Malgré la petite correction survenue après 16h00, les indices US ont préservé l'essentiel des gains de la veille. Sur la séance de vendredi, le S&P 500 s'est effrité de 0,25%, pour finir à 7 712 ( 0,49% en variation hebdomadaire), le Nasdaq 100 a cédé 0,70%, à 29 433 ( 0,43% sur la semaine), et le Dow Jones a terminé quasi stable (-0,02%), à 53 560 ( 0,53% en variation hebdomadaire).
De tels écarts restent modestes au regard de la volatilité des taux ce vendredi, mais le Russell 2000 a manifesté davantage de vulnérabilité, avec un repli de 1,4%, vers 3 972, et l'indice SOXX, encore plus sensible aux hausses de taux, a chuté de 3,2%, dans le sillage de Nvidia (-4,5%, après 8,9% la veille et un nouveau test de ses niveaux records à 230 USD), ARM (-5,2%) et Marvell (-10,5%), qui pâtit d'une anticipation de marge brute comprise entre 57,5% et 58,5%, jugée décevante (consensus médian de 59%).
Côté positif, Amazon a grimpé de 4% : les deux hausses de taux anticipées d'ici à fin 2026 depuis que Kevin Warsh s'est exprimé vont théoriquement donner un avantage aux ventes en ligne, avec davantage d'opérations promotionnelles que dans le commerce "physique".
C'est l'heure du bilan mensuel : à moins d'un énorme trou d'air lundi, ultime séance du mois en cours, le millésime "août" se classera parmi les meilleurs de l'année 2026, avec un gain de 3% pour le S&P 500, de 2% pour le Dow Jones et de 4,1% pour le Nasdaq 100.
Et surtout, le VIX se détend de 0,6%, vers 14,40, malgré le repli des actions sur un large front, tandis que les taux se sont nettement tendus... sans affecter le moins du monde le baromètre du stress, qui semble imperméable aussi bien aux risques de hausse des taux qu'aux tensions géopolitiques : il affiche carrément son meilleur niveau depuis le 31 décembre 2025, alors que le marché tablait sur trois baisses de taux en 2026.
C'est tout l'inverse qui s'est produit, et ce vendredi marque une nouvelle étape puisque le scénario d'un resserrement de la politique monétaire se renforce après les déclarations du président de la Réserve fédérale (Fed) à Jackson Hole au sujet de l'inflation.
Kevin Warsh a indiqué que les conditions de financement n'étaient actuellement pas restrictives : "Nous devons être convaincus que l'inflation sous-jacente tend vers notre objectif et à une vitesse suffisante : il y a encore du travail."
Et en effet, les derniers chiffres de l'inflation (PCE de juillet à 3,7%) trahissent une dégradation de la tendance, après une brève embellie en juin.
Dès la mi-juillet, la trajectoire des T-Bonds a démontré que la fête était finie, le pétrole ayant repris une trajectoire ascendante quasi verticale entre le 6 et le 23 juillet.
Le baromètre FedWatch du CME prend un coup de chaud et l'hypothèse d'une hausse de 25 points de base à la mi-septembre fait d'un coup consensus, à 60% (la probabilité d'un statu quo chute à 40%). C'est un renversement à 180° des anticipations en 24 h, avec des proportions parfaitement identiques, mais dans un sens opposé.
Du coup, le rendement des T-Bonds se tend de telle sorte que des sommets de plusieurs décennies sont de nouveau tutoyés : le T-Bond à 2 ans, le plus réactif aux orientations monétaires de la Fed, s'envole de 12,5 points de base, à 4,358%, le 10 ans ajoute 5,8 points de base, à 4,7300% (les 4,75% ne sont plus très loin), tandis que le 30 ans se montre un peu plus résilient, mais prend 3 points de base, à 5,213%.
Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.