(Zonebourse.com) - Les marchés obligataires finissent sur une note contrastée avec une amorce de stabilisation des T-Bonds (qui étaient dans le rouge en matinée) et une poursuite de la dégradation des émissions libellées en Euro. La journée avait en effet mal commencé sur les "treasuries" US avec un "10 ans" qui se tendait vers 4,19% avant de faire machine arrière (vers 4,128%) avec la publication d'un "NFP" (rapport sur l'emploi) nettement inférieur aux attentes.
Sur la semaine écoulée, le T-Bond de référence voit son rendement flamber de 17,3 points, celui du "30 ans" de 13,5 points vers 4,765%.
Le "2 ans" -qui avait fini jeudi vers 3,600%- a fait le grand écart entre 3,6300% et 3,547% ce soir.
Selon le BLS (Bureau of Labor Statistics), l'économie américaine a détruit 92 000 emplois en février, alors que les analystes tablaient sur 58 000 créations, après 126 000 créations en janvier, chiffre révisée de 130 000.
Ce niveau de destructions de postes est le plus important enregistré par le pays depuis le mois d'octobre 2025 (-105 000 emplois).
Parallèlement, le taux de chômage a augmenté de 0,1 point à 4,4%, alors qu'il était espéré stable à 4,3%.
A l'évidence, la situation se complique donc grandement pour la Réserve fédérale qui fait face à une inflation qui reste élevée, et qui pourrait augmenter si les cours de l'or noir restent à un niveau élevé longtemps, et à une dégradation du marché de l'emploi. Pour l'instant, selon le FedWatch Tool de CME Group, la Réserve fédérale américaine se dirigerait plus vers un assouplissement monétaire et donc privilégierait plus la croissance et l'emploi que de contenir la hausse des prix.
Le "fait du jour" ne sera cependant pas la soudaine dégradation du marché du travail:
New York, le WTI flambe de 12,5% à 89,3 dollars, tandis qu'à Londres, le Brent de la mer du Nord progresse de 9%, à 91,4 dollars.
Depuis le début de l'année, le WTI a notamment bondi de 56%, contre 50% pour le Brent... avec un spectaculaire rattrapage depuis 48H.
Les cours de l'or noir évoluent sur des niveaux inédits depuis mars 2022 (guerre russo-ukrainienne) ou octobre 2023, lors du conflit entre Israël et le Hamas après les attentats qui avaient touché l'Etat hébreu.
Si Israël n'est pas un grand producteur de pétrole, les craintes, qui sont les mêmes aujourd'hui avec la guerre contre l'Iran et le Hezbollah au Liban, d'un embrasement à l'ensemble de région se renforcent.
Certains évoquent déjà une situation de stagflation qui se caractérise par trois phénomènes négatifs qui se produisent en même temps : une inflation élevée, un chômage important et une croissance économique faible ou nulle.
L'Europe est clairement la zone économique la plus vulnérable aux pénuries d'énergie et exposée à une poussée inflationniste si le gaz du Qatar reste indisponible jusqu'à fin mars.
Cet aspect "tension sur les prix" continue de l'emporter sur le réflexe "fuite vers les actifs refuges" et nos OAT se dégradent de 3,5 points vers 3,513% (soit 30 points de base cette semaine), les Bunds de 1,1 point vers 2,863% ( 21 points), les BTP italiens de 5 points vers 3,622%.
Les "Gilts" font plutôt bonne figure avec une variation symbolique de 1,7 point vers 4,639% mais la variation hebdo est assez vertigineuse : plus de 37 points.
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