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Burberry pèse sur le secteur du luxe malgré des ventes rassurantes

Publié le 17 juillet 2026 à 11h17

Burberry (-5,60% à 1 059 pence) enregistre ce vendredi la plus forte baisse du FTSE 100. En dépit de résultats globalement rassurants au premier trimestre de son exercice décalé 2026-2027, le titre subit des prises de bénéfices. Les investisseurs font preuve de prudence face à une valorisation déjà exigeante (26 fois le PER estimé pour 2027) qui intègre largement le succès du plan de redressement du groupe de luxe britannique, alors même que le secteur du luxe est confronté à un ralentissement généralisé de la consommation.

Publiés ce matin, ces résultats trimestriels ont jeté un froid sur l'ensemble de ce secteur. Dans le sillage du repli de la marque au trench-coat, les valeurs du compartiment se replient également : Hermès (-1,14%), Kering (-1,70%) et LVMH (-1,50%), Brunello Cucinelli (-1,48%), Richemont (-2%).

Le groupe de luxe britannique a publié vendredi un chiffre d'affaires sur ce trimestre conforme aux attentes. Les ventes à périmètre comparable ont progressé de 5% à 455 millions de livres sterling sur le trimestre clos le 27 juin, en ligne avec le consensus des analystes et au même rythme que celui enregistré au dernier trimestre de l'exercice 2025-2026. Elles ont été portées par :

- la croissance de 12% dans la zone Amériques grâce à la demande locale et une large acquisition de nouveaux clients.

- la croissance de 9% en Grande Chine soutenue par la demande locale et une dynamique exceptionnelle auprès de la clientèle de la Génération Z.

- la croissance de 3% en Asie-Pacifique : la Corée du Sud est restée dynamique avec une progression de 11%, portée à la fois par la demande locale et par les dépenses des touristes. Toutefois, le Japon a reculé de 2%, pénalisé par la baisse continue du tourisme en provenance de Chine.

L'Europe et le Moyen-Orient en retrait

En revanche, les ventes dans la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) ont reculé de 3% en raison d'une baisse des dépenses des touristes en Europe et de l'impact persistant du conflit actuel au Moyen-Orient. Hors région Moyen-Orient, la zone EMEA affiche un recul de 1%.

De surcroît, les ventes au détail ont progressé de 4% à taux de change constants, malgré une surface de vente en baisse de 1% sur la période. L'effet de change a représenté un impact positif (tailwind) de 1%, portant le chiffre d'affaires du réseau de vente au détail à 455 millions de livres sterling, en hausse de 5% à taux de change réels (rapportés).

Le commerce électronique maintient une bonne croissance, en hausse d'environ 15% sur ce trimestre.

Porté par le succès de ses pièces de pluie historiques (heritage), de ses vestes légères et de ses articles saisonniers, le segment des vêtements d'extérieur affiche une croissance à deux chiffres. Par ailleurs, la dynamique s'étend au prêt-à-porter avec une belle progression de la maille, des polos et des maillots de bain. La maroquinerie féminine renoue avec la croissance et séduit une nouvelle clientèle.

Joshua Schulman, directeur général s'est déclaré satisfait des progrès de Burberry au cours du premier trimestre et de la dynamique instaurée avec le plan de redressement Burberry Forward : "Pour la première fois en trois ans, nous avons enregistré une croissance dans l'ensemble de nos divisions (prêt-à-porter féminin, masculin, accessoires et mode enfantine), portée par la surperformance de notre catégorie vêtements d'extérieur (Outerwear). Notre stratégie fonctionne. Nous attirons une vaste clientèle de luxe à travers nos différentes catégories de produits, nos canaux de vente et nos zones géographiques, ce qui renforce ma confiance dans les opportunités à venir."

Des prévisions rehaussées pour le premier semestre

Pour l'exercice 2027, Burberry anticipe une croissance de son chiffre d'affaires ainsi qu'une amélioration de sa marge, conformément aux attentes du marché. Le fabricant de vêtements et d'accessoires haut de gamme se montre toutefois prudent face à un environnement géopolitique et économique qui demeure incertain, ce qui pourrait continuer à peser sur la confiance des consommateurs.

Dans sa note d'analyse, le bureau d'études Jefferies fait savoir que Burberry a rehaussé ses hypothèses de prévisions pour le premier semestre de son exercice 2026/2027 en cours.

D'une part, la croissance des ventes en gros a été révisée à la hausse, désormais attendue entre 7 et 9% contre une estimation initiale de 4 à 6%.

D'autre part, l'effet de change (FX) devrait représenter un impact positif d'environ 20 MGBP sur le chiffre d'affaires (top-line) et être globalement neutre sur l'EBIT ajusté (contre un impact négatif d'environ 10 MGBP précédemment anticipé sur ces deux indicateurs).

En outre, le géant du luxe britannique maintient deux objectifs : réaliser 100 MGBP d'économies de coûts cumulées sur cet exercice (après les 80 MGBP déjà réalisées lors de l'exercice 2025-2026), et maintenir ses dépenses d'investissement (capex) d'environ 120 MGBP.

Une valorisation exigeante qui invite à la prudence

Jefferies considère que "les investisseurs haussiers (bulls) apprécieront le relèvement de ces prévisions, précisant que l'amélioration des effets de change devrait avoir un impact positif de l'ordre de 1 à 6% sur les estimations de bénéfices de l'exercice.

Pour le bureau d'analyses, l'action Burberry demeure toutefois exposée à un ralentissement séquentiel. A 26 fois le PER (ratio Cours/Bénéfice) estimé pour l'année civile 2027, le niveau de valorisation intègre en effet déjà la promesse d'un retour à long terme des marges dans le haut de la fourchette des 15-19%.

En parallèle du ralentissement généralisé de la consommation de produits haut de gamme, Burberry poursuit son propre plan de redressement, qui vise à relancer les ventes tout en réduisant les coûts.

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