Peu avant 17h (heure de Paris), les indices américains sont en contraction à New York : le Nasdaq recule de 1,2%, derrière le S&P 500 (-0,7%) et le Dow Jones (-0,04%). Les résultats qui pleuvent outre-Atlantique n'arrivent pas à faire oublier la géopolitique et l'envolée des cours du pétrole.
28 février - 28 avril. Déjà deux mois que la guerre contre l'Iran a débuté. Censée initialement s'achever en 4 à 5 semaines, selon les dires de Donald Trump, le conflit s'éternise, au grand dam des marchés, qui s'inquiètent du manque d'avancées et de l'absence de négociations entre les deux camps.
Coutumier du fait, le président américain a lancé un message un peu lunaire sur Truth Social : "L'Iran vient de nous informer être en 'état d'effondrement' et nous demande d''ouvrir le détroit d'Ormuz' au plus vite".
Le détroit d'Ormuz reste ostensiblement fermé, avec seulement trois passages au cours des 24 dernières heures, indiquent les sites de suivi du trafic maritime. Le secrétaire américain à l'Energie a toutefois assuré que "la navigation pouvait reprendre à Ormuz, sans que toutes les mines ne soient retirées", souligne Bloomberg News.
Les Emirats claquent la porte de l'OPEP
Une déclaration qui n'a pas de quoi rassurer les marchés. Le VIX est d'ailleurs en hausse de 3%, vers 18,5, tout comme le pétrole. Il faut dire que l'or noir est aussi propulsé par l'annonce des Emirats arabes unis qui ont fait savoir qu'ils se retireraient de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) à compter du 1er mai, sur fond de désaccord avec l'Arabie saoudite.
"Chaque membre de l'OPEP est soumis à un quota de production", explique pour Zonebourse Frédéric Lorec, analyste chez AlphaValue. "Mais ces dernières années, les Emirats ont fortement développé leurs infrastructures et se sentaient de plus en plus bridés par cette limite".
En quittant l'organisation, les EAU vont donc pouvoir s'affranchir des quotas de production imposés par l'organisation. Le pays visait d'ailleurs une production de 5 Mb/j d'ici à 2027 et pourrait ainsi atteindre ce niveau bien plus tôt que prévu.
Assez discrète depuis le début de la crise, l'OPEP avait augmenté sa production quotidienne de 206 000 b/j, une mesure avant tout symbolique quand on sait que sa production est de l'ordre de 27 Mb/j.
Ces incertitudes pèsent sur les cours, avec un WTI et un Brent en hausse de 3%, à respectivement 100 et 111 USD le baril.
Le statu quo attendu du côté de la Fed
Par ailleurs, les marchés prendront connaissance demain de la politique monétaire de la Fed qui, sauf coup de théâtre, devrait maintenir ses taux inchangés. Il s'agira par ailleurs probablement de la dernière réunion de Jerome Powell en tant que président de la Fed.
"Powell devrait adopter un ton assez neutre, sans fournir d'indications sur les futures évolutions des taux, la Fed manquant de visibilité sur la situation au Moyen-Orient.
En termes de risques, nous estimons que le biais de la Fed est légèrement orienté vers l'inflation, qui apparaît à ce stade comme un risque plus important que l'emploi", a commenté Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions.
De son côté, Alessia Berardi, responsable de la macroéconomie chez Amundi, indique "que, bien que Kevin Warsh (le successeur de Powell, ndlr) n'ait pas envoyé de signal accommodant lors de son audition", son discours a paru "équilibré" face aux différentes issues possibles.
"Nous pensons que la prochaine décision de la Fed sera une baisse des taux, probablement début 2027", ajoute la spécialiste.
Les valeurs en mouvement
Les marchés ont aussi pris connaissance d'une salve de résultats outre-Atlantique. Coca-Cola signe ainsi une progression de plus de 6% à New York après avoir publié un BPA ajusté en augmentation de 18% à 0,86 USD au titre du 1er trimestre 2026, un niveau dépassant d'environ 6% le consensus.
Autre poids lourd de la cote, GM cède 2,5% après avoir vu ses revenus reculer de 0,9%, à 43,624 milliards de dollars. Le bénéfice net s'est aussi affaissé de 5,7%, à 2,627 milliards de dollars. Le bénéfice par action dilué recule pour sa part de 15,9%, à 2,82 dollars, tandis qu'en ajusté, il affiche une progression de 33%, à 3,70 USD.
Spotify, géant suédois du streaming, chute de 11% après avoir dévoilé des perspectives inférieures aux attentes au 2e trimestre et UPS lâche près de 6% après avoir publié un BPA ajusté trimestriel de 1,07 USD en baisse de 28%. Enfin, Kimberly-Clark gagne près de 2% après la publication de bénéfices supérieurs aux attentes au titre du 1er trimestre.
Sur le front des statistiques, l'agenda du jour était plutôt léger. Les opérateurs ont toutefois pu prendre connaissance du Conference Board, un indice mesurant la confiance des consommateurs. Celui-ci s'est amélioré en passant de 91,8 en mars à 92,8 points en avril (plus haut niveau depuis octobre 2025), là où les analystes anticipaient une dégradation vers 89,2 points.
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