(Zonebourse.com) - Kering s'affiche en hausse vendredi dans les premiers échanges au terme d'une semaine dominée par des chiffres trimestriels peu convaincants et une journée d'investisseurs qui n'a pas constitué le catalyseur tant espéré par les analystes.
Kering s'affiche en très légère hausse vendredi dans les premiers échanges au terme d'une semaine dominée par des chiffres trimestriels peu convaincants et par une journée d'investisseurs qui n'a pas constitué le catalyseur tant espéré par les analystes.
Autour de 10h15, le titre du groupe de luxe avance de 0,3% à 246,9 euros, ce qui ne l'empêche pas de s'acheminer vers un repli de plus de 11% sur l'ensemble de la semaine. Il s'agit de l'un des reculs hebdomadaires les plus prononcés du CAC 40.
Une présentation de plus de trois heures
Luca de Meo n'a pourtant pas ménagé ses efforts. Pendant plus de trois heures, hier à Florence, le directeur général de Kering s'est attaché à présenter à la communauté financière sa nouvelle feuille de route, baptisée ReconKering et censée guider le redressement des résultats de l'entreprise au cours des années à venir.
L'objectif est de réinitialiser la désirabilité des marques, de renforcer l'exécution opérationnelle et de repositionner le groupe sur une trajectoire de création de valeur sur le long terme.
Le propriétaire des marques Gucci, Saint Laurent ou encore Boucheron dit vouloir privilégier à la fois la logique du True Luxury - fondée sur la créativité, le savoir-faire et l'excellence produit - tout en développant les capacités nécessaires pour accompagner l'émergence du Next Luxury, mêlant innovations technologiques, aspirations inédites des clients et nouveaux segments de produits.
Le plan est articulé en trois phases, avec une période de "reset" devant durer jusqu'à fin 2026 afin de favoriser une refonte structurelle et la restauration d'une discipline financière. La période de "rebuild" prévue sur la période 2027-28 doit quant à elle permettre de retrouver le chemin d'une croissance durable et d'une amélioration de la rentabilité.
Enfin, la dernière ligne droite "reclaim" envisagée sur la période 2029-2030 vise à reconquérir une position de leader incontesté du secteur.
En termes de profitabilité, Kering affiche de façon importante l'ambition est de plus que doubler le taux de marge opérationnelle courante par rapport à l'exercice 2025.
Un plan structurant, mais sans effet de surprise
A en croire les analystes, cette stratégie n'a pas suscité de véritable surprise, le management du groupe ayant déjà eu l'occasion d'en dévoiler les grandes lignes au cours des dernières semaines.
La perspective d'un doublement de la marge d'exploitation à horizon 2030 était, elle aussi, intégrée par le marché.
Signe que ces annonces étaient déjà largement actées, le titre Kering avait cédé plus de 3% hier dans la foulée de la présentation de De Meo.
Chez TP ICAP Midcap, on évoque cependant un moment "structurant" dans la séquence de redressement du groupe.
"Le message délivré est cohérent, ambitieux et nettement plus structuré que par le passé, mais confirme également que le redressement sera progressif, étalé dans le temps, et très largement dépendant de Gucci", souligne Sarah Thirion, l'analyste en charge de la valeur au sein de la société de Bourse.
Une exécution sous haute surveillance
De l'avis général, la question centrale demeure celle de la trajectoire de Gucci, le véritable centre de profits du groupe.
"Pour atteindre la croissance positive visée sur 2026, Gucci va devoir produire une amélioration significative de sa croissance trimestre après trimestre", rappellent les équipes d'Oddo BHF. "Nous restons prudents à ce stade", indique la banque privée parisienne.
La griffe italienne, qui reste le gros point noir de l'activité, a vu son chiffre d'affaires reculer de 14% en données publiées au premier trimestre et de 8% en organique, là où le consensus espérait un repli limité de 6%.
Cette déception avait entraîné un décrochage de plus de 9% du titre Kering à la Bourse de Paris mercredi.
Prenant acte des performances décevantes de la marque aux deux G entrelacés, les analystes de Jefferies ont décidé, hier soir, d'abaisser leur objectif de cours sur le titre de 280 à 250 euros. Leur recommandation reste à conserver.
Du côté d'UBS, on salue une vision certes encourageante, mais un chantier qui reste en cours.
"Le nouveau CEO de Kering a posé les bases d'un reset pragmatique, mais le vrai test sera la capacité à transformer cette stratégie en accélération des profits", prévient la banque suisse, qui renouvelle son opinion neutre avec une cible de 271 euros.
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