EssilorLuxottica a signé hier la plus forte baisse du CAC 40, dans un secteur du luxe déjà malmené. Une plainte a été déposée en Allemagne contre les lunettes connectées développées avec Meta, accusées de porter atteinte à la vie privée. Un nouveau caillou dans la chaussure d'un titre qui a perdu 39% depuis le début de l'année, même si l'affaire paraît peu susceptible d'affecter les fondamentaux du groupe.
Le secteur du luxe a souffert hier, alors que les investisseurs font toujours preuve d'une prudence accrue vis-à-vis d'un compartiment qui peine à retrouver son lustre d'antan. La publication d'une étude relativement prudente de la Deutsche Bank a contribué à alourdir l'ambiance. Hermès a perdu 2,5%. LVMH a fini en baisse de 2,9%. Kering a lâché 3,8%. Mais c'est EssilorLuxottica qui a payé le plus lourd tribut de la séance en chutant de 4,3%. Avec 39% de baisse au compteur en 2026, le lunettier est la seconde pire performance de l'indice CAC 40 derrière le plongeon de 51% de Stellantis. L'entreprise a clairement perdu son statut de valeur intouchable du secteur, à la croisée de la santé, du luxe et de la technologie.
La sousperformance d'EssilorLuxottica hier semble avoir été accentuée par l'annonce du dépôt d'une plainte pénale contre les lunettes connectées de Meta Platforms, son partenaire, en Allemagne. L'organisation de défense des droits numériques HateAid a attaqué les lunettes connectées dotées d'une intelligence artificielle en estimant qu'elles violent la loi allemande sur la protection de la vie privée. En particulier parce qu'elles permettent des enregistrements clandestins sans le consentement des personnes concernées. La plainte vise nommément Meta, mais aussi EssilorLuxottica et plusieurs distributeurs outre-Rhin.
Si le marché semble craindre l'impact pour les fameuses Ray-Ban connectées, la plainte ne change pas vraiment les fondamentaux d'EssilorLuxottica. "L'impact de cette plainte pénale sur le groupe sera très limité", souligne l'analyste Louis Billon (AlphaValue), qui va même jusqu'à suggérer que le frein au développement des lunettes IA ne serait pas forcément une mauvaise nouvelle pour le groupe, car elles ont un effet plutôt dilutif sur son activité.
Actualités moins favorables, contexte pesant pour le luxe, flou sur la structure capitalistique et la gouvernance... 2026 est bien partie pour se terminer en annus horribilis pour EssilorLuxottica et ses actionnaires.
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