Sociétés

Grizzly Research s'attaque à Pirelli qui se défend

Publié le 4 juin 2026 à 10h59

Le titre Pirelli recule de 1,22%, à 6,06 euros, à la Bourse de Milan, affecté par une note du vendeur à découvert Grizzly Research, qui estime que le groupe est soumis à une "dépendance secrète" avec la Russie, ce que dément le groupe italien.

Dans son rapport, Grizzly Research indique que le pneumaticien italien, qui a passé des années à façonner méticuleusement son image de marque, s'est contenté de déclarer qu'il cesserait tout investissement supplémentaire en Russie après l'invasion de l'Ukraine. A l'inverse, ses concurrents comme Nokian, Michelin, Continental, Goodyear ou Bridgestone ont quitté le marché russe au même moment, acceptant au passage d'importantes dépréciations d'actifs.

Le vendeur à découvert ajoute que Pirelli reste le seul fabricant de pneus occidental à y maintenir des activités significatives, bien que les investisseurs ont généralement l'impression que la Russie est une part plutôt insignifiante des opérations actuelles du groupe.

Toujours selon Grizzly Research, les déclarations officielles russes suggèrent que 10% des bénéfices nets de Pirelli proviennent de ses activités en Russie, là où l'Italien rapport qu'environ 6% de son chiffre d'affaires est issu de l'ensemble de la région Russie, Moyen-Orient, Afrique et Inde, "donnant ainsi une impression trompeuse de la réalité économique".

Outre ses activités en Russie, le vendeur à découvert insiste sur le fait que Pirelli entretient des liens étroits avec une structure contrôlée par l'Etat russe, un institut de recherche spécialisé dans les produits en caoutchouc et les polymères. Cet institut est détenu par Rostec, un conglomérat public russe dans le secteur de la défense qui possède 25% de Pirelli Tyre Russia.

Enfin, Grizzly Research relève que l'usine de Kirov a historiquement fabriqué des pneus destinés à plusieurs plateformes militaires russes, et que ce complexe industriel chercherait à développer une capacité de production de pneus aéronautiques, un domaine où la Russie est fortement dépendante des importations.

En conclusion, pour le vendeur à découvert, quitter la Russie impliquerait probablement des pertes financières importantes, mais rester exposerait le groupe à des critiques croissantes et nuirait à l'image de marque de Pirelli. Le rapport indique que le groupe devrait envisager une sortie plus nette de ses activités russes, malgré le coût financier.

De son côté, Pirelli indique que la note publiée par Grizzly Research ne reflète pas la vérité. La société à réaffirmé qu'elle ne produisait pas de pneumatiques à usage militaire. Enfin, pour protéger ses actionnaires et sa réputation, Pirelli a donné mandat au cabinet d'avocats Gatti Pavesi Bianchi Ludovici Studio Legale Associato pour engager des poursuites dans toutes les juridictions concernées contre les auteurs de la diffusion de ces fausses informations.

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