La semaine se termine mal sur les marchés obligataires : la parenthèse d'optimisme suscitée par le "CPI" et le "PPI" s'est complètement refermée, les rendement repartent de plus belle à la hausse, et ils battent des records annuels et atteignent même des niveaux plus observés depuis 2 décennies. Le "30 ans" US bondit de 6Pts vers 5,2710 (un "plus haut" depuis juin 2007 ou l'été 2006), le "10 ans" grimpe de 5Pts vers 4,691%... le "2 ans" limite la casse avec 1,3Pt à 4,153%. Ce scénario semble paradoxal vu les chiffres rassurants publiés en milieu de semaine mais il devient cohérent vu les liquidités injectées par la FED depuis 1 mois, alors que le déficit Fédéral va passe la barre des 40.000Mds USD d'ici 3 ou 4 jours.
La journée avait mal commencé sur l'obligataire avec une "10 ans" japonais se hissant vers 2,877%, le "30 ans" passe à son tour la barre des 4,000%, 48H après le "40 ans", lequel fait une embardée vers 4,125% ( 5Pts), et se rapproche de sa pire marque des 4,24% de la mi-mai.
En Europe, cette séance est marquée par le coup de chaud sur le rendement de nos OAT, le "10 ans" bondit de 6Pts vers 4,0460%, sa pire marque depuis juin 2009 (soit 13,2Pts sur la semaine écoulée).
Le Bund n'est guère mieux loti avec 5Pts à 3,2100%, égalant son pire score du 23 juillet, un niveau plus revu depuis avril 2011.
Les BTP italiens font une embardée de 8Pts vers 4,000% (3,993% ce soir, tous les gains hebdos sont effacés, ainsi que tous ceux engrangés depuis le 31 juillet en Italie).
Pas mieux Outre-manche pour les "Gilts" qui rajoutent pas moins de 9,7Pts à 5,0480% et abordent le weekend dans les pires conditions observées depuis le 31 juillet.
Cette tension généralisée des taux n'allait pas de soi vu le renversement des anticipations concernant la politique monétaire de la FED, avec désormais une confortable majorité de 2/3 en faveur d'un statu quo de la FED mi-septembre.
Les chiffres du jour ne sont pas davantage éclairants : les paramètres de croissance se dégradent avec les ventes au détail qui ont reculé de 0,6% le mois dernier, après une hausse de 0,2% en juin, un chiffre révisé "inchangé", selon le Census Bureau du département du Commerce.
Ce chiffre surprend un peu compte tenu de la modération de l'inflation (prix à la production et à la consommation) qui est sensée redonner du pouvoir d'achat.
Les américains ont moins dépensé dans les stations service du fait de la manipulation des cours du pétrole par le biais de communiqués optimistes diffusés par Donald Trump... qui ne sont jamais confirmés dans les faits (le baril de "Brent" remonte vers 88 USD).
A la veille du weekend, le trafic dans le détroit d'Ormuz serait désormais quasiment à l'arrêt après l'attaque de 2 navires qui circulaient dans le secteur : toute la semaine, les autorités iraniennes se sont appliquées à rappeler qu'elles ne cèderaient sur aucune de leurs exigences, Donald Trump affirmant de son côté que le "blocus de fer" qu'il impose à Téhéran allait mener le régime à la ruine ("ils ne pourront bientôt plus payer leurs soldats"... comme si cela allait changer l'attitude de l'Iran, qui peut de surcroît emprunter auprès des BRICS).
L'autre "chiffre du jour" concernait le moral des américains : les résultats de l'enquête mensuelle préliminaire de l'Université du Michigan trahissent une nette dégradation de la confiance des consommateurs, laquelle ressort à 51, contre 54,5 en juillet, le consensus tablait sur une décrue marginale : cela ne plaide pas non plus pour un resserrement monétaire de la FED... et elle fait d'ailleurs l'inverse en regonflant son bilan d'une dizaine de milliards d'USD, ce qui revient à injecter autant de liquidités dans le système.
Cela permet théoriquement aux institutionnels de participer plus confortablement aux émissions du Trésor... mais le fait qu'elles se soient mal passées pour le "10 ans" et le "30 ans" participe certainement au sentiment de malaise ressenti ce vendredi.
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