Après un début de séance à l'équilibre, Nvidia évolue en légère baisse (-2%) après avoir progressé de plus de 1% la veille. Le géant des semi-conducteurs a notamment dévoilé une nouvelle présentation de ses revenus, introduisant une segmentation inédite destinée à mettre en avant un message clair : Nvidia ne dépend plus uniquement des hyperscalers et s'inscrit désormais dans une diversification plus large de ses débouchés.
Comme à son habitude, le groupe américain a publié des résultats largement supérieurs aux attentes pour le premier trimestre fiscal de son exercice 2027. Le groupe a notamment enregistré un chiffre d'affaires trimestriel de 81,6 milliards de dollars, contre un consensus établi à 78,8 milliards.
Mais au-delà de la performance financière elle-même, les investisseurs semblent surtout s'être focalisés sur une évolution importante dans la communication du groupe. Quelques heures après la publication de ses résultats, Nvidia a présenté son traditionnel support destiné aux investisseurs, dans lequel une modification a particulièrement retenu l'attention : la nouvelle segmentation des revenus de la division Data Center.
Désormais, cette activité est divisée en deux sous-segments distincts. Le premier regroupe les revenus liés aux hyperscalers, c'est-à-dire principalement les ventes de GPU destinées aux plus grandes infrastructures d'intelligence artificielle. Le second, baptisé ACIE pour "AI Clouds, Industrial and Enterprise", représente les revenus générés par les infrastructures cloud IA, les applications industrielles et les entreprises.
Nvidia décrit ce segment comme une source "d'opportunités de croissance dans divers centres de données et usines d'IA spécialement conçus pour l'intelligence artificielle dans l'ensemble des secteurs et des pays". Les deux segments affichent désormais un poids quasiment équivalent, avec 37,9 milliards de dollars de revenus pour les hyperscalers contre 37,4 milliards pour l'activité ACIE sur le trimestre.
À travers cette nouvelle présentation, Nvidia cherche avant tout à démontrer que sa croissance ne repose plus uniquement sur les dépenses d'acteurs comme Microsoft, Meta ou Alphabet. Le groupe entend désormais mettre en avant un modèle plus équilibré, porté aussi par des clients plus diversifiés et des usages plus larges de l'intelligence artificielle.
Cette évolution s'est accompagnée d'un autre élément marquant lors de la conférence téléphonique : Nvidia a évoqué un marché adressable de 200 milliards de dollars pour son processeur Vera. Jensen Huang a notamment insisté sur le fait que ce CPU avait été conçu spécifiquement pour répondre aux besoins croissants liés à l'IA agentique.
Pour Frank Lee, analyste chez HSBC, ces annonces ont même "éclipsé les résultats eux-mêmes ainsi que les discussions autour de l'allocation du capital". Il y voit une "reconnaissance de nouveaux enjeux à travers la reclassification des centres de données et l'arrivée des processeurs serveurs". L'analyste souligne également que "les récents accords conclus par Nvidia dans le domaine de l'optique méritent une attention particulière compte tenu de l'importance croissante des réseaux et des risques de tensions sur l'approvisionnement".
Même constat chez William Beavington, spécialiste des semi-conducteurs chez Jefferies, qui insiste sur l'importance stratégique des ambitions de Nvidia dans les processeurs. Dans une récente note, il rappelle qu'AMD et ARM avaient évoqué des marchés adressables de respectivement 120 et 100 milliards de dollars à horizon 2030.
"Dès sa première année de commercialisation de CPU, Nvidia semble déjà en mesure de devenir le premier fabricant mondial dans ce domaine, en appliquant la même stratégie que dans les réseaux, où l'entreprise est devenue en deux ans plus importante que l'ensemble de ses concurrents réunis", souligne-t-il. "C'est tout simplement remarquable."
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