Le groupe Diot-Siaci, acteur européen du conseil et du courtage en assurances d'entreprises, a publié les résultats de son Observatoire de la Performance Sociale de la Fonction Publique Territoriale 2026 (FPT). Réalisée sur un panel représentatif de collectivités territoriales de moins de 30 agents, soit environ 100 000 agents affiliés à la CNRACL (Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, l'un des principaux régimes spéciaux de sécurité sociale), cette étude confirme la stabilisation des niveaux d'absences pour raison de santé amorcée en 2024, malgré un environnement économique, social et institutionnel particulièrement exigeant pour les collectivités.
Dans un contexte de contraintes budgétaires, de transformation du service public local et de difficultés d'attractivité de certains métiers territoriaux, les niveaux d'absence se stabilisent en 2025, en maladie ordinaire comme en accident du travail.
L'édition 2026 apporte deux éclairages exclusifs : l'efficacité confirmée du temps partiel thérapeutique initial dans la prévention des arrêts longs, et une première analyse des effets du plafonnement à 90% des indemnités journalières en maladie ordinaire.
Maladie ordinaire : la stabilité se confirme
En 2025, le taux d'absentéisme en maladie ordinaire demeure stable autour de 4,4 %. Cette stabilité repose sur l'alignement des trois principaux indicateurs : les agents ne sont pas plus nombreux à s'arrêter, les arrêts ne sont pas plus fréquents et leur durée moyenne cesse de progresser. Elle intervient dans un environnement marqué par les tensions budgétaires, le vieillissement des effectifs et les mutations du service public local.
"La conjoncture est complexe pour les collectivités territoriales, mais les chiffres sont là : en 2025, avec un niveau d'absences stable, les collectivités continuent à tenir bon !", souligne Jean-Philippe Robert, directeur du département collectivités locales chez Diot-Siaci.
Accidents du travail : la hausse marque le pas
Après plusieurs années d'augmentation, l'absentéisme lié aux accidents du travail semble atteindre un palier. Les agents ne sont pas plus nombreux à connaître un accident qu'en 2024, le nombre d'événements demeure stable et la durée moyenne des arrêts cesse d'augmenter. Le taux correspondant se maintient sous 1,2%.
Secteur public vs secteur privé : des évolutions qui convergent
Sous réserve de précautions méthodologiques - règles d'indemnisation, diversité des métiers et écarts de calcul - , la comparaison public-privé nuance certaines idées reçues. Entre 2021 et 2025, les tendances d'absentéisme en maladie ordinaire convergent nettement entre fonction publique territoriale et régime général. Pour les accidents du travail, la hausse apparaît plus contenue dans les petites collectivités
que dans le secteur privé.
Temps partiel thérapeutique initial (TPT initial)
En outre, le laboratoire statistique de Diot-Siaci analyse deux dispositifs récents : le temps partiel thérapeutique initial et le nouveau régime d'indemnisation des arrêts en maladie ordinaire. Créé en 2021, le TPT initial devient, en 2025, la troisième forme d'absence la plus répandue dans les collectivités, derrière la maladie ordinaire et l'accident de service. Les agents bénéficiaires connaissent moins fréquemment des arrêts maladie longs dans les mois suivants, confirmant son rôle de levier de maintien dans l'emploi et de prévention de l'absentéisme durable.
Mise en oeuvre d'un nouveau régime d'indemnisation des arrêts en maladie ordinaire : quels impacts sur l'absentéisme ?
L'observation des dynamiques d'absences en maladie ordinaire depuis avril 2025, semble mettre en évidence un impact positif du plafonnement des indemnités journalières à 90% en maladie ordinaire sur les trois premiers mois d'arrêt. Les agents seraient moins nombreux à s'arrêter, un peu moins souvent, pour des durées sensiblement égales. L'opportunité économique, managériale, et en santé au travail d'une telle démarche demeure soumise à débat.
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