Marchés

L'Europe s'envole, portée par les espoirs d'accalmie au Moyen-Orient

Publié le 6 mai 2026 à 18h01

Il y a moins de 48 heures, des projectiles iraniens et américains zébraient encore le ciel du Golfe persique... Puis un article d'Axios évoquant un possible accord imminent entre Washington et Téhéran a déclenché une onde d'enthousiasme, aussitôt saisie par les marchés qui se prennent à rêver d'une réouverture rapide du détroit d'Ormuz. La réaction des Bourses européennes est à la hauteur de leurs espoirs : Paris conclut la séance sur un gain de 2,94%, devant Francfort ( 2,24%) et Londres ( 2,18%). Il s'agit de la plus forte hausse de l'indice parisien depuis le 8 avril et ses 4,49%, lorsqu'un accord de cessez-le-feu a été annoncé entre les Etats-Unis et l'Iran.

Il se murmure, sur les marchés, que la Maison-Blanche serait sur le point de conclure un accord avec l'Iran visant à mettre fin à la guerre et à établir un cadre pour des négociations nucléaires plus approfondies. Rapportée par Axios, cette information a fait le tour de la planète financière en un rien de temps. Même si rien n'a encore été conclu, des sources assurent qu'il s'agit de "l'accord le plus proche d'être conclu depuis le début du conflit".

Levée des sanctions, déblocage des fonds iraniens gelés, reprise du trafic à Ormuz... de nombreuses options sont évoquées dans l'accord.

Fidèle à lui-même, Donald Trump n'a pourtant pas tardé à dégainer son clavier pour ajouter une petite touche de dramaturgie et de pression dont il a le secret : "Faute d'accord, des bombardements commenceront, et ils seront, malheureusement, d'une intensité bien supérieure à celle des conflits précédents. Merci de votre attention".

Les cours de l'or noir en net reflux

Visiblement très attentifs, les investisseurs ont clairement privilégié le scénario d'une désescalade.. Les marchés actions ont aussi été nettement soutenus par la contraction de l'or noir avec -7,66% pour le Brent, à 101,8 USD le baril. Cette détente a immédiatement fait les affaires du secteur aérien comme en témoignent les envolées de Safran ( 8,96%) et Airbus ( 5,98%) mais aussi de MTU Aero ( 10,14%, plus forte hausse du DAX 40), Ryanair ( 10,18%), Air France-KLM ( 9,56%) ou easyJet ( 8,86%)... Le secteur hôtelier & tourisme est aussi en embuscade pour profiter des dividendes de la paix : Accor progresse de 7,68% devant Bénéteau ( 5,15%), ADP ( 4,54%) ou encore Cie des Alpes ( 4,48%).

En revanche, les spécialistes de l'or noir font grise mine, à l'instar de TotalEnergies (-3,22%), d'Eni (-4,15%), de Repsol (-4,32%), de Var Energi (-6,35%) ou encore d'Equinor (-8,71%).

"Malgré cette correction, nous restons prudents quant à la perspective d'un règlement rapide du conflit, l'incertitude géopolitique dans la région demeurant élevée", souligne avec sagesse Frédéric Lorec, spécialiste des valeurs pétrolières chez AlphaValue.

La saison des résultats bât son plein

Indifférente à l'agenda géopolitique, la saison des résultats poursuit son chemin sous le regard attentif des investisseurs.

En France, AXA ( 3,75%) a indiqué que ses primes brutes émises et autres revenus avaient augmenté de 6% en données comparables ( 3% en données publiées) et atteint 38 MdsEUR au 1er trimestre 2026, un niveau proche du consensus qui ressortait à 37,9 MdsEUR.

Veolia ( 1,49%) enregistre une croissance "résiliente" du chiffre d'affaires à 11,427 MdsEUR au 1er trimestre, soit une hausse de 1% à périmètre et change constants. L'EBITDA s'élève à 1,766 MdEUR, soit une croissance de 5,1% à périmètre et change constants.

