Bien qu'enregistrant la plus forte baisse du FTSE 100 à la Bourse de Londres, Antofagasta (-5,13% à 3 822 pence) a publié des résultats supérieurs aux attentes au 1er semestre 2026. Cette solide performance a été portée par la hausse du cours des métaux et sa stricte discipline budgétaire. En parallèle, le géant minier chilien a dû ajuster ses objectifs de production annuelle en raison d'intempéries exceptionnelles.
Une rentabilité opérationnelle meilleure qu'attendu
Comme attendu, les ventes ont progressé de 18% sur un an à 4,47 MdsUSD. L'EBITDA est en hausse de 27% à 2,84 milliards de dollars, dépassé le consensus de 2%. Cette augmentation repose sur des prix réalisés plus élevés pour le cuivre ((autour de 6,19 USD/par livre de cuivre - lb - en moyenne) et la maîtrise des coûts comptants.
La marge d'EBITDA du groupe a ainsi augmenté de 5 points de pourcentage pour atteindre 63,4% sur cette période de six mois, maintenant sa position dans le haut du panier des producteurs exclusifs de cuivre (pure-play) à l'échelle mondiale.
Le bénéfice avant impôts (éléments exceptionnels inclus) a grimpé de 72% en glissement annuel à 1,99 MdsUSD. Par action, il ressort à 0,859 USD (éléments exceptionnels inclus) marquant une forte hausse de 62% sur un an, surpassant les prévisions du marché de 12%.
Une trésorerie florissante et un dividende revalorisé
Le flux de trésorerie d'exploitation a bondi de 53% à 2,77 MdsUSD, à la faveur d'une diminution du besoin en fonds de roulement liée à la baisse des créances et à la hausse des dettes fournisseurs.
Forte de cette solidité, la direction d'Antofagasta versera un acompte sur dividende de 0,301 USD par action. Supérieur de 7% aux anticipations des analystes, il est équivalant à un taux de distribution de 35% du résultat net sous-jacent par action, fidèle à sa politique d'allocation du capital.
Le bilan du groupe reste solide : la dette nette s'établit à 3,97 MdsUSD, portant le ratio dette nette/EBITDA de 0,68x au 30 juin 2026 (contre 0,53x au 31 décembre 2025).
Par ailleurs, grâce à son programme de Compétitivité, le groupe minier chilien a généré 67 MUSD d'économies et d'améliorations de la productivité au 1er semestre 2026 (contre 60 millions de dollars il y a un an). Il est en bonne voie pour atteindre son objectif annuel de 110 MUSD.
Production : des perturbations météo à Los Pelambres
Sur le plan opérationnel, la production de cuivre du groupe s'est élevée à 285 000 tonnes sur ce 1er semestre, soit une baisse de 9% sur un an. Ce repli s'explique principalement par des teneurs en minerai temporairement plus faibles sur les sites de Los Pelambres et Centinela (mines de cuivre situés au Chili) ainsi que par un arrêt préventif des activités en juillet. La production trimestrielle devrait néanmoins augmenter de manière séquentielle d'ici la fin de l'année.
Comme divulgué le 24 juillet dernier, la mine de cuivre de Los Pelambres a repris ses opérations, à la suite d'un arrêt ordonné consécutif à des intempéries d'une sévérité extraordinaire dans la région de Coquimbo (où se situe Los Pelambres), déclarée officiellement en état de catastrophe par le gouvernement chilien. Les activités minières et de traitement ont alors continué d'augmenter progressivement, le niveau d'extraction s'intensifiant au fur et à mesure que les conditions l'ont permis.
Bien qu'aucun dégât matériel n'ait été constaté sur les équipements et infrastructures clés, après des inspections, il était devenu obligatoire de réparer certaines plateformes de pipelines et systèmes de gestion de l'eau. En conséquence, les objectifs de production totale de cuivre pour 2026 ont été abaissés. Ils sont désormais anticipés dans une fourchette de 625 000 à 655 000 tonnes contre 650 000 à 700 000 tonnes visées initialement.
En revanche, la production d'or a augmenté de 2% à 92 800 onces : la hausse de la production enregistrée chez Centinela Concentrates a été partiellement compensée par une baisse de la production à Los Pelambres.
Dans un contexte de pressions inflationnistes persistantes dans l'ensemble de l'industrie minière, Antofagasta reste concentré sur ses chaînes d'approvisionnement afin de garantir la sécurité des approvisionnements, le contrôle rigoureux des coûts, l'excellence opérationnelle et l'exécution des projets, en plus du bénéfice significatif apporté par les crédits liés aux sous-produits. Au cours de ce 1er semestre, les coûts comptants nets ont ainsi diminué de 8% sur un an pour s'établir à 1,22 USD/lb (livre par cuivre).
Cap sur les projets stratégiques
Pour sécuriser sa croissance à long terme, Antofagasta poursuit le développement de ses grands gisements pour sécuriser sa croissance à long terme. L'entreprise minière rappelle qu'elle a obtenu l'approbation d'un investissement d'environ 900 MUSD dans une conduite d'eau et un système de pompage pour Zaldívar. Ce projet permettra d'abandonner l'usage de l'eau continentale à partir de mi-2028 et de favoriser une extension potentielle de la durée de vie de la mine jusqu'en 2051.
En outre, le projet du second concentrateur à Centinela et l'extension de l'usine de dessalement à Los Pelambres avancent conformément au calendrier pour une mise en service prévue pour 2027. Ils devraient augmenter la production globale de cuivre de 30%.
"Ayant franchi les niveaux de pics de dépenses d'investissement pour notre phase actuelle de croissance, nous restons très bien positionnés pour l'avenir avec un bilan solide et de faibles niveaux de dette nette", a souligné Iván Arriagada, PDG d'Antofagasta.
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