(Zonebourse.com) - Les indices boursiers américains ont largement limité la casse : quel contraste, une nouvelle fois, entre les actions américaines qui ne perdaient au pire que -1% à l'ouverture et des indices européens qui dévissaient de -2 à -2,5%. Au final, après une journée marquée par une intense volatilité du gaz, du pétrole, des marchés obligataires et du dollar, Wall Street fait presque figure de havre de paix : les 3 principaux indices ne perdent environ 0,3% (à 6 606 pour le S&P 500 et 24 355 pour le Nasdaq) ou 0,4% (à 46 021 pour le Dow Jones).
Le VIX, le baromètre du stress qui avait rebondi de 10% jusque vers 27,5, termine en repli de -4,1% vers 24,05. Le pétrole réussit l'exploit de reculer de -4% vers 94,5 USD, contre 100 USD sur les marchés asiatiques en début de nuit.
Donald Trump a en effet exprimé son opposition aux frappes israéliennes contre les installations offshore iraniennes de "South Pars", lesquelles ont entraîné une riposte contre les unités de liquéfaction de GNL qataries.
Le directeur général de QatarEnergy, Saad al-Kaabi, a déclaré que ces attaques amputeront de 17% la capacité de production de GNL extrait de North Field, entraînant une perte de revenus de 20 MdsUSD. Mais Donald Trump a réussi à faire rebaisser le prix du pétrole en expliquant que celui extrait en Iran pourra circuler librement, à condition d'être mis à la disposition des pays qui en ont besoin.
En début de séance, une écrasante majorité des secteurs américains - sauf les pétrolières - évoluait dans le rouge : au final, la lourdeur a persisté, mais de façon résiduelle, sauf sur les matériaux de base, les valeurs industrielles et la consommation discrétionnaire (en repli plus marqué). À noter les baisses plus appuyées sur Micron -3,8%, Tesla -3,2%, Netflix -3,15%.
La journée avait très mal commencé sur l'obligataire, avec des écarts de plus de 10 points de base sur les T-bonds de maturité 2 à 10 ans (le gaz flambait de 30%, le "WTI" de 8%), alors que la FED avait maintenu, sans surprise, le statu quo sur les taux. Le "10 ans", qui avait fusé vers 4,33%, finit inchangé ; le "2 ans" se tend de 5 points de base vers 3,795%, mais avait atteint 3,924% ; le "30 ans" se détend de -4 points de base vers 4,84%.
Jerome Powell a délivré hier soir des commentaires sans concession sur le risque inflationniste et les incertitudes géopolitiques : rien ne laisse espérer une baisse de taux avant l'automne prochain... si les conditions le permettent.
Goldman Sachs estime que "des baisses de taux de 25 points de base restent anticipées en septembre et décembre, ce qui ramènerait le taux à 3-3,25%. Le chômage est attendu à 4,6% d'ici septembre, au-dessus de la projection médiane de 4,4%".
Le risque inflationniste n'est plus une hypothèse : la remise en état des infrastructures gazières et pétrolières incendiées ou détruites ces dernières 24 h pourrait prendre des trimestres, dans le meilleur des cas (pas de travaux de réparation tant que des drones iraniens sont susceptibles de retomber sur les mêmes zones, parce que Téhéran n'a pas conclu de cessez-le-feu).
Côté macroéconomie, le Département du Travail des États-Unis indique avoir comptabilisé 205 000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage lors de la semaine du 9 mars, un chiffre en baisse de 8 000 par rapport au niveau de la semaine précédente. Le nombre de nouveaux inscrits est légèrement inférieur aux attentes du consensus, qui tablait sur 215 000.
Par ailleurs, l'activité manufacturière dans la région de Philadelphie a continué de croître globalement : l'indice d'activité générale de la Fed de Philadelphie remonte de 16,3 en février à 18,1 en mars, sa 3e augmentation consécutive, alors que les économistes tablaient sur 10.
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