Le transporteur aérien poursuit ses échanges avec les autorités de régulation avant la publication des documents relatifs à son rachat. Aux alentours de 16h, le titre easyJet progressait d'environ 0,3% à Londres, autour de 675 pence.
easyJet et Eagle Bidco, l'entité indirectement détenue par des fonds Apollo, ont convenu de repousser au 15 octobre 2026, contre le 3 septembre initialement, la date limite de publication du document relatif au "scheme of arrangement" encadrant leur rapprochement.
Cette extension doit notamment permettre de poursuivre les échanges avec les autorités de régulation de l'aviation après la période estivale.
La réunion des actionnaires convoquée sous l'autorité du tribunal et l'assemblée générale sont désormais attendues autour de la semaine du 9 novembre. La finalisation de l'opération reste prévue d'ici la fin du premier trimestre 2027, sous réserve que les différentes conditions soient remplies ou, le cas échéant, levées.
Toute la difficulté du dossier tient à la réglementation européenne. Pour conserver sa licence et ses droits de trafic dans l'UE, une compagnie aérienne doit être détenue majoritairement et effectivement contrôlée par des intérêts européens. Or Apollo est un gestionnaire d'actifs américain. L'enjeu consiste donc à mettre en place une structure permettant le rachat d'easyJet tout en respectant ces exigences.
"Ce point mérite d'être souligné car Apollo est basé aux Etats-Unis : la manière dont la notion de "contrôle" sera définie dans la structure d'Eagle Bidco devrait donc faire l'objet d'un examen réglementaire approfondi, ce qui explique probablement pourquoi les deux parties ont demandé davantage de temps avant de publier le document relatif à l'opération", réagit Arthur Kuntz, analyste en charge du dossier chez AlphaValue.
Selon lui, l'enjeu dépasse d'ailleurs cette seule transaction. Un éventuel blocage réglementaire concernant une compagnie de la taille d'easyJet enverrait le signal que la consolidation du transport aérien européen, souvent considérée comme nécessaire pour permettre au secteur de rivaliser à l'échelle mondiale, reste particulièrement difficile à mettre en oeuvre.
Pour rappel, Apollo avait remporté la bataille pour le rachat d'easyJet face à Castlelake, autre fonds américain intéressé par la compagnie, en proposant une transaction de 5,7 milliards de livres, soit 715 pence par action.
Début août, AlphaValue soulignait déjà que les contraintes réglementaires pesaient sur la valorisation du dossier. "La contrainte juridique agit ici comme une forme de passif. Non pas un passif comptable, mais une obligation permanente vis-à-vis des gouvernements nationaux et du régulateur européen : maintenir une structure de détention conforme aux règles, la faire approuver et la redéfinir si la réglementation se durcit. Cette contrainte est, in fine, supportée par les actionnaires", expliquait alors le bureau d'études.
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