Un contexte pesant, marqué notamment par des prix du pétrole et des rendements obligataires élevés, nourrit un certain mouvement d'aversion au risque ce mardi à Wall Street, faisant passer au second plan une vague de données parues en début de journée.
Après environ une heure et demie de cotations, les principaux indices actions américains affichent des reculs plus ou moins marqués, de 0,1% seulement à 53 400 sur le Dow Jones, mais de 0,6% à 7 697 sur le S&P 500 et surtout de 1,8% à 29 450 sur le Nasdaq 100.
Alors qu'ils misaient jusqu'ici sur le pari gagnant des goldilocks (croissance solide et inflation maîtrisée), les investisseurs redoutent désormais que la posture géopolitique agressive de Donald Trump maintienne durablement les prix du pétrole sous tension, alimentant du même coup l'inflation tout en pesant sur l'activité économique.
"Si la croissance venait à fléchir, le soutien fondamental aux actifs risqués disparaîtrait", prévient Henry Allen, stratège de marchés chez Deutsche Bank. "Il ne serait même pas nécessaire d'entrer en récession franche : plusieurs passages à vide de la croissance ces dernières années l'ont bien montré".
La fermeté des cours du pétrole, avec un WTI vers 85 USD le baril et un Brent vers 91 USD le baril, est en effet de nature à nourrir les craintes d'une inflation persistante, qui pourrait renforcer l'hypothèse d'un tour de vis de la Fed en matière de politique monétaire.
Ces craintes se traduisent assez logiquement par des rendements obligataires élevés, celui des bons du Trésor américain à 10 ans gravitant ainsi autour de 4,70%, de quoi inciter les investisseurs à se défaire de leurs actifs risqués, à commencer par les valeurs technologiques jugées fortement valorisées.
Des données économiques qui passent au second plan
Dans un tel contexte, les nombreuses données américaines de la séance passent relativement inaperçues, y compris un repli de 0,4% des prix à l'importation au mois de juillet, alors même que les analystes tablaient en moyenne sur un petit rebond de 0,1%.
Toujours pour le mois dernier, la production industrielle des États-Unis est ressortie en hausse de seulement 0,2% par rapport à juin, contre un consensus à 0,3%. Le taux d'utilisation des capacités a pourtant légèrement augmenté pour atteindre 76,3%.
Le secteur de la construction résidentielle a révélé des chiffres contrastés : si les mises en chantier ont plongé de 12,4%, soit nettement plus que prévu, les permis de construire de logements américains ont augmenté de 5% et ainsi dépassé les attentes des économistes.
Home Depot bien orienté après ses trimestriels
Dans l'actualité des valeurs, Home Depot avance de 1,4% dans le sillage de résultats trimestriels de la chaîne de bricolage supérieurs aux attentes, notamment à la faveur d'une demande soutenue de ses consommateurs pour les petits projets de rénovation.
En revanche, Goldman Sachs recule de 1,8%, alors que la banque a annoncé l'acquisition de LCN Capital Partners, spécialiste de l'investissement immobilier, afin de renforcer son offre dans les actifs privés et de développer ses revenus récurrents issus de la gestion d'actifs.
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