(Zonebourse.com) - Aucun chemin vers une accalmie ne semble pour l'instant de matérialiser au Moyen-Orient où les frappes israélo-américaines ont fait plusieurs victimes parmi les hauts responsables iraniens. Le détroit d'Ormuz reste ostensiblement fermé et les cours du pétrole poursuivent leur flambée, faisant redouter une envolée de l'inflation. C'est dans ce contexte complexe que la Fed dévoilera ce soir sa stratégie de politique monétaire. Si le statu quo est largement anticipé, le discours de Jerome Powell, qui vit ces dernières semaines à la tête de l'institution, sera particulièrement scruté.
A Wall Street, les principaux indices sont en net repli, cédant entre 0,7% et 0,9% chacun, alors que les nuages de la guerre ne semblent pas près de se dissiper au dessus du Moyen-Orient. Beyrouth, Téhéran, Tel-Aviv... les missiles pleuvent partout.
Hier, les frappes de la coalition israélo-américaines ont fait plusieurs victimes de taille au sein de la république islamique, à commencer par Ali Larijani, considéré comme l'un des hommes les plus puissants d'Iran. Quelque heures plus tard, c'était le ministre iranien du Renseignement, Esmail Khatib, qui était la cible de frappes aériennes nocturnes. Israël vient d'annoncer son élimination.
"N'oubliez pas que l'Iran est considéré par tous comme le premier État soutenant le terrorisme. Nous sommes en train de les mettre hors d'état de nuire !", a claironné Donald Trump sur son réseau favori, Truth Social.
Un régime décimé... mais qui tient toujours
Cette mise au point du locataire de la Maison-Blanche intervient 24 heures après la démission remarquée de Joe Kent, responsable du contre-terrorisme américain, qui a fait savoir que l'Iran n'avait jamais constitué une menace imminente pour les États-Unis.
Malgré la disparition de ses leaders, le régime de Téhéran tient toujours et le porte-parole des gardiens de la révolution a fait savoir qu'il comptait agir de sorte que "une fois la guerre terminée, l'ennemi n'ose plus jamais s'autoriser à attaquer l'Iran".
A l'épicentre des tensions, le stratégique détroit d'Ormuz reste sous étroite surveillance des marchés. Selon les données agrégées par MarineTraffic, 15 navires ont traversé le détroit ces trois derniers jours, dont 8 vraquiers, 5 pétroliers et 2 transporteurs de GPL. Environ 87% de ces transits étaient des sorties du détroit, et de nombreux navires ont emprunté des itinéraires inhabituels, précise la plate-forme.
L'or noir poursuit son ascension
L'or noir reprend sa marche en avant avec un WTI en hausse de 2,4% à 97,5 USD et un Brent à 108 USD ( 4,5%) alors que Tsahal vient de cibler des installations du champ gazier iranien de South Pars, une extension du gisement North Field du Qatar. Le Qatar a d'ailleurs immédiatement dénoncé "une mesure dangereuse et irresponsable dans le contexte de l'escalade militaire actuelle dans la région".
La hausse durable du pétrole préoccupe les marchés depuis plusieurs semaines et les analystes tentent d'esquisser des scénarios qui permettraient de limiter le phénomène.
"Le premier levier potentiel de soulagement consiste à rediriger l'approvisionnement du transport maritime vers les pipelines", indique-t-on chez Muzinich & Co. Le cabinet évoque aussi le levier des réserves stratégiques de pétrole ou le recours au pétrole bloqué en mer sur la "flotte fantôme". Les estimations suggèrent en effet que 200 millions de barils d'inventaires flottants excédentaires pourraient revenir relativement rapidement sur le marché si un assouplissement des sanctions intervenait.
"Le choc pétrolier lié au conflit avec l'Iran devrait alimenter une remontée de l'inflation, notamment via les prix de l'essence, de l'énergie et des transports. Cette hausse pourrait peser sur les anticipations d'inflation, limitant davantage la marge de manoeuvre de la Fed", indique le Dr Lena Dräger, directrice de recherche au Kiel Institute, l'institut de recherche économique allemand.
Lutter contre l'inflation ou soutenir l'économie ? le dilemme de la Fed
L'attention des marchés se tournera justement ce soir vers la Fed, qui doit dévoiler sa politique monétaire. Alors que le statu quo est largement anticipé (99% selon l'outil FedWatch Tool de CME Group), Donald Trump, fidèle à ses habitudes, n'a pas hésité à pressurer un peu Jerome Powell, le directeur de l'institution : "Quand est-ce que Jerome "trop tard" Powell baissera les taux d'intérêt ?" a-t-il fait mine de s'interroger sur les réseaux.
De son côté, Christopher Dembik (Pictet AM), rappelle que "pour la première fois depuis le début du cycle de baisse des taux, le marché monétaire estime que la probabilité d'une hausse des taux par la Fed au cours des trois prochains mois est désormais supérieure à celle d'une baisse. Il y a un mois, personne n'y aurait cru.
Au Kiel Institute, Lena Dräger précise en effet que "la progression de l'inflation globale complique l'équation monétaire" et que "le risque d'un nouveau relèvement des taux ne peut être écarté en cas de persistance du choc".
Les valeurs en mouvement
Dans l'actualité des valeurs, General Mills recule de 1,3% après la publication d'un BPA ajusté de 0,64 USD au titre de son 3e trimestre 2025-26, en recul de 37% à taux de change constants, manquant d'environ 12% le consensus.
Citi a repris mercredi le suivi du titre Netflix après une période de suspension de recommandation avec un conseil d'achat accompagné d'un objectif de cours de 115 USD.
Dans le cadre de sa stratégie de transition climatique mondiale, KKR annonce la signature d'accords définitifs avec Allfleet India Private Limited et PMI Electro Mobility Private Limited, en vue de développer les bus électriques (e-bus) en Inde.
Selon le Financial Times, Microsoft envisage une action en justice contre Amazon et OpenAI autour d'un accord de 50 milliards de dollars, susceptible de violer son partenariat exclusif dans le cloud avec le créateur de ChatGPT.
Des indicateurs sans grande surprise
Coté statistiques, l'indice des prix à la production pour la demande finale aux Etats-Unis a augmenté de 0,7% en février par rapport au mois précédent, selon le Département du Travail, dont une hausse de 0,5% en données sous-jacentes.
Toujours aux Etats-Unis, les commandes à l'industrie ont progressé de 0,1% conformément aux prévisions au mois de janvier. En décembre, elles s'étaient affaissées de 0,7%.
Enfin, les données publiées par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) montrent que les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis s'élevaient à 449,3 millions de barils lors de la semaine du 9 mars, signalant une hausse de 6,2 millions de barils par rapport à la semaine précédente. Les analystes tablaient sur une hausse beaucoup plus limitée de 400 000 barils.
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