Marchés

Tensions géopolitiques et marché pétrolier : le point de l'AIE sur l'offre et la demande

Publié le 12 août 2026 à 11h23

Dans son rapport mensuel sur le marché pétrolier publié ce mercredi, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) indique que la demande mondiale de pétrole devrait baisser de 1,6 Mb/j (millions de barils par jour) en 2026, soit 510 kb/j (milliers de barils par jour) de plus que prévu le mois dernier. La fermeture du détroit d'Ormuz et la hausse des prix des carburants pèsent toujours sur la consommation.

La contraction annuelle va toutefois ralentir, passant de 4,9 Mb/j au 2e trimestre 2026 à 2,8 Mb/j au 3e trimestre, avant un retour à la croissance au dernier trimestre. En 2027, la demande mondiale devrait progresser de 2,4 Mb/j.

Rebond attendu de l'offre mondiale en 2027

En outre, l'AIE confirme que l'offre mondiale de pétrole a augmenté de 2,4 Mb/j en juillet pour atteindre 101,5 Mb/j. Elle reste néanmoins inférieure de 6,3 Mb/j à son niveau de l'an dernier, la production du Golfe restant bloquée à hauteur de 8,3 Mb/j. La reprise des combats et les perturbations maritimes en juillet et début août ont freiné la reprise, réduisant l'offre prévue pour le 3e trimestre de 1,7 Mb/j par rapport au rapport précédent. L'offre mondiale devrait ainsi chuter de 4,3 Mb/j en moyenne en 2026, puis rebondir de 8,3 Mb/j l'an prochain pour atteindre 110,3 Mb/j.

Quant au raffinage du pétrole brut, il a encore augmenté en juillet pour s'établir à 80,9 Mb/j, mais reste inférieur de près de 5 Mb/j à son niveau d'il y a un an. Les blocages des exportations du Moyen-Orient et les attaques contre les raffineries russes ont réduit les prévisions du 3e trimestre de 370 kb/j supplémentaires. Le traitement global devrait reculer de 2,5 Mb/j en moyenne en 2026, avant de rebondir de 3,5 Mb/j en 2027. Les tensions sur les distillats légers et moyens ont porté les marges de raffinage dans le bassin Atlantique à des niveaux record.

De plus, les stocks mondiaux observés ont chuté de 69 Mb en juillet, la baisse des exportations du Golfe et de la mer Caspienne ayant nettement réduit le pétrole en transit maritime. Les stocks terrestres n'ont baissé que de 6 Mb, malgré le ralentissement des prélèvements stratégiques de l'AIE et le déstockage continu en Chine. Avec un niveau juste sous les 7,9 milliards de barils, les stocks totaux ont perdu 410 Mb depuis le début de la guerre (soit -2,7 Mb/j en moyenne).

Les cours du brut ont fluctué dans une marge très large de près de 40 dollars/baril en juillet, portés par la géopolitique et la tension sur les marchés. Les contrats à terme WTI et Brent sont repassés en déport (backwardation). Le North Sea Dated a gagné 25,67 USD/baril en juillet pour finir à 96,80 USD/baril.

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