(Zonebourse.com) - En l'absence de développements récents au Moyen-Orient, les investisseurs reviennent à leurs premières amours : l'étude des résultats trimestriels des sociétés. Et à ce titre, les indicateurs sont au vert : à l'approche de la mi-séance, le Nasdaq 100 gagne 1,2% devant le Nasdaq Composite ( 0,85%) et le S&P 500 ( 0,35%). Le Dow Jones est plus en retrait et abandonne 0,3%.
Intel a fait fort hier soir en publiant un résultat net ajusté de 1,5 MdUSD, en hausse de 156%. Jefferies a aussitôt annoncé relever sa cible sur le titre, visant désormais 80 USD (vs 60 USD auparavant). Le titre bondit de 23%, à 81,7 USD.
De son côté, Procter & Gamble ( 3,9%) a dévoilé un BPA ajusté en hausse de 3% à 1,59 USD au titre du 3e trimestre de son exercice comptable 2025-2026, un niveau supérieur de 2% à l'estimation moyenne des analystes.
Enfin, SLB ( 2%) a publié un BPA ajusté de 0,52 USD au 1er trimestre, en recul de 28% en glissement annuel, ainsi qu'un EBITDA ajusté de 1,77 MdUSD, en baisse de 12%, soit une marge de 20,3% contre 23,8% un an auparavant.
Nike s'adjuge aussi 0,6% après l'annonce d'une suppression d'environ 1 400 postes, principalement dans la technologie, dans le cadre de son plan de redressement "Win Now". Cette nouvelle coupe illustre la volonté d'Elliott Hill de simplifier l'organisation alors que les ventes restent sous pression, notamment en Chine.
Moyen-Orient : les nouvelles du front
Sur le plan géopolitique, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, doit entamer aujourd'hui une tournée régionale et visitera Islamabad, Mascate et Moscou, afin de mener des "consultations bilatérales et des discussions sur les développements régionaux en cours ainsi que sur la situation actuelle dans la guerre impliquant les Etats-Unis et Israël".
Lors d'une conférence de presse tenue en début d'après-midi (heure de Paris) au Pentagone, Pete Hegseth, le Secrétaire à la Défense des Etats-Unis a fait savoir que Téhéran était désormais face à un choix quant à son programme nucléaire. Et a rappelé que Washington n'était pas aux abois : "nous avons tout notre temps et nous ne sommes pas pressés de conclure un accord".
Sauf que pendant que les négociations piétinent, le détroit d'Ormuz reste toujours ostensiblement fermé à la navigation : seuls cinq navires sont parvenus à se frayer un passage dans le détroit au cours des 24 dernières heures, rapportent les sites spécialisés dans le suivi du trafic maritime.
Conséquence ? Les cours de l'or noir stagnent à des niveaux élevés (le WTI évolue autour des 95 USD le baril) et les répercussions du conflit sont de plus en plus visibles sur l'économie.
Vers un nouveau statu quo de la Fed
Concrètement, Fitch Ratings estime ainsi que le déficit des administrations publiques des Etats-Unis devrait se creuser pour atteindre 7,9% du PIB en 2026, contre 7,1% en 2025. Outre l'impact de la guerre, l'agence pointe aussi la décision de la Cour suprême invalidant les droits de douane.
"Nous anticipons que le ratio dette publique/PIB atteindra 119,3% fin 2026, contre 116,6 % fin 2025", ajoutent les analystes.
Malgré ces prévisions moroses, les marchés anticipent une quasi-stabilité des taux directeurs de la Fed sur les 18 mois à venir, alors même que la Fed se réunira la semaine prochaine, les 28 et 29 avril, pour décider de sa politique monétaire.
Selon BofA, l'institution devrait maintenir ses taux inchangés "tout en signalant une vigilance accrue sur l'inflation et le marché du travail". Le discours de Jerome Powell est attendu sur un ton "hawkish", avec une attention particulière portée à une éventuelle ouverture à de nouvelles hausses de taux, à son évaluation de l'impact du conflit géopolitique et à la solidité du marché du travail.
Pour Bastien Brut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPR AM, "le marché du travail américain est trop fébrile pour que la Fed considère une hausse de taux à la légère, mais les tensions sur les prix (pétrole, semi-conducteurs) sont trop visibles pour que la Fed considère une baisse de taux à la légère". Ainsi, "sans développement marqué dans un sens ou dans l'autre, la Fed se trouve dans une situation où le statu quo devrait prévaloir un moment", ajoute-t-il.
Rappelons par ailleurs que lors de son audition, Kevin Warsh n'a pas apporté d'arguments convaincants en faveur d'une baisse des taux à court terme, renforçant l'idée d'une politique monétaire durablement restrictive.
Enfin, sur le front des statistiques, les intervenants ont pu prendre connaissance à 16 heures de l'indice de confiance des consommateurs calculé par l'Université du Michigan. Celui-ci est passé de 53,3 en mars à 49,8 points en avril, alors que les analystes attendaient un repli plus conséquent, à 47,6 points.
Côté Forex, le dollar s'échange contre 0,854 euro.
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