(Zonebourse.com) - Les indices "larges" ont fini la semaine en ordre dispersé mais la semaine se solde par des gains sans équivalent depuis novembre 2025 et la levée du "shutdown". Le Nasdaq-100 grappille 0,14% (8ème séance de hausse consécutive) tandis que le S&P 500 s'est effrité de 0,11% à 6 817Pts : un peu de prudence à la veille du weekend, et une désaffection pour les cycliques du Dow Jones Industrial qui lâche 0,6% à 47 917 points. Les replis l'ont largement emporté sur le NYSE avec 75% à 80% de valeurs dans le rouge, notamment dans les secteurs de consommation discrétionnaire, de la santé et de la finance.
Quelques poids lourds de le "tech" ont permis à Wall Street de se maintenir -en apparence- à flot avec AMD ( 3,55% et nouveau record absolu), Broadcom 4,7%, Marvell ( 7,2% et record absolu à 128,5$).
Nouveau record absolu pour le "SOXX" des semiconducteurs qui s'envole de 2% à 386,6$... et de 14,5% sur la semaine, avec une véritable hystérie acheteuse sur les valeurs liées à l'I.A, comme si le ralentissement de la croissance US allait doper le seul secteur capable d'apporter plus de productivité.
Cela transforme pratiquement Wall Street en marché à "choix unique" !
L'IA s'est imposé comme la locomotive hégémonique depuis 8 séances (le rallye a débuté le 31 mars) et a contribué pour plus de la moitié des 3,6% du S&P500 et du tonitruant 4,7% du Nasdaq.... qui se retrouve à seulement 3,9% de son zénith historique du 28 janvier, et au contact de ses niveaux du 25 février : la 3ème guerre du golfe n'a jamais eu lieu !
Wall Street affiche une confiance assez époustouflante dans la prochaine signature d'un accord de paix à l'issue des négociations menées sous l'égide du Pakistan à Islamabad.
Mais ce ne sera que le tout premier round ce weekend et contrairement à ce que Trump affirmait mardi soir, il n'existe pratiquement plus aucune convergence entre le "plan en 10 points" de Téhéran et le "plan en 15 points" de Washington... et pratiquement plus un bateau ne traverse Ormuz depuis 48H (une demi-douzaine en moyenne/jour, c'est même pire qu'avant l'annonce d'un cessez le feu).
Pire : Trump a indiqué ce vendredi être prêt à reprendre et à intensifier leurs frappes contre l'Iran.
Et les pourparlers ne s'annoncent pas non plus sous les meilleurs auspices côté iranien puisque le président du parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, aurait déclaré que les discussions ne pourraient débuter que si les États-Unis respectaient plusieurs conditions : un cessez-le-feu au Liban, le dégel des avoirs iraniens, la levée des sanctions (celle rétablies par Trump qui avait déchiré unilatéralement les accords de Vienne en mai 2018).
Le vice-président américain JD Vance, en partance pour les négociations, a affirmé que Washington était "prêt à tendre la main" ce week-end, après avoir affirmé que l'arrêt de l'offensive au Liban ne faisait pas partie des conditions d'un cessez-le-feu, ce que le 1er Ministre pakistanais a démenti en validant la version iranienne.
La "bonne nouvelle" de la fin de la semaine, c'est le repli supplémentaire de -3% du baril de pétrole "WTI" qui recule ce soir de -3% vers 95,5$, il aura reculé de -18% en 5 séances, alors que dans les faits, aucun pétrolier ne traverse Ormuz depuis 48H.
Les grands gagnants de la semaine sont les métaux précieux avec l'Or qui tutoie les 4.750$/oz et l'argent à 76$ ( 4,5% hebdo).
La mauvaise surprise de la fin de la semaine provient des chiffres US, mais ils ont eu d'impact : l'inflation est ressortie légèrement inférieure aux attente aux Etats Unis en mars mais elle ressort sans surprise en nette accélération par rapport à février.
L'indice global des prix à la consommation (CPI) est ressorti à 3,3% sur un an, au lieu de 2,4% à fin février.( 0,9% en séquentiel, un peu moins que les 1% attendus).
Mais les optimistes notent que le CPI "Core" (hors énergie et produits alimentaires) a augmenté de seulement 0,1%, à un rythme annuel de 2,6% en mars, contre 2,5% en février, mais à comparer à 2,7% attendu par le consensus.
Ces chiffres montrent que la guerre contre l'Iran et la flambée des prix du brut qui s'en est suivie n'ont pour l'instant qu'un impact limité sur les tensions inflationnistes... que les marchés espèrent "provisoires" (alors que la plupart des experts tablent sur un pétrole ancré autour ou au-dessus de 90$ pour plusieurs mois, avec des effets inflationnistes en cascade sur tous les sous-produits du pétrole et du gaz).
Parallèlement, le moral des consommateurs s'est nettement dégradé en mars :l'indice de l'Université du Michigan a plonge de -5,7Pts et s'inscrit à un plus bas historique de 47,6 points, là où les analystes tablaient sur une baisse de 53,3 à 51,6 points.
Les dernières "minutes" de la FED ont confirmé son attitude prudente en matière d'inflation, mais aussi sa vigilance face aux incertitudes conjoncturelles, ce qui implique de poursuivre 2 objectifs contradictoires au sein d'un même mandat.
Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.