Marchés

L'accord de cessez-le-feu gît sous les gravats, Wall Street garde la tête haute

Publié le 20 juillet 2026 à 16h32

Une heure après l'ouverture de Wall Street, le Nasdaq progresse de 0,46%, devant le S&P 500 qui s'adjuge 0,23%. En revanche, le Dow Jones concède 0,21%. En dépit d'un regain marqué des tensions au Moyen-Orient, les investisseurs semblent vouloir se concentrer sur les fondamentaux, dans le cadre d'une saison des résultats qui s'annonce pour le moment meilleure qu'attendu.

Qu'elle semble loin, la promesse trumpienne d'un conflit iranien qui devait durer "4 à 5 semaines"... Près de cinq mois plus tard, les incantations du locataire de la Maison-Blanche se heurtent à une cruelle réalité : l'escalade du conflit. Cette nuit, Washington a ciblé l'Iran pour la neuvième journée consécutive, enterrant un peu plus les espoirs de paix qu'avait suscités le cessez-le-feu de 60 jours signé le 17 juin.

Les frappes ont entraîné l'habituelle riposte de Téhéran sur des infrastructures énergétiques du Golfe et des bases US de la région. Vendredi, trois soldats américains ont ainsi péri dans des frappes iraniennes visant la Jordanie, tandis que deux pétroliers circulant dans le détroit d'Ormuz auraient heurté des mines. Les perspectives d'accord diplomatique restent pour l'instant éloignées, d'autant que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que certaines questions liées au nucléaire pourraient "rester insolubles".

De son côté, Marco Rubio, le secrétaire d'Etat américain a été clair : il ne considère plus le protocole d'accord de cessez-le-feu comme étant encore en vigueur.

Pétrole sous surveillance

Dans ces conditions, les marchés gardent les yeux rivés sur les cours du pétrole, avec un Brent à 88,3 USD le baril (-2,5%) et un WTI à 82,5 USD le baril (-1,5%). Si la décorrélation entre les prix de l'or noir et la flambée des tensions peut surprendre, Morgan Stanley rappelle que le marché mondial ne manque pas de pétrole brut, mais plutôt de capacités de raffinage.

En effet, les perturbations au Moyen-Orient, en Russie et en Chine réduisent surtout la production et les exportations de produits raffinés, notamment de diesel, tandis que le pétrole brut continue d'être disponible.

Chez AlphaValue, on reste également très attentif à l'évolution de la situation, d'autant que l'Iran aurait demandé aux Houthis de se préparer à fermer le détroit de Bab el-Mandeb. Une fermeture simultanée de ce passage et du détroit d'Ormuz constituerait un événement sans précédent. "Ce n'est pas notre scénario central, mais le risque n'est plus négligeable", souligne Frédéric Lorec, spécialiste du pétrole au sein du bureau d'études.

"Nous conservons une opinion positive sur les grandes compagnies pétrolières intégrées, en particulier TotalEnergies et Shell, qui bénéficient de la hausse du Brent et restent exposées au gaz naturel liquéfié (GNL) américain", ajoute-t-il.

Les banques centrales friandes de métal jaune

Malgré ce regain de tensions, le VIX (surnommé l'indice de la peur) recule de 3%, autour des 18, tandis que l'once d'or est globalement stable, juste au-dessus des 4 000 USD l'once.

Selon Goldman Sachs, les banques centrales ont acheté quelque 81 tonnes de métal jaune en mai, une dynamique qui soutient les cours malgré des pressions temporaires liées aux anticipations d'une politique plus restrictive de la Réserve fédérale (Fed). La banque maintient son scénario d'achats moyens de 50 tonnes par mois en 2026 et conserve son objectif de 4 900 USD par once troy à fin 2026.

Elle considère que les craintes liées à la Fed devraient s'estomper, tandis que la diversification des réserves et les tensions géopolitiques continuent de soutenir la demande d'or.

Par ailleurs, les chiffres d'inflation plus modérés de juin aux Etats-Unis ont réduit les risques d'un durcissement monétaire immédiat, poursuivent les analystes qui considèrent toutefois qu'un reflux durable des anticipations de hausse des taux nécessitera de nouvelles preuves d'un ralentissement de l'inflation dans un marché du travail stable.

Une saison des résultats prometteuse

Pour l'heure, les investisseurs semblent toutefois considérer que ces risques restent contenus et continuent de privilégier les fondamentaux des entreprises. Sur le front des marchés, la saison des résultats se poursuit outre-Atlantique et laisse apparaître une dynamique solide.

Ainsi, 50 sociétés du S&P 500, représentant 20% des bénéfices de l'indice, ont publié leurs comptes. Parmi elles, 88% ont dépassé les attentes en matière de BPA, soit le meilleur taux de surprises positives lors d'une première semaine depuis plus de trois ans et 20 points de pourcentage au-dessus de la moyenne historique de 68%, rappellent les analystes de Bank of America.

"Les solides résultats des banques ont contribué à relever de 1% les prévisions de BPA du S&P 500 pour le deuxième trimestre (résultats publiés et estimations du consensus combinés) depuis le 1er juillet, portant la croissance annuelle attendue à 23%. Nous anticipons une accélération à 28% au fil de la saison des résultats", ajoute la banque.

Aujourd'hui, Domino's Pizza s'adjuge 3% après avoir publié un chiffre d'affaires trimestriel légèrement supérieur aux attentes de Wall Street, la bonne tenue de son activité de chaîne d'approvisionnement ayant compensé le ralentissement de la demande dans ses restaurants.

Les valeurs en mouvement

Dans l'actualité, Boeing cède 2,2% malgré l'annonce de plusieurs contrats dans le cadre du salon de l'aéronautique de Farnborough. L'avionneur a enregistré des commandes de Riyadh Airlines (28 appareils 787-10), de SMBC Aviation Capital (100 Boeing 737 MAX) ou encore de Philippine Airlines (15 Dreamliner, plus une option sur cinq appareils supplémentaires).

Par ailleurs, GE Vernova ( 1,7%) a annoncé avoir remporté un contrat auprès de Hawaiian Electric (HECO), la compagnie d'électricité publique d'Hawaï, pour la fourniture de six groupes de turbines aérodérivées LM6000VELOX.

GE Aerospace (-0,5%) a annoncé que le groupe Air France-KLM a signé un accord de cinq ans pour Fuel Insight, une solution de carburant qui aide les compagnies aériennes à optimiser la planification et la performance carburant et soutient les rapports de durabilité.

Blackstone (-2,5%) annonce que des fonds de capital-investissement qui lui sont affiliés ont conclu un accord définitif en vue de réaliser un investissement significatif dans Futronic, un fournisseur sud-coréen de premier plan d'actionneurs de haute précision au service des industries mondiales de la robotique automobile et industrielle.

Enfin, sur le front des statistiques, après une hausse de 0,1% en mai, l'indice composite des indicateurs avancés (LEI) du Conference Board pour les Etats-Unis a reculé de 0,2% en juin 2026, à 99,1, alors que les économistes n'attendaient en moyenne qu'un repli de l'ordre de 0,1%.

Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.

Actualités assurance

Chargement en cours...

L'info asset en continu

Chargement en cours...

Dans la même rubrique

USA : légère baisse des indicateurs avancés du Conference Board en juin

Après une hausse de 0,1% en mai, l'indice composite des indicateurs avancés (LEI) du Conference...

Remontée en vue à Wall Street, le conflit moyen-oriental s'embrase

Les Bourses américaines devraient rebondir à l'ouverture de la première séance de cette semaine....

Vontobel : "judicieux d'intégrer des matières premières dans un portefeuille diversifié"

"En ce début d'année, le blé (en particulier le blé du Kansas) était au centre de l'attention des...

Voir plus

Chargement…