Portée par une croissance spectaculaire aux Etats-Unis, l'entreprise a pulvérisé les attentes au deuxième trimestre et fortement relevé ses prévisions. L'action bondit de plus de 25% à Wall Street.
Alex Karp a qualifié le trimestre de Palantir de "hors de ce monde". Et si on regarde les chiffres, ça paraît presque justifié.
Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires du groupe a progressé de 93% sur un an, à 1,94 MdUSD, alors que le marché attendait 1,8 MdUSD. Le bénéfice ajusté par action atteint 0,41 USD, contre 0,35 USD anticipé. La marge opérationnelle ajustée s'est établie à près de 62%, un niveau particulièrement élevé pour une entreprise dont les revenus doublent presque en un an. A Wall Street, le titre bondit de plus de 25%, autour de 160 USD.
La surprise vient surtout de la puissance des deux activités américaines. Les revenus commerciaux ont bondi de 149%, à 764 MUSD. Et ceux du gouvernement américain ont progressé de 90%, à 809 MUSD, soutenus par la modernisation des systèmes de défense et par le contexte géopolitique porteur.
Là où de nombreux projets d'IA restent à la phase de test, Palantir les intègre directement aux opérations de ses clients. Sa plateforme AIP connecte les modèles aux données et aux processus internes des entreprises. Le groupe évoque aussi de nouveaux usages dans les services juridiques, les infrastructures énergétiques, la construction et les logiciels professionnels.
Palantir a conclu 73 contrats d'une valeur supérieure à 10 MUSD, soit 74% de plus qu'un an auparavant. La valeur totale des contrats commerciaux signés aux Etats-Unis a atteint 2,13 MdsUSD.
Le groupe a renchéri en relevant d'environ 500 MUSD sa prévision annuelle de chiffre d'affaires. La croissance attendue des revenus commerciaux américains passe de 120% à au moins 134%.
Citi estime que "ces résultats affaiblissent encore le scénario baissier lié à l'intensification de la concurrence dans l'IA".
Mizuho passe son objectif de cours de 185 à 215 USD et estime que Palantir évolue désormais dans "une catégorie à part", avec une combinaison de croissance, d'accélération et d'expansion des marges sans équivalent dans l'industrie du logiciel.
Mais le pessimisme n'a pas complètement disparu. Jefferies reste à "sous-performance", malgré un objectif relevé de 70 à 80 USD. Le bureau d'études reconnaît la qualité exceptionnelle du trimestre, mais explique : "nous sommes convaincus par les fondamentaux, mais la configuration devient plus difficile".
La croissance devrait en effet ralentir au second semestre, en raison des bases de comparaison devenues très exigeantes. L'international est aussi le point faible du trimestre. Les revenus commerciaux hors des Etats-Unis n'ont progressé que de 25%, très loin des 149% enregistrés sur le marché américain.
Surtout, ce trimestre ne met pas fin au débat sur la valorisation. Au cours actuel, Palantir se négocie autour de 180 fois ses derniers bénéfices publiés. Même l'objectif de 245 USD de Citi correspondrait encore à environ 64 fois les résultats attendus en 2028.
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