Un nouveau "communiqué" émanant de sources pakistanaises (entourage du ministre de la défense Asim Munir) à la fiabilité incertaine vient détendre l'atmosphère sur les marchés obligataires et sur le pétrole, pile au moment où les taux longs US menaçaient de franchir des records vieux de 20 ans, où le baril de "WTI" tutoyait ses pires niveaux depuis le 5 mai. Et que dire du rendement du "10 ans" japonais, ancré depuis 3 jours à proximité des 2,8% (et 2,79% ce matin).
Le Pakistan laisse entendre que la version finale d'un accord de paix entre les Etats Unis et l'Iran serait dévoilée de façon imminente.
La veille, les marchés s'inquiétaient d'un désaccord total et radical sur 13 des 14 points exigés respectivement par Téhéran et Washington, chacun jugeant 90% de propositions adverses inacceptables et même pas sujettes à négociation.
Trump expliquant même qu'au bout du point N°2, il avait déjà jeté la feuille de proposition iranienne à la poubelle.
Mais de nouveau, les marchés démontrent qu'ils sont prêts à croire que des négociations secrètes auraient aplani toutes les difficultés en 24h... et cela donne -6,5 points sur le "30 ans" à 5,117%, -8 points sur le "10 ans" à 4,594%, les gains de la matinée doublant soudainement à partir de 16h10 avec la diffusion du communiqué sur un "accord miracle".
Oui, un vrai miracle vu le contexte : pour mémoire Donald Trump a de nouveau menacé hier de frapper l'Iran si un accord n'était pas trouvé avec ce pays, l'armée iranienne et les Gardiens de la Révolution promettant d'ouvrir "de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprenaient leurs attaques : "la guerre promise s'étendra cette fois bien au-delà de la région, et nos coups dévastateurs vous écraseront" (il serait question de frappes sur des usines de dessalement, des infrastructures pétrolières dans toute la région selon des menaces adressées par Téhéran aux monarchies du Golfe).
Sur X, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé mercredi avoir autorisé plus de 25 navires, dont des pétroliers, à transiter par le détroit d'Ormuz ces dernières 24 heures : ce serait une nette accélération après un trafic tombé à 5 navires la veille.
Le président américain a répété qu'il espérait ne pas devoir faire la guerre. "Mais nous pourrions devoir leur donner encore un gros coup. Je ne suis pas sûr pour l'instant", a-t-il déclaré devant des journalistes à la Maison-Blanche.
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhan, a salué dans un communiqué publié sur X mercredi le fait que Donald Trump "donne une chance à la diplomatie, appelant l'Iran à saisir cette occasion pour éviter une "escalade" et parvenir à un accord acceptable pour mettre fin à la guerre".
De son côté, le gouvernement israélien (allié des Etats-Unis) fait pression pour une reprise du conflit et de nouvelles frappes en Iran, tout en poursuivant ses opérations au Liban et en Syrie, une "ligne rouge" pour Téhéran.
Les objectifs de guerre annoncés par Benyamin Netanyahou ne sont pas atteints et le programme nucléaire n'est pas anéanti : à ce stade, la campagne d'Iran est, du point de vue israélien, un échec.
La fermeture prolongée du détroit d'Ormuz risque de provoquer un choc agroalimentaire systémique susceptible de déclencher une grave crise mondiale des prix alimentaires d'ici six à douze mois, a averti mercredi la FAO.
L'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture suggère, pour éviter une telle issue, de "mettre en place des routes commerciales alternatives, faire preuve de modération en matière de restrictions à l'exportation, protéger les flux humanitaires et constituer des réserves pour absorber la hausse des coûts de transport".
L'annonce pakistanaise, totalement invérifiable et non confirmée par les milieux officiels US ou iranien parvient cependant à faire chuter le Brent de 4,5% à 106,20 et le WTI perd 4,1% pour repasser sous la barre des 100 USD (à 99,8 USD).
Cela occulte totalement les données publiées par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA qui font état d'une forte chute des stocks de pétrole brut aux Etats-Unis : -7,9 millions à 445 millions de barils lors de la semaine du 11 mai (contre -2,9 millions de barils anticipé).
L'EIA précise enfin que les raffineries ont fonctionné à 91,6% de leur capacité opérationnelle (c'est proche de l'optimal qui se situe vers 93%) au cours de cette même semaine, avec une production moyenne de 9,3 millions de barils/jour (les Etats-Unis consomment 20,6 millions de barils/jour, donc ils restent importateurs nets).
La baisse surprise du baril entraine une brusque détente sur le compartiment obligataire européen : le rendement de l'OAT à 10 ans plonge de -12 points vers 3,857% tout comme le Bund, qui efface d'un coup -10 points à 3,088%, les BTP italiens affichant un spectaculaire -14,6 points à 3,83% mouvement qui apporte un soutien supplémentaire au marché actions, avec un Euro-Stoxx50 qui s'emballe à 2,1% (contre 3,6% vers 16h) et un Nasdaq qui grimpe de 1,5%.
A noter également une détente de près de 13 points au Royaume Uni et un "10 ans" qui se repli sur le palier des 5%.
Autre bonne nouvelle en marge du "G7" et qui avait été saluée ce matin par une embellie obligataire dans l'UE : les Vingt-Sept sont parvenus à s'entendre sur l'épineux dossier des droits de douane.
L'accord entre l'Europe et les Etats-Unis vient en effet d'être validé par le Parlement européen, ce qui devrait (a priori) permettre d'éviter toute nouvelle escalade avec la Maison-Blanche et son turbulent locataire.
Les Etats-Unis se sont engagés à maintenir un plafond tarifaire maximal de 15% (Trump avait proféré de nouvelles menaces de doublement des "tarifs" début mai) pour la plupart des exportations de l'UE (y compris les voitures et les pièces automobiles).
Washington prévoit également des exclusions des droits de douane supplémentaires pour un certain nombre de groupes de produits importants tels que les ressources naturelles indisponibles, les aéronefs, les pièces aéronautiques et les produits pharmaceutiques génériques.
En contrepartie, l'UE s'est engagée à éliminer les droits de douane sur tous les produits industriels et à améliorer l'accès au marché pour certains produits agroalimentaires non sensibles.
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