution, sa production, après des frappes de drones iraniennes sur ses infrastructures. Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de GNL derrière les Etats-Unis.

Une seule route pour le gaz qatari

A la différence du brut, parfois dérouté via des oléoducs terrestres, le gaz qatari est prisonnier de sa géographie. Pour atteindre l'Europe ou l'Asie, il doit passer par le détroit d'Ormuz, goulot d'étranglement par lequel transite 20% du commerce mondial de GNL, aujourd'hui paralysé. Les tarifs de fret maritime ont donc grimpé de plus de 40% en 24 heures, les assureurs refusant de couvrir les navires dans cette zone.

Dans ce sillage, les exportateurs américains de GNL tels que Venture Global et Cheniere Energy ont vu leurs cours de Bourse s'envoler hier ( 17% et 6%) alors qu'ils se lançaient dans une course contre la montre pour augmenter leurs expéditions. En déroutant leurs cargaisons pour combler le vide laissé par le Qatar, ils répondent à l'urgence mais alimentent aussi une mise aux enchères mondiale qui a propulsé les prix en hausse de plus de 50%.

L'Europe dos au mur, les stocks vides et le monde entier en chasse

Mauvais timing pour l'Europe, qui aborde cette crise avec des stocks remplis à seulement 30%, soit 35% sous leur moyenne quinquennale selon Vortexa. Si une partie de ses approvisionnements transite encore par gazoduc depuis la Norvège ou l'Algérie, c'est le GNL, devenu en 2025 la première source d'énergie du continent avec près de 50% des parts de marché, qui est aujourd'hui directement menacé.

Sans l'apport qatari, le marché anticipe une bataille frontale avec les acheteurs asiatiques (Chine, Inde, Corée du Sud) pour les rares cargaisons américaines encore disponibles. Dans ce sillage, les exportateurs américains de GNL tels que Venture Global et Cheniere Energy ont vu leurs cours de Bourse s'envoler hier alors qu'ils se lançaient dans une course contre la montre pour augmenter leurs expéditions. En déroutant leurs cargaisons pour combler le vide laissé par le Qatar, ils répondent à l'urgence mais alimentent aussi une mise aux enchères mondiale qui a propulsé les prix en hausse de plus de 50%. La tension frappe d'abord l'Allemagne, l'Italie, la France et l'Espagne, qui pèsent à elles seules environ deux tiers de la consommation de l'Union européenne.

Les marchés voient une crise courte. Goldman Sachs, lui, se prépare au pire

Les marchés semblent encore parier sur une disruption courte. Si la crise s'installe, les prix à long terme finiraient par suivre l'envolée du spot. Pour l'instant, l'écart est net : les contrats spot ont pris 50%, quand le contrat à un an n'a gagné que 7%. Les investisseurs achètent la panique du moment, pas une pénurie durable.

Mais le détroit d'Ormuz n'a toujours pas rouvert. Le secrétaire d'Etat Marco Rubio doit présenter ce mardi un plan d'urgence sur les coûts énergétiques, sans libération prévue des réserves stratégiques américaines. En parallèle, Bloomberg rapporte, selon des sources de l'industrie gazière, que Pékin aurait fait pression sur Téhéran pour maintenir le détroit ouvert. Goldman Sachs avertit pourtant qu'un blocage d'un mois suffirait à propulser les prix à 74 EUR/MWh, un niveau qui forcerait les industriels européens à réduire massivement leur production, comme au plus fort de la crise de 2022. Si le détroit reste fermé, le pari d'un choc passager pourrait se retourner brutalement.

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