L'espoir d'un "chemin vers la paix" et d'une réouverture du détroit d'Ormuz, alimenté par les promesses de cessez-le-feu -et donc de suspension des opérations militaires israéliennes au Liban-, entraîne un net reflux des cours du pétrole (-2,5%). Le brut efface ainsi l'essentiel des gains engrangés la veille, lorsque les négociations entre Washington et Téhéran semblaient au point mort. Cette accalmie sur le front géopolitique favorise également une détente des rendements obligataires.
Les obligations américaines reprennent elles aussi une partie du terrain perdu la veille. Les T-Bonds évoluent sans grand changement ce jeudi matin, mais affichent tout de même un recul de 2,8 points de base sur le rendement du 10 ans, à 4,466%, et du 30 ans, à 4,972%, tandis que le 2 ans se détend de 4 points de base, à 4,043%, un signal plutôt encourageant.
Sur le front macroéconomique, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont déçu et contredisent quelque peu l'image d'un marché du travail robuste renvoyée la veille par l'enquête ADP, qui avait fait état de 20 000 créations d'emplois de plus qu'attendu. Les nouvelles demandes progressent de 13 000 à 225 000, alors que le consensus tablait sur 214 000. Il s'agit de leur plus haut niveau depuis la mi-février.
Paradoxalement, cette faiblesse est plutôt bien accueillie par les marchés, car elle atténue les craintes de voir une activité économique trop vigoureuse raviver les tensions inflationnistes. Ces inquiétudes avaient été alimentées ces derniers jours par la perspective d'une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz et de prix de l'énergie durablement élevés, scénario susceptible de retarder un assouplissement monétaire de la Réserve fédérale.
Un rapport sur l'emploi ("NFP") faisant état d'une progression modérée des créations de postes vendredi pourrait ainsi permettre aux Treasuries d'enchaîner une deuxième semaine consécutive de hausse. Après un début de séance marqué par le statu quo, les rendements ont d'ailleurs retrouvé une orientation plus favorable au fil de l'après-midi.
En Europe, le tableau apparaît plus contrasté. Les ventes au détail de la zone euro ont déçu, avec un recul de 0,4% en avril, contre un consensus de -0,3%. Les chiffres de mars ont toutefois été fortement révisés à la hausse, passant de -0,1% à 0,8%, une amélioration largement attribuable à la progression des dépenses énergétiques.
Sur les marchés de taux européens, les évolutions restent disparates. Le Bund allemand se détend légèrement de 1,7 point de base à 3,021%, tandis que l'OAT française stagne à 3,67%. Les Bonos espagnols demeurent inchangés autour de 3,46%, alors que les BTP italiens se tendent légèrement de 0,5 point de base à 3,792%.
Les grands gagnants du jour sont les Gilts britanniques, dont le rendement du 10 ans recule de 3,1 points de base à 4,902%. Un niveau qui demeure néanmoins historiquement élevé et reste associé à une zone de tension pour les finances publiques britanniques.
À l'inverse, la séance s'est révélée plus difficile pour les emprunts d'État japonais. Le rendement du 10 ans progresse de 4,7 points de base à 2,69%, celui du 20 ans de 6,6 points, tandis que le 30 ans gagne 4,8 points de base pour atteindre 3,904%.
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