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TotalEnergies : Bank of America rassure après les doutes d'UBS

Publié le 17 juillet 2026 à 12h42

A la suite de la publication, hier, des indicateurs d'activité de TotalEnergies pour le deuxième trimestre 2026, deux grandes banques d'affaires ont délivré des diagnostics contrastés. Si la banque suisse UBS a revu ses prévisions de bénéfices à la baisse en raison de la faiblesse du trading de gaz, Bank of America (BofA) s'est montrée clairement plus optimiste. Qualifiant ce trimestre de "bien meilleur que redouté", le géant bancaire américain a maintenu sa recommandation d'achat sur la compagnie pétrolière française qu'il considère comme sa valeur favorite en Europe. Pour lui, sa production est solide et ses perspectives financières à long terme seront exceptionnelles.

La publication des indicateurs opérationnels du deuxième trimestre 2026 de TotalEnergies a initialement jeté un froid sur le marché. Pour UBS, les performances se sont révélées globalement inférieures aux attentes : "Nous réduisons de 15% notre prévision de résultat net pour le 2e trimestre 2026 à 6,1 milliards de dollars, principalement en raison d'un repli du trading de GNL intégré et de prix réalisés plus bas. Nous nous situons ainsi 13% en dessous du consensus Visible Alpha de 7 MdsUSD, qui n'a pas encore été révisé à la baisse après cette mise à jour opérationnelle".

En revanche, la banque suisse se montre plus rassurée concernant le CFFO (flux de trésorerie lié à l'activité) : "Notre prévision de CFFO hors BFR (besoin en fonds de roulement) de 9 MdsUSD reste pratiquement inchangée et se maintient 2% au-dessus du consensus (8,8 MdsUSD)".

De plus, les prévisions concernant la variation positive du BFR de 1 à 1,5 MdUSD (contre un consensus de 1,5 MdUSD ; et de 1 MdUSD pour UBS) ainsi que la baisse du taux d'endettement (gearing) d'environ 200 points de base d'un trimestre sur l'autre sont également conformes aux attentes d'UBS. Malgré la hausse des prix du pétrole, la banque suisse prévoit que le programme de rachat d'actions sera maintenu à 1,5 MdUSD pour le moment, en raison d'une volatilité importante.

Le segment Exploration & Production s'est révélé plus faible que prévu en dépit d'une production plus élevée. TotalEnergies table sur une production proche de 2,4 Mboe/j (millions de barils équivalent pétrole par jour), soit environ 5% de plus que le consensus et les estimations d'UBS, grâce au rétablissement plus rapide de la production aux Emirats arabes unis.

Cependant, cette hausse de la production en fin de trimestre a entraîné des prix de vente réalisés plus bas que prévu, tant pour le pétrole que pour le gaz. TotalEnergies a indiqué que les résultats et les flux de trésorerie du segment GNL intégré devraient être nettement inférieurs d'un trimestre sur l'autre, plombés par la faiblesse des activités de trading de gaz. TotalEnergies affiche un prix moyen du GNL à 10,2 USD/Mbtu (million de British thermal units), soit au-dessus des 9,7 USD/Mbtu prévus par UBS.

Le lendemain de la note d'UBS, Bank of America (BofA) Global Research a publié une analyse beaucoup plus rassurante. Pour la banque américaine, la baisse du trading de gaz a été largement compensée par d'autres moteurs. BofA a ainsi rehaussé de 7% sa prévision de résultat net ajusté pour le trimestre, la portant à 6,5 milliards de dollars.

Tout d'abord, Bank of America a rehaussé de 7% sa prévision de résultat net ajusté pour ce deuxième trimestre, la portant à 6,5 MdsUSD (contre moins de 6,1 MdsUSD estimé auparavant). Ce chiffre se rapproche sensiblement du consensus des analystes de Visible Alpha, actuellement fixé à 7 MdsUSD.

Pour justifier sa révision positive, BofA met en avant deux piliers qui ont compensé la faiblesse du gaz :

1 - une production amont (Upstream) très solide : attendue à près de 2,4 millions de barils équivalent pétrole par jour (Mboe/d), la production dépasse de 5% les prévisions initiales, portée par un rétablissement plus rapide que prévu des infrastructures aux Emirats arabes unis.

2 - un segment Aval (Downstream) performant : à l'inverse du gaz, le trading de pétrole a poursuivi sur sa lancée du premier trimestre. De plus, l'indicateur de marge de raffinage européenne s'est établi à 13,5 USD/baril, surpassant les attentes du consensus (12,3 USD/baril) et soutenant les marges de raffinage-chimie et de distribution

Plus que les fluctuations à court terme, c'est la solidité financière à long terme de TotalEnergies qui attire Bank of America. La banque maintient ses prévisions de flux de trésorerie opérationnel (CFFO) à près de 10% au-dessus du consensus du marché. Le profil de croissance organique de la compagnie pétrolière s'annonce robuste, soutenu notamment par le décollage attendu de sa branche électricité (Integrated Power). Cette dynamique devrait générer des performances financières exceptionnelles, même dans l'hypothèse conservateur limitant le baril de Brent à 70 USD à partir de 2027.

La banque américaine met en avant trois arguments financiers majeurs d'ici 2028-2030 :

- un rendement de free cash-flow (FCF) hors norme : BofA estime que le rendement du FCF de TotalEnergies va passer de 11,8% en 2026 à 14,7% d'ici 2028. A titre de comparaison, la moyenne des concurrents du secteur (Big Oil) devrait plafonner sous la barre des 10% à cette échéance

- un désendettement spectaculaire : Le taux d'endettement (gearing) du groupe, qui s'élevait à plus de 20% fin 2025, devrait s'établir à environ 12% d'ici 2028. Bank of America prévoit même que cet endettement deviendra presque nul (2%) à l'horizon 2030, tout en permettant au groupe d'assurer de généreux retours financiers à ses actionnaires.

- des rachats d'actions en hausse : la banque modélise une augmentation progressive des rachats d'actions, passant de 5,5 MdsUSD cette année à 8,5 MdsUSD d'ici 2030, respectant l'engagement de TotalEnergies de distribuer plus de 40% de son CFFO.

TotalEnergies reste le "Top Pick" du secteur avec un potentiel de 18%. Pour Bank of America, "l'action du fournisseur d'énergies demeure largement sous-évaluée et constitue sa valeur favorite du secteur". La banque réitère sa recommandation à l'achat et maintient son objectif de cours à 82 EUR. Par rapport au cours actuel de 69,59 EUR, cela représente un potentiel de hausse de 17,8% (contre un potentiel moyen de baisse de 3% sur le reste de la couverture pétrolière de BofA).

Le prochain catalyseur majeur pour le titre aura lieu en septembre lors du Capital Markets Day (CMD) de TotalEnergies. Cet événement devrait, selon les analystes, apporter une visibilité accrue sur les atouts de croissance organique de TotalEnergies jusqu'à l'horizon 2030.

En attendant, les investisseurs saluent ces perspectives. Le titre du géant pétrolier français gagne 0,88% à 70,19 euros, signant l'une des plus fortes progressions du CAC 40.

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