Le titre du géant allemand de la défense a perdu plus de 25% depuis le début de l'année. Paradoxal lorsque l'on connait la situation géopolitique et le besoin de réarmement de l'Europe mais de nombreux éléments ont refroidi les investisseurs. Le niveau du titre constitue néanmoins un point d'entrée intéressant : Rheinmetall gagne 2,2% ce matin à Francfort.
Selon Berenberg, la récente contraction du titre offre aux investisseurs un point d'entrée attractif, malgré la dégradation des multiples sectoriels. En effet, Rheinmetall se traite sur une base de 20 fois les bénéfices attendus en 2027 pour une croissance annuelle moyenne du BPA de 31% sur trois ans, anticipe l'analyste.
Dans sa note publiée ce matin, le courtier met en avant l'amélioration attendue de la visibilité, avec une couverture des revenus 2027 pouvant atteindre 72% grâce à la conversion des contrats-cadres existants. Le bureau d'études anticipe par ailleurs une hausse de près de 30 points de pourcentage de la couverture des commandes d'ici fin 2026.
D'après le broker, Rheinmetall pourrait enregistrer jusqu'à 80 milliards d'euros de contrats de défense en 2026. Berenberg a toutefois réduit son hypothèse sur le contrat allemand Boxer Arminius à 23 MdsEUR, contre 32 MdsEUR auparavant, ce qui conduit à une baisse de 8% de son estimation de BPA 2028.
De nombreux points de vigilance
La semaine dernière, Saïma Hussain, qui suit le dossier pour AlphaValue, rapportait que l'attention des marchés s'était récemment portée sur la très rentable division W&A (Weapon and Ammunition), où 100 MEUR de ventes de poudre ont été retardés en raison de contrôles administratifs de réception de lots.
Selon AlphaValue, des inquiétudes à long terme existent aussi concernant la division W&A, avec la possibilité que des drones bon marché cannibalisent la demande d'artillerie de 155 mm, ainsi que la concurrence croissante de la nouvelle alliance Diehl-Nammo (une coentreprise européenne concurrente créée pour la production de masse de munitions).
Au-delà de la division W&A, la stratégie de croissance de Rheinmetall se heurte à de sérieuses difficultés : "le partenariat très attendu avec Lockheed Martin sur les missiles est au point mort en raison de différends financiers relatifs au transfert de technologies, obligeant l'entreprise à rechercher des partenaires de remplacement", poursuit Saïma Hussain.
AlphaValue évoque aussi le contrat phare de 80 MdsEUR portant sur les véhicules Boxer "démantelé et retardé par le gouvernement", ainsi que "200 MEUR de livraisons par camion bloqués simplement parce que l'armée allemande manque de chauffeurs pour les prendre en charge". Enfin, "le contrat naval F126, d'une valeur de plusieurs milliards, fait face à des renégociations de dernière minute avec les fournisseurs".
Contrat avec Londres
Rappelons enfin que le Royaume-Uni a annoncé mercredi soir l'acquisition de 72 obusiers télécommandés (RCH 155) dans le cadre d'un contrat d'1 MdGBP, incluant la formation et le soutien. Ce contrat a été attribué par l'OCCAR à ARTEC GmbH, une coentreprise de Rheinmetall et KNDS.
Les premières livraisons sont prévues pour 2028 et la réaction des marchés est positive ( 1,9% hier et 2,2% ce matin).
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