Shell gagne 0,80% à 3 350,75 pence à la Bourse de Londres, portée par des résultats supérieurs aux attentes au 2e trimestre. Sur cette période, la major pétrolière a généré un bénéfice ajusté de 9,8 milliards de dollars contre 4,2 MdsUSD il y a un an à la même période. Cette hausse reflète une solide performance opérationnelle dans l'ensemble de ses activités, marquée notamment par une production amont record au Brésil et une utilisation record des raffineries, et ce malgré les interruptions liés au conflit au Moyen-Orient.
Sur ce trimestre, le bénéfice ajusté par action diluée ressort à 1,76 USD contre 0,72 USD un an plus tôt, dépassant nettement les attentes du marché.
Une dynamique financière et opérationnelle au plus haut
Outre la robustesse de l'appareil productif, cette performance a été soutenue par des prix réalisés plus élevés, une progression des activités de trading et de l'optimisation sur le gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que sur le pétrole brut et les produits raffinés. Le groupe a également bénéficié d'effets fiscaux favorables et de l'amélioration des marges dans sa division Chimie.
L'EBITDA ajusté du trimestre a progressé pour atteindre 20,71 MdsUSD contre 13,31 MdsUSD un an auparavant pour un chiffre d'affaires en hausse à 94,66 MdsUSD contre 65,41 MdsUSD au 2e trimestre 2025.
Au cumul du premier semestre 2026, le résultat net ajusté a quasiment doublé pour atteindre 16,52 MdsUSD, tandis que le chiffre d'affaires s'est hissé à 164,33 MdsUSD contre 134,64 MdsUSD.
Un flux de trésorerie massif et un bilan renforcé
Le flux de trésorerie lié aux activités d'exploitation (CFFO) s'élève de 21,4 MdsUSD contre 6,06 MdsUSD. Il a été soutenu par la hausse des prix de vente, un apport de fonds de roulement de 3,4 MdsUSD ainsi que par des entrées nettes de trésorerie de 1,3 MdUSD liées au décalage temporel des paiements pour les certificats d'émission et les programmes de biocarburants. Ces éléments ont été très partiellement compensés par des paiements d'impôts de 2,9 MdsUSD.
Selon Jefferies, au 2? trimestre, le bénéfice ajusté surpasse le consensus de 10% et le CFFO (hors fonds de roulement) dépasse les attentes de 4%.
Parallèlement, la discipline financière reste de mise. Le bilan de Shell reste solide avec un taux d'endettement (gearing) maîtrisé à 19%, correspondant à une dette nette de 42 MdsUSD (réduite à 12 MdsUSD hors contrats de location). Depuis 2022, le groupe gazier et pétrolier a réalisé 5,8 MdsUSD de réductions structurelles de coûts, dont environ 700 MUSD ont été sécurisés au cours du 1er semestre 2026.
De plus, les perspectives d'investissements (Capex) pour l'année 2026 demeurent inchangées, se situant entre 24 et 26 MdsUSD.
Retours aux actionnaires et stratégie de portefeuille
Fidèle à sa politique d'allocation du capital visant à reverser 40 à 50% de son CFFO tout au long du cycle, la compagnie pétrolière britannique a distribué 44% de ses flux de trésorerie opérationnels sur les 12 derniers mois. Sur le seul 2e trimestre, les distributions se sont élevées à 5,2 MdsUSD (3 Mds en rachats d'actions et 2,2 Mds en dividendes), avec un dividende déclaré de 0,3906 USD par action.
Pour le 19e trimestre consécutif, Shell annonce un nouveau programme de rachat d'actions d'au moins 3 MdsUSD, auxquels s'ajouteront 1,2 MdUSD non exécutés lors du trimestre précédent (sur un programme initialement prévu à 3 Mds mais suspendu à 1,8 Md lors de l'annonce de l'acquisition d'ARC Resources, compagnie canadienne spécialisée dans l'énergie).
Sur le plan stratégique, le groupe poursuit la rationalisation et la montée en gamme de ses actifs :
- cessions et arbitrages : vente de Jiffy Lube aux Etats-Unis, cessions annoncées de SPRNG Energy en Inde, de la branche Marketing en Afrique du Sud et des actifs en fin de vie de Na Kika dans le golfe du Mexique.
- croissance externe : les actionnaires ont formellement approuvé l'acquisition d'ARC Resources, dont la finalisation est attendue au 3e trimestre 2026. Cette transaction permettra de porter la croissance de la production à un taux annuel composé (TCAC) de 4% jusqu'en 2030 par rapport à 2025.
Wael Swan, CEO de Shell souligne que "les performances opérationnelles du groupe ont permis d'obtenir de très solides résultats au cours d'un nouveau trimestre marqué par de fortes perturbations sur les marchés mondiaux de l'énergie, alors que nous avons travaillé sans relâche pour fournir à nos clients les approvisionnements énergétiques et les produits essentiels dont ils avaient besoin".
Du côté des analystes, ING estime que "ces chiffres sont bons et que les programmes sous-jacents de réduction des coûts se poursuivent". Cependant, la banque reste perplexe quant à la décision de Shell de réduire le rythme des rachats d'actions de 500 MUSD par trimestre, tout en émettant de nouvelles actions pour financer en partie l'acquisition d'ARC Resources, probablement au 3? trimestre 2026. ING maintient sa recommandation à conserver avec un objectif de cours de 41 EUR.
Focus sur la production et les perspectives du 3e trimestre
Au cours du 2e trimestre, les volumes de production ont été ponctuellement sous pression par rapport au 1er trimestre.
La production totale de pétrole et de gaz (Integrated Gas) a diminué de 31% pour s'établir à 631 000 barils équivalent pétrole par jour (bep/j). Elle a été impactée par le conflit au Moyen-Orient affectant les volumes au Qatar. Les volumes de liquéfaction de GNL ont quant à eux baissé de 2% à 7,73 millions de tonnes, en raison des événements au Qatar et d'opérations de maintenance. Cette baisse a été toutefois partiellement compensée par une solide performance en Australie et au Canada.
Dans la division Upstream (exploration-production), la production totale a diminué à 1,82 million bep/j principalement en raison d'activités de maintenance plus soutenues. Ce recul a toutefois été partiellement compensé par la mise en service de nouvelles productions pétrolières au Brésil et dans le golfe d'Amérique. Le bénéfice ajusté de ce segment a néanmoins plus que doublé sur ce trimestre sur un an pour atteindre 3,49 MdsUSD, contre 1,73 MdUSD un an plus tôt.
Côté prévisions, pour l'année 2026, les dépenses d'investissement en trésorerie sont confirmées entre 24 et 26 MdsUSD. Une hausse est alors toujours anticipée par rapport aux 21 MdsUSD de dollars en 2025.
Au 3e trimestre, pour l'activité Gaz Intégré (Integrated Gas), la production est estimée entre 570 000 et 630 000 bep/j. Les volumes de liquéfaction de GNL devraient se situer entre environ 7,1 et 7,7 millions de tonnes. (Note : Les perspectives du 3e trimestre excluent tous les volumes en provenance d'ARC Resources Ltd. et du Qatar).
Pour l'activité Upstream, la production est attendue entre 1,68 et 1,88 million bep/j. en raison d'une activité de maintenance plus importante sur l'ensemble du portefeuille.
Pour l'activité Commercialisation (Marketing), les volumes de ventes du prochain trimestre sont estimés entre 2,55 et 2,75 millions b/j (barils par jour) contre 2,57 millions de b/j au 2e trimestre.
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