Ailleurs en Europe, Leonardo a publié un résultat net ajusté part du groupe de 162 MEUR, en hausse de 66% sur un an. Au gong final à Milan, le titre s'adjuge 5,03%.

De son côté, Hensoldt (-0,31%) a publié ce matin un EBITDA ajusté de 44 MEUR au titre du 1er trimestre 2026, en hausse de 47% par rapport à la même période un an plus tôt et faisant légèrement mieux que le consensus, qui visait 42,4 MEUR.

Lufthansa Group ( 6,32%) est parvenu à réduire ses pertes au 1er trimestre 2026, celles-ci ressortant à 665 MEUR, contre 885 MEUR un an plus tôt. Le consensus était quand même bien plus optimiste et tablait sur une perte encore plus contenue, à 317 MEUR.

Continental ( 8,77%) signe la 2e plus forte hausse du DAX 40 après avoir publié des résultats solides pour le premier trimestre 2026, le groupe a également confirmé ses objectifs financiers annuels.

Enfin, Novo Nordisk progresse de 2,48% après la publication de ses comptes trimestriels et l'ajustement à la hausse de certains objectifs financiers annuels.

Une pluie de statistiques à avaler

Sur le front des statistiques, le secteur privé américain a créé 109 000 emplois en avril, un chiffre inférieur aux attentes du marché, montre l'enquête mensuelle publiée ce mercredi par ADP. Les économistes s'attendaient en effet à quelque 120 000 créations d'emplois dans le privé le mois dernier aux Etats-Unis.

Par ailleurs, les données publiées par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) montrent que les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis s'élevaient à 457,2 millions de barils lors de la semaine du 27 avril, signalant une baisse de 2,3 millions de barils par rapport à la semaine précédente. Les analystes tablaient sur un repli un peu plus important des stocks, de l'ordre de 3,3 millions de barils.

Sur le Vieux Continent, les prix à la production industrielle ont augmenté de 3,4% dans la zone euro et de 3,2% dans l'UE, en mars 2026 par rapport au mois précédent, selon les premières estimations d'Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne.

Toujours dans la zone euro, selon l'indice PMI de S&P Global, l'activité dans le secteur des services est entrée en phase de contraction en avril, mais s'est moins dégradée que prévu. L'indice la mesurant est passé de 50,2 à 47,6 points, là où les analystes craignaient une baisse à 47,4 points. À 47,6 points, il est au plus bas depuis 62 mois.

En Allemagne, l'indice PMI Composite, qui fait la synthèse entre l'activité dans les services et dans le secteur manufacturier, a moins reculé que prévu. Il s'est installé à 48,4 points, en phase de contraction sous les 50 points, contre 51,9 un mois plus tôt, et des attentes à 48,3 points. Il s'agit de sa première contraction depuis près d'un an.

Dans l'Hexagone, l'indice PMI composite S&P Global de l'activité s'est de nouveau replié le mois dernier, passant de 48,8 en mars à 47,6 en avril, indiquant ainsi la plus forte contraction de l'activité du secteur privé français depuis un peu plus d'un an.

Enfin, toujours en France, la production manufacturière a nettement augmenté en mars ( 1,2%) après avoir été quasi stable le mois précédent (-0,1%), et rebondit dans l'ensemble de l'industrie ( 1% après -0,9% en février), selon l'Insee.

Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.

Actualités assurance

Chargement en cours...

L'info asset en continu

Chargement en cours...

Dans la même rubrique

emeis, Hexaom, Trigano...les valeurs à suivre demain à Paris -

Bouygues

Le groupe annoncera ses résultats du premier trimestre.

Eiffage

SNCF Réseau annonce...

Agenda Macro Zonebourse : le 7 mai 2026

08h45 : Balance commerciale (France)

11h00 : Ventes au détail (mensuel) (Zone Euro)

14h30 :...

L'espoir d'un accord Etats-Unis/Iran porte Wall Street

Déjà bien orientés mardi, les indices américains poursuivent sur cette tendance une heure et demi...

Voir plus

Chargement…