Le fabricant français de matériaux pour semi-conducteurs mise sur des contrats pluriannuels, avec dépôts de garantie et prix fixes, pour accompagner l'envolée de la demande. Dans un entretien accordé à Reuters, son directeur général Laurent Remont assure que les revenus de la photonique-SOI dépasseront largement les attentes initiales.
Soitec engage ses clients dans des accords d'approvisionnement pluriannuels afin de sécuriser ses capacités de production. Dans une interview à Reuters, Laurent Remont explique vouloir "trouver le juste équilibre entre la valeur que nous apportons et le prix que nous pouvons demander".
Le groupe avait indiqué le mois dernier que le chiffre d'affaires de la photonique-SOI ferait plus que doubler sur l'exercice, après un niveau légèrement supérieur à 100 millions de dollars. Laurent Remont estime désormais que dépasser 200 millions de dollars constitue "absolument un plancher".
La demande explose avec l'essor de la photonique sur silicium dans les centres de données d'IA. Les grands acteurs du "hyperscale" privilégient de plus en plus les connexions optiques, alors que les liaisons en cuivre atteignent leurs limites en matière de puissance et de performance.
Soitec fournit le substrat utilisé dans la quasi-totalité des puces de photonique sur silicium. Environ 80% des accords de réservation de capacité, conclus avec plus de dix clients du secteur, devraient être signés dans une à deux semaines, selon Laurent Remont. Le solde est attendu dans le mois, tandis que les dépôts de garantie seront versés progressivement avec la montée en puissance de la production.
Les capacités de production sont déjà en place
Ces contrats fixent les prix et imposent un dépôt lié aux volumes engagés. Les clients récupèrent cette somme s'ils respectent leurs engagements, mais la perdent dans le cas contraire ; tout volume supplémentaire donne lieu à de nouvelles discussions tarifaires. Soitec demande aussi à ses clients de partager leurs données de stocks afin d'éviter les réservations excessives destinées à priver des concurrents de wafers. Le groupe estime par ailleurs pouvoir répondre à la demande sans construire de nouvelle usine avant 2029 environ.
Pour accroître ses capacités, Soitec transfère déjà certaines productions vers des installations sous-utilisées et ajoute des équipements dans ses salles blanches existantes. Un bâtiment non équipé à Singapour pourrait aussi être opérationnel sous six à douze mois, tandis qu'une implantation aux Etats-Unis n'est pas jugée nécessaire "à ce stade".
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