Marchés

Royaume-Uni : Andy Burnham rassure les gilts, mais promet un virage économique

Publié le 20 juillet 2026 à 21h49

L'arrivée d'Andy Burnham à Downing Street n'a pas déstabilisé les marchés britanniques. Les investisseurs attendent désormais de savoir si ses ambitions sociales et industrielles resteront compatibles avec la discipline budgétaire promise.

Andy Burnham est devenu lundi le septième Premier ministre britannique en dix ans, succédant à Keir Starmer sans élections législatives anticipées. L'ancien maire du Grand Manchester hérite d'une économie confrontée à une croissance faible, une inflation encore proche de 3% et une crise persistante du coût de la vie. Son programme entend répondre à cette stagnation par davantage de décentralisation, d'investissements dans le logement social et de soutien aux services publics, tout en réformant le financement de l'accompagnement des personnes âgées et handicapées en perte d'autonomie.

Malgré cette orientation plus interventionniste, l'arrivée de Burnham n'a provoqué qu'une réaction limitée sur la livre et les obligations britanniques. La livre sterling recule légèrement face au dollar depuis quelques jours, mais s'apprécie nettement face à l'euro depuis le début du mois tandis que l'écart entre les taux à 10 ans du gilt britannique et du Bund allemand reste stable autour de 185 points de base. Le Premier ministre s'est engagé à respecter les règles existantes et à ne pas relever les trois principaux prélèvements pesant sur les travailleurs : l'impôt sur le revenu, les cotisations sociales et la TVA.

Selon ING, le scénario central reste celui d'un budget d'automne relativement mesuré, combinant quelques dépenses supplémentaires, des hausses d'impôts ciblées et un recours modéré à l'endettement. Burnham disposerait d'environ 16 MdsGBP de marge supplémentaire grâce aux changements apportés au cadre budgétaire sous Rachel Reeves, l'ancienne chancelière de l'Echiquier du gouvernement Starmer. Surtout, les émissions de gilts devraient reculer à 246 MdsGBP durant l'exercice en cours, contre 304 MdsGBP précédemment, ce qui devrait limiter les tensions sur l'offre obligataire.

Le principal risque réside néanmoins dans l'écart entre ces contraintes et les ambitions du gouvernement. Un vaste programme de logements sociaux, la création de banques régionales publiques ou l'exclusion de certaines dépenses d'investissement des règles budgétaires augmenteraient les besoins de financement. Les gilts seraient alors les premiers actifs sanctionnés, avec un risque de hausse supplémentaire des rendements et de pression sur la livre.

A plus long terme, la décentralisation pourrait améliorer la productivité et stimuler l'investissement en dehors de Londres. Barclays estime d'ailleurs que les fondamentaux britanniques sont peut-être meilleurs que ne le suggère le pessimisme ambiant. Le potentiel de revalorisation des actions britanniques, notamment dans la construction et les infrastructures, dépendra toutefois de la capacité de Burnham à financer son virage économique sans réveiller durablement la prime de risque budgétaire.

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