En amont de la réunion de politique monétaire de la BCE, qui rendra son verdict jeudi en début d'après-midi, plusieurs analystes indiquent s'attendre à ce que l'institution laisse son taux de la facilité de dépôt inchangé à 2,25%, mais envisagent un nouveau tour de vis monétaire lors de sa réunion de septembre.
Une hausse de taux en septembre, scénario central de PIMCO
"Aucune nouvelle projection des équipes de la BCE n'étant attendue avant septembre, le Conseil des gouverneurs devrait privilégier une approche attentiste, d'autant que les marchés de l'énergie ont connu des évolutions importantes depuis juin", estime ainsi Konstantin Veit, gérant de portefeuille chez PIMCO, qui n'attend donc pas de hausse de taux cette semaine.
Selon lui, la baisse des prix de l'énergie, une inflation en juin plus faible que prévu, une progression des salaires compatible avec l'objectif d'inflation et une croissance économique atone suggèrent que les risques penchent en faveur d'un nombre de hausses de taux inférieur à celui actuellement anticipé par les marchés, même si le niveau d'incertitude demeure élevé.
PIMCO anticipe une décision unanime de maintenir les taux inchangés ce jeudi, accompagnée d'un message soulignant la dépendance aux données économiques, sans engagement préalable sur une trajectoire de taux, tout en réaffirmant la capacité de la BCE à agir si nécessaire. Son scénario central reste celui d'une nouvelle hausse des taux en septembre.
Un scénario aussi envisagé par Deutsche Bank...
Ce scénario semble d'ailleurs partagé par les économistes de Deutsche Bank, qui tablent eux aussi sur une pause de l'institution francfortoise après la hausse décidée le mois dernier, mais continuent de s'attendre à ce qu'elle relève une seconde et dernière fois son taux principal à 2,50% en septembre.
"La dernière publication de l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) dans la zone euro pour le mois de juin a surpris à la baisse et il n'existe pas encore de preuve convaincante d'inflation indirecte, mais cela peut prendre du temps", prévient la banque allemande.
Pour rappel, le taux d'inflation annuel de la zone euro a reculé à 2,8% en juin 2026, contre 3,2% en mai, selon Eurostat. Les services ( 1,51 point de pourcentage, pp), l'énergie ( 0,77 pp), l'alimentation, l'alcool et le tabac ( 0,29 pp), ainsi que les biens industriels non énergétiques ( 0,18 pp), ont tous contribué positivement au taux d'inflation annuel.
...ainsi que par Oddo BHF
"L'inflation sous-jacente s'établit à 2,4% sur un an (après 2,6% en mai), au même niveau qu'en février. Les évolutions des salaires témoignent d'une modération. En somme, rien ne laisse présager des effets de second tour massifs", juge de son côté Oddo BHF dans une note publiée en début de semaine.
Le bureau d'études souligne que si les "faucons" ont dominé le narratif de la BCE en avril et en mai, ils ont quelque peu assoupli leur position, à l'image du président de la Bundesbank, qui a indiqué qu'une hausse des taux en juillet n'était pas son scénario de base.
"Sans s'engager fermement, Christine Lagarde devrait laisser la porte ouverte à une hausse en septembre. C'est le pricing actuel. Il y a deux mois, le marché était plus agressif. La situation peut encore évoluer durant l'été", prévient néanmoins Oddo BHF.
